La fuite des données de clients de l’entreprise Boulanger est une parmi d’autres. Ce sont donc exactement 27 561 592 lignes de la firme Boulanger qui se retrouve à être en vente sur le dark web. Mais c’est le cas pour les transports dijonnais avec DiviaMobilités, sans oublier l’entreprise Cultura. Les fuites de données s’enchaînent. La dernière est suite à une intrusion non autorisée d’un prestataire informatique externe. Comme la fuite de 43 millions d’usagers de France Travail, ex-Pôle Emploi en début d’année 2024.
En quelques jours, plusieurs enseignes communiquent sur le fait d’être victime de cyberattaques. Cultura annonce par voie de presse qu’un prestataire informatique est victime d’une intrusion non autorisée. Les données divulguées sont conséquentes. Il s’agit des prénoms, noms, identifiants clients, numéro de téléphone mobile, adresse de courriel et postale, et les produits achetés. Mais c’est sans oublier la société de transports Divia à Dijon, qui est elle aussi victime d’une cyberattaque.
Comme pour Cultura, l’enseigne Boulanger se veut rassurante. « Aucune donnée bancaire client n’est concernée. D’ores et déjà, l’incident est circonscrit. »
Boulanger, pour autant, ne confirme pas le nombre de 27 millions de clients concernés. Next relate la précision de la firme : « Les données récupérées sont uniquement des données de livraison (adresse, mail, téléphone) et concerne uniquement quelques centaines de milliers de clients. […] »
SaxX explique quant à lui, sur X (Ex-twitter), que de son côté que le 7 septembre 2024 une personne avait mis en vente « une base de données comportant 27 561 592 lignes de #Boulanger ».
Dans cette base de données à vendre, on retrouve « prénom, nom, numéro de téléphone, adresse postale complète, coordonnées géographiques (latitude et longitude), e-mail… », affirme SaxX. Depuis, le même cybercriminel divulgue 2,6 millions de comptes clients de chez Cultura.
(Crédits : capture d’écran)
À Dijon, c’est l’entreprise DiviaMobilités qui, à travers l’un de ses prestataires a essuyé une cyberattaque, à la fin du mois d’août 2024. Le 4 septembre, « nous avons découvert cette action malveillante », stipule Nolwenn Leguillon la directrice de communication de Keolis Dijon Mobilités à Le Bien Public. Les prénoms, noms, dates de naissance, numéros de téléphone et IBAN de certains clients ont fuité. L’utilisation d’infostealer est envisagé au commencement. « La plupart du temps, à l’origine, survient un infostealer », affirme SaxX.
Dans la nuit de jeudi 6 à vendredi 7 janvier 2022, une attaque informatique a touché le Pôle Santé Léonard de Vinci à Chambray-lès-Tours. Peu après minuit, les équipes soignantes n’ont plus eu accès aux dossiers de leurs patients. Cette dernière n’est que la confirmation que les opérateurs ne connaissent pas le scrupule, faisant feu de tous bois. Le dysfonctionnement des systèmes d’information conduisait la clinique privée à interrompre son activité, qui couvre notamment les urgences du sud de Tours.
Ce genre d’attaque est devenue légion, car les centres hospitaliers de Rouen, Arles, Dax, Oloron-Sainte-Marie entre autres subissaient en 2021 des attaques de type ransomware. La situation est restée « difficile » dans cette clinique après un « incident faisant suite à une cyberattaque », commentait vendredi la directrice générale du CHRU (Centre Hospitalier Régional et Universitaire), Marie-Noëlle Gérain Breuzard, Tous les accès aux outils informatiques étaient coupés pendant cette période et « dans l’urgence il a été décidé de fermer les urgences, d’annuler toute chirurgie non urgente et de déprogrammer les chimiothérapies d’aujourd’hui », a indiqué dans un mail Séverine Lissandre, la présidente du comité médical d’établissement, consulté par France 3 Centre-Val de Loire. Sur sa page web, l’institution prévient que les pré-admissions en ligne ne sont pas disponibles. Il propose des coordonnées téléphoniques pour l’effectuer, ainsi que pour la maternité.
