Étiquette : Saint-Cloud

  • Il y a cent ans… se déroulait un mariage contre un héritage

    Il y a cent ans… se déroulait un mariage contre un héritage

    La presse se souvient du drame survenu en 1919, lorsqu’en Amérique, Jacques Lebaudy surnommé « Empereur du Sahara » était tué d’un coup de revolver par sa femme, née Marguerite Bellière. La justice de l’Oncle Sam concluait que Mme Lebaudy avait agi en état de légitime défense. Le défunt mari était le frère de Paul Lebaudy, ancien député de Seine-et-Oise, maintenant les Yvelines, laissait une très grosse fortune. Les héritières n’étaient autres que sa veuve et sa fille Jacqueline, âgée de 17 ans.

    Le 9 avril 1922, L’Écho de Paris se fait le porte-parole d’une affaire peu banale. Mme Lebaudy, pour hériter de son mari, donna sa fille en mariage, il y a un an au fils du détective américain Harris. Après avoir célébré l’union à la Palud, près de Vaucluse, le trio revint habiter sur Paris au 2 de l’avenue de Camoëns, de Paris situé dans le quartier de la Muette. Les jeunes épousés roucoulaient jusqu’à ce que la veuve hérite. Elles décidèrent de se séparer du fils du détective. Elles se réfugièrent sous un faux nom, Howe, grâce à la complicité d’un médecin de famille.

    Il faut dire que les mariages arrangés avaient cours, d’autant que la liquidation de la succession de l’empereur du Sahara était encore pendante, et s’élevait à 600 millions de francs. À croire qu’elles ne souhaitaient pas partager ni attendre la majorité de Mlle Lebaudy. (Crédits : Daniel Reche/Pixabay)

    Les chiens ne font pas des chats, souligne la formule. M. Harris découvrit l’adresse où les deux fugitives se trouvaient, le 2 rue de Pozzo-Borgo à Saint-Cloud. Prétextant être le cousin, il put déambuler au sein de l’établissement, et vit son épouse sortir de la salle de douches. Il lui demanda avec délicatesse de le suivre. Les droits des Femmes n’étaient qu’au stade d’embryon au début du XXe siècle. L’homme qui avait prévu son refus, accompagné par deux de ses amis, voulut manu militari l’emmener de force. Elle cria tant que la mère de la jeune femme et le personnel accoururent et firent lâcher le trio.

    Fuite précipitée

    L’odeur du danger fit que mère et fille prirent la fuite dans la nuit, en compagnie d’un officier français se prétendant être cousin des femmes. L’homme fut interrogé par les journalistes de L’Écho de Paris auprès desquels il tint ce discours : « Mon fils avait épousé, en janvier dernier Mlle Lebaudy. Voici quinze jours, la jeune femme abandonna brusquement le domicile conjugal, sur les conseils de son curateur “honorable” colonel, de complicité avec une Égyptienne tireuse de cartes. » La directrice de l’établissement dans lequel elles avaient admis ignore ce quelles sont devenues, tellement leurs départs fut précipité. L’héritage, évalué par la presse américaine à plusieurs dizaines de millions de dollars, resta en déshérence pendant de longues années. Une bataille juridique commença entre son ex-épouse associée à sa fille Jacqueline, et la famille Lebaudy qui revendique l’héritage de en contestant le mariage et la paternité de Jacqueline.

  • Ransomware: Prudence et rigueur

    Ransomware: Prudence et rigueur

    Un début d’année de moindre envergure, semble-t-il, sur les attaques par ransomware à travers le monde, sauf en France. La tendance dans l’hexagone est sensiblement équivalente. Le Groupement d’Intérêt Public Action contre la Cybermalveillance (GIP ACYMA) dénombre 167 demande d’assistance en janvier 2022, contre 169 le mois précédent. Cela dit, ce n’est pas parce que les actions des malfaiteurs ne sont pas publiques, que leurs offensives n’existent pas. La prudence comme la rigueur sont les maîtres mots.

    Le site « Cybermalveillance » du gouvernement a vu sa notoriété croître depuis sa création. En 2021, la fréquentation compte plus de 2 000 000 visiteurs uniques, contre 1 235 545 visiteurs en 2020. Ce qui va de pair est que plus de 135 000 victimes sont venues chercher de l’assistance depuis le 1er janvier, contre 105 000 l’année précédente, soit une augmentation de 28.57 %. Les victimes en ce début d’années sont nombreuses :

    • Hardisk, Qlocker, 5 janvier 2022
    • Paul Beuscher, Grief, 6 janvier 2022
    • Pôle Santé Léonard de Vinci, 7 janvier 2022
    • Stimm, Grief, 10 janvier 2022
    • Torann France, LockBit, 10 janvier 2022
    • KastorMedia, 15 janvier 2022
    • 3CMA, BlackCat, 16 janvier 2022
    • Saint-Cloud, LockBit, 21 janvier 2022
    • Cabinet d’avocats CDMF, 22 janvier 2022
    • Egis, 23 janvier 2022
    • Cabinet d’avocats de Caen DL2M, LockBit, 27 janvier 2022
    • ESTPM, LockBit, 27 janvier 2022
    • Corsica Linea, 28 janvier 2022
    • CIG de la Grande Couronne, Haron, 28 janvier 2022
    • L’Hotellerie Restauration, LV, 29 janvier 2022

    Le GIP ACYMA est mal connu du grand public, pourtant il est nécessaire d’en prendre connaissance avant d’avoir besoin de leurs services. Il en est de même lorsque vous êtes victime d’un accident, qu’il soit domestique, professionnel, ou sur la voie publique… des gestes, des réflexes, des conduites à tenir, souvent issues de retour d’expérience (RETEX) regroupe des acteurs étatiques impliqués tels que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI).

