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  • Qu’est-ce que l’effet Streisand ?

    Qu’est-ce que l’effet Streisand ?

    Il n’en faut pas plus que d’interdire quelque chose pour que tout le monde en parle. Le président du tribunal judiciaire de Paris a fait injonction à Mediapart de ne pas publier de nouvelles révélations sur les pratiques politiques de Gaël Perdriau. « Cette censure préalable est une attaque sans précédent contre la liberté de la presse », explique Edwy Plenel, directeur de la publication de Mediapart. Le journal s’apprêtait à révéler des pratiques qui seraient en vigueur à la mairie de Saint-Étienne.

    Dans une vidéo le directeur de publication explique que l’histoire débuta quand le journal fit des révélations sur le chantage que l’entourage du maire Gaël Perdriau aurait effectué pendant plusieurs années. Comme dans l’affaire Valbuena une sex-tape, mais cette fois contre son premier adjoint Gilles Artigues. Par commissaire de justice (nouvelle dénomination des huissiers de Justice), une ordonnance du président du tribunal judiciaire de Paris ordonne une « censure préalable ». Autrement dit un commandement judiciaire de non-publication assorti de 10 000 € par extrait publié.

    « La loi qui régit la liberté de la presse en France, la loi du 19 juillet 1881, cette loi d’immense conquête républicaine a un article premier qui dit la librairie et l’imprimerie sont libre. Autrement dit, la parole et l’écrit sont libres », martèle Edwy Plenel. Une censure sans précédent indique-t-il.

    Oise Hebdo, journal fondé et dirigé par Vincent Gérard, avait été condamnée le vendredi 14 août 2015 à retirer de la vente les quelque 20 000 exemplaires de son dernier numéro. Le tribunal de Beauvais avait imposé le retrait de tous les points de vente son journal avant samedi, 18 h. À défaut, la société éditrice se devra d’acquitter une astreinte de 500 euros par heure de retard, ainsi qu’une peine d’amende de 500 euros par infraction constatée. La cour d’appel d’Amiens avait cassé le référé pour atteinte à la vie privée.

    L’effet Streisand

    Le hashtag « Streisand » est populaire sur twitter, mais qu’est-ce que ce fameux effet ? Une définition simple est l’effet boomerang des tentatives de censure médiatique. Il évoque une mésaventure vécue par l’actrice américaine en 2003. Le litige est la divulgation d’une photo. Ken Adleman, millionnaire de la Silicon Valley et écologiste, avait survolé la côte californienne en prenant de nombreuses photos. Sur son site WEB, il publia 12 000 clichés photographiques. Jusque-là limité à une audience confidentielle, le site enregistre dès lors des centaines de milliers de vue quand Barbara Streisand se mêla de l’histoire.

    Le cliché et la fameuse maison dont il est question. (Crédits : Kenneth & Gabrielle Adelman/California Coastal Records Project)

    Depuis que Barbra Streisand avait intenté un procès de 10 millions de dollars contre Ken Adelman, lui demandant de retirer de son site Web une photo aérienne de sa propriété de Malibu située au bord de l’océan, plus de 420 000 personnes ont visité le site. Les exemples associés à l’effet « Streisand » sont nombreux. L’émission TPMP et son animateur Cyril Hanouna avec le député Louis Boyard, la DCRI qui tentait de faire interdire une page Wikipédia, la rumeur d’une liaison entre l’ancien président de la République française François Hollande et Anne Hidalgo…ou encore celle concernant le footballeur gallois Ryan Giggs en avril 2011. À trop vouloir interdire quelque chose qui était passé sous les radars, vous attirez encore plus l’attention, c’est l’effet « Streisand ».

  • Les cloches sonnent à 2 h11

    Les cloches sonnent à 2 h11

    Les habitants du 1er arrondissement de la capitale autrichienne ont eu la désagréable surprise d’être réveillés peu après deux heures du matin, le 16 mars 2022. Onze des treize cloches de la cathédrale Saint-Étienne retentissaient durant vingt longues minutes. La plus célèbre, la Pummerin, se trouve cependant dans la tour nord de 68,3 mètres de haut, indépendante informatiquement, n’a pas retenti. Le diocèse en charge de l’édifice religieux qui culmine à 136,44 mètres, s’est confondu en excuse.

    Un incident similaire s’était déjà produit il y a environ 20 ans à Vienne. À l’époque aussi, les cloches s’étaient mises à sonner pendant la nuit. Un jour, la foudre les avait également fait fonctionner. Si dans un premier temps, les responsables supposaient qu’il s’agissait d’une erreur informatique, l’enquête avérait qu’il s’agissait d’un piratage. L’information était confirmée par le prêtre de la cathédrale Toni Faber. La démarche fut de passer à travers le pare-feu en profitant du fait d’une connexion Internet avec l’entreprise de cloches d’Innsbruck. La sonnerie dite de fête dans la tour sud, puis la sonnerie baroque dans la tour nord des païens furent lancées. La « Pummerin », cloche de 20 tonnes n’étant pas connectées, ne s’est pas mise à sonner.

    C’est la deuxième plus grande cloche d’église en activité d’Europe. En France, la plus grosse cloche en service est la « Savoyarde » pesant 18, 8 tonnes pour 3, 06 m de diamètre. Elle trône dans le clocher du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris. (Crédits : DR)

    La cathédrale Saint-Étienne mesure 107, 2 mètres de long pour 34,2 de large. Elle possède quatre tours, dont la plus haute culmine à 136,44 mètres. Pour un point de vue imprenable sur Vienne, il vous faudra gravir les 343 marches pour accéder au Türmerstube. Selon Faber, les onze cloches de la cloche de fête de la tour sud de la cathédrale Saint-Étienne ont commencé à carillonner à 2 h 11 précises. Le prêtre officiant à la cathédrale a tenté d’arrêter la sonnerie en « entrant audacieusement dans la cathédrale », selon ses propres termes. Ce n’est qu’au bout de 20 minutes que tout prenait fin. « À 2 h 34, le cauchemar était terminé », raconte-t-il. Depuis, les cloches ont été déconnectées du réseau normal et une ligne VPN fixe a été installée. Du son côté du diocèse de Vienne demande pardon à tous ceux qui ont été réveillés de leur sommeil souhaitant « que cela ne se reproduise plus jamais ».