L’affichette informait tous individus se rendant aux urgences du CHRU de Chambray-lès-Tours, de la condamnation du service ce vendredi matin 7 janvier 2022. Les personnes sont envoyées vers un autre établissement de la commune au sud de Tours, l’hôpital Trousseau. (Crédits : Chadi Yahya/Radio France)
En conséquence, la quasi-totalité des interventions a dû être annulée, soit une centaine d’actes prévue vendredi annonçait France Bleu. Comme dans toutes attaques par codes malveillants, le retour à la normalité peut prendre plusieurs jours, semaines voire des mois entiers. La société SIPA-Ouest-France dans la nuit du 20 au 21 novembre 2020 avait été victime d’un Rançongiciel. Le groupe Egregor revendiquait l’agression. Concernant le CHRU de Chambray-lès-Tours, le programme opératoire de ce début de semaine promet d’être réduit informe la Nouvelle-République, ajoutant que seules les opérations orthopédiques, les complications opératoires ou les poses de chambres implantables devraient être maintenues.
Ils ne reculent devant rien, et ne connaissent que peu de repos. En France, plusieurs habitants de Haute-Garonne ont reçu un mail leur proposant une mutuelle à des tarifs plus qu’alléchants. Non loin de là, tout près de la citée chère à Louis Nicollin. L’entreprise spécialisée dans la vente de produits de puériculture a subi une infection pas codes malveillants de type ransomware. Une rançon serait demandée. Chez nos amis belges, de faux courriels camouflent du phishing.
La banque belge Argenta mise au banc par ses clients. Alors que les tentatives sont pléthores, une trentaine de victimes de phishing ont déposé leurs dossiers contre l’organe fiduciaire, qu’ils accusent de ne pas avoir été suffisamment réactif. Pour parvenir à piéger des proies potentielles, tant sur les données que l’argent, les copies fallacieuses de sites deviennent de plus en plus crédibles et efficaces. Le groupe ayant perdu plus de 600 000 €, au cumul, réclame des indemnités à leur banque.
KBC condamnée, fais appel
Ils reprochent à l’institution de ne pas avoir réglé correctement et suffisamment rapidement les problèmes d’escroquerie en ligne. Les plaignants affirment qu’ils ont suivi toutes les étapes diligentées par l’organisme, pour introduire une plainte. Mais que la banque les a ignorés à de multiples reprises et qu’elle aurait toujours répondu qu’il s’agissait de la responsabilité des clients. Les clients touchés s’appuient aussi sur un rapport du médiateur des finances Ombudsfin, qui résout notamment les conflits entre particuliers et banques.
La banque KBC a été condamnée, en juin 2021, dans deux affaires à rembourser en tout 32 000 euros à des clients victimes de fraude en ligne. Cela crée un précédent juridique pour les pertes d’argent en cas de fraudes dites de hameçonnage ou phishing. La banque KBC a fait appel de cette décision. (Crédits : DR)
Ce dernier stipule qu’Argenta réagissait trop lentement aux signalements de phishing, et, était difficile à joindre en dehors des heures de bureau, rapporte le site Geeko. Dorénavant le service client de la banque est désormais ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour les signalements de phishing et de fraude. « Toutes les institutions financières, dont Argenta, attirent l’attention sur ce problème dans toutes ses composantes. Argenta prend constamment des mesures techniques en vue de prévenir le phishing », ajuste-t-elle.
Au sein de la ville frontière de Mons, non loin de Valenciennes, le CHU Ambroise-Paré appelle à la vigilance. L’institut montois exhorte d’être attentif aux courriels émanant de l’adresse chuambroiseinfo@gmail.com ou de toute autre relativement similaire comme suspecte : « […] un patient qui nous a envoyé une capture d’écran pour vérifier que le mail venait bien de nous. Il a eu le bon réflexe pour nous permettre de réagir au plus vite, car ça a tout l’air d’une tentative de phishing, explique la porte-parole du CHU. Le mail comporte apparemment un acte de décès. Il demande sans doute de cliquer sur un lien ou d’envoyer des informations. Il ne faut évidemment pas le faire et supprimer le mail immédiatement. » Les services de l’hôpital contactent exclusivement leurs patients par téléphone ou par voie postale. La direction a joint la Cellule de cybersécurité fédérale et Google, car le faux courriel est une adresse Gmail.