    La commune de Saint-Cloud a été victime d’une attaque par ransomware des opérateurs derrière LockBit. Ils ont divulguées toute ou partie des données exfiltrées des différents systèmes d’information de la ville, exposant des civilités, des coordonnées… (Crédits : capture d’écran)

    Le mois de février dénombre les offensives malveillantes contre SVA Jean Rozé (Alphv, 01/02/2022), Air Calédonie, Ametis (LockBit, 04/02/2022), l’Hôtel des Cèdres (LockBit, 04/02/2022), Progereal (LockBit, 04/02/2022). Les attaques lorsqu’elles sont détectées font l’objet de procédure, mais les personnes derrières tout ceci sont à même de conserver les données sans demander de rançon, ni divulgation. Les informations glanées pourraient être le point de départ d’un conflit économique, politique, voire armé.

  • LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    Un coup de pression si l’on en croit les journaux ici et là. Il semblerait au vu des données publiées sur le site de fuite que les opérateurs derrière le ransomware LockBit 2.0 ne jouent pas au poker menteur. Depuis ce matin 2 février 2022 des informations identifiant plus particulièrement le monde de la Justice dans le Calvados sont accessibles. Hormis le ministère de la Justice, la ville de Saint-Cloud est mentionnée comme cible d’une infection par codes malveillants, et susceptibles de voir ces documents sur le DarkWeb.

    L’information était prise très au sérieux dès la parution de l’annonce, le ministère indiquait s’être « immédiatement organisé pour procéder aux vérifications nécessaires, en lien avec les services compétents dans ce domaine ». Lockbit 2.0 est connu pour avoir ciblé d’autres organisations françaises, comme la société de sécurité Thales ou encore le site de Schneider Electric en décembre dernier. Mais pour l’expert, plusieurs zones d’ombre sont à éclaircir : « Pour l’instant, nous ne savons pas s’ils préparent une fuite massive de données ou s’il s’agit uniquement d’un coup de pression en lien avec le contexte politique », indiquait Guillaume Maguet, expert en cybersécurité chez Deep Instinct au Figaro. Ce n’est pas à proprement dit le ministère de la Justice française qui était la cible, mais un cabinet d’avocats, maillon essentiel de l’appareil judiciaire.

    Les contrats de travail des personnes, la liste des avocats présents en 2016, des factures de téléphone, des coordonnées internes du cabinet, de différentes chambres sont désormais diffusés sur le site de fuite des cyber-malfaiteurs. (Crédits : capture d’écran)

    Ce sont des données très sensibles qui sont disponibles sur le DarkWeb. Ne déplaise à personne, les personnes œuvrant dans l’ombre et la profondeur de l’internet ne bluffent, que dans les fictions et encore… Leur but est, purement et simplement de vous soutirer de la menue monnaie. D’autres parties prenantes de la Justice à travers le monde ont déjà fait les frais de ce genre d’attaque « informatique ». Le cabinet Jones Day, celui de Brandon Sua et Associés, Greenberg & Stein Avocats, tous trois basés aux États-Unis, et en France celui de Me Rémy Le Bonnois. Ces différents cabinets, pour ne citer qu’eux furent ciblés, infectés et les informations diffusées par l’équipe usant le ransomware Everest.

    Des dossiers de jugement mentionnant les patronymes des différentes parties amenées devant les tribunaux sont lisibles. (Crédits : capture d’écran)

    La société civile professionnelle DL2M, qui est le cabinet d’avocats Dorel Lecomte Marguerie est particulièrement mentionnée dans les dossiers mis en ligne par LockBit 2.0. Ainsi de très nombreuses pièces juridiques sont libres d’accès, à savoir des coordonnées de TGI, RIB, des noms, des employés, des actions et affaires judiciaires, mais pas seulement. Des dictées ou bobines dans le jargon sont disponibles. Ce sont des fichiers audio sur lesquels les avocats transmettent au personnel du secrétariat des courriers à rédiger. Quand il est indubitable que l’internet des objets (IoT) remplit de jour en jour les foyers français, et que les commandes vocales ont le vent en poupe, cela peut porter à préjudice. De plus, les coordonnées des intervenants du cabinet DL2M de messagerie fournies par l’opérateur Orange sont un des nombreux documents au format PDF. Datant de 2017, des griffonnages semblent afficher les identifiants et mots de passe, espérons qu’ils furent depuis changés, mais surtout que les professionnels du droit soient déjà en relation avec l’ANSSI.