Attention, arnaque à la mutuelle
Le conseil de Haute-Garonne « met en garde les habitantes et les habitants de Haute-Garonne sur une démarche abusive menée actuellement par voie de messagerie électronique. Le Département n’est pas l’émetteur de ce mail et ne propose pas de complémentaire santé », relate France TV le jeudi 25 novembre 2021. Il faut dire que la suggestion est plus qu’attrayante avec des tarifs jusqu’à 55 % moins chers. Quand l’offre est trop alléchante, attention. Rappelez-vous qu’un assureur couvre le risque, mais ne le prend jamais.
Le courriel reçu par plusieurs administrés ci-dessus. Selon le département, le procureur de la République a été saisi de cette affaire, une enquête est en cours. (Crédits : FranceTV)
Le groupe Orchestra a subi ce mercredi 24 novembre une infection par codes malveillants de type ransomware. Le siège social est implanté à Saint-Aunès, entre Montpellier et Baillargues. Les hackers réclament une rançon, somme toute de plusieurs millions d’euros est demandée, Actu Occitanie. Conséquence de cette attaque, les transactions bancaires des terminaux de paiement électroniques (TPE) étaient bloquées.
L’IoT attaqué
Plus cocasse, les clefs électroniques de vos véhicules sont l’objet de toutes les attentions. Utilisées sur de nombreuses automobiles, leurs infections permettent de les voler sans avoir à les abîmer. Comme romance le film « Gone in 60 Seconds » avec Nicolas Cage et Angelina Jolie, la bande de malfrats achetait frauduleusement des clefs auprès d’un complice et copiait les fréquences d’ouvertures de portes de garage. Aujourd’hui, la réalité rattrape la fiction. Dans le nord de la France, à Lille, un homme s’est fait voler sa voiture, d’une valeur de 30 000 euros.
« On n’a rien entendu. J’ai su qu’elle a été volée à 5h56 du matin puisqu’on a eu les images sur la vidéosurveillance de la ville », précise la victime, Denis Van Kemmel. (Crédits : Karolina Grabowska/Pixabay)
« D’après les autorités, près de 75% des véhicules volés le sont à travers une technique de piratage », explique France TV. Les clefs électroniques comme les objets connectés communiquent tout le temps avec l’automobile. Il suffit de trouver la fréquence et le tour est joué. Autour de 120 000 unités sont subtilisées chaque année en France. Depuis 2008, leur nombre est passé de 211 500 à 119 700 l’an dernier, selon les données du ministère de l’Intérieur.
Le « pass sanitaire » vient d’être voté en France par les chambres basse et haute, afin de pouvoir participer, selon les dires des autorités gouvernementales, à des événements qui pourront regrouper plus de 1000 personnes. Dans le même temps, des fuites plus que conséquentes de documents d’identités, de renseignements médicaux, d’informations bancaires, d’adresses e-mail, de numéros de téléphone, d’identités numériques sont légion. Qu’en est-il des données, de vos données ? Seront-elles sécurisées ?
L’infection d’AXA par le ransomware « Avaddon » affole la toile et le reste du monde. Mis à part le fait d’avoir touché un très gros poisson, cela démontre que les infrastructures doivent être renforcées, et les moyens mis en adéquation avec les risques encourus. D’autant qu’il s’agit de renseignements ultrasensibles. « Vous pouvez nous féliciter pour l’attaque réussie de l’entreprise, nous avons crypté AXA Asia dans les pays suivants : Thaïlande (Krungthai-AXA), Philippines, AXA Investment, Hongkong et Malaisie », se congratulent les opérateurs.
Données médicales volées
Ils revendiquent posséder trois téraoctets de données. Elles sont d’ordre médical (antécédents, y compris des comptes rendus sur le VIH, l’hépatite, les MST et d’autres maladies), les réclamations des clients, les paiements aux clients, toutes les pièces d’identité des clients, les comptes bancaires et tous les documents scannés des clients, mais pas seulement.
L’Agefi stipule que le matériel réservé des hôpitaux et des médecins (enquêtes privées pour fraudes, accords réservés, remboursements refusés, contrats et rapports, cartes d’identité, etc.) y figure également.
Les données sont en libre accès lorsque les opérateurs du ransomware n’obtiennent pas la rançon escomptée. Des informations extrêmement sensibles sont livrées à tous, comme les quasiment 200 GB de la ville de Presque Isle dans le Maine, aux États-Unis.
(Crédits : capture d’écran)
La société comme les personnes assurées sont les victimes, à plus d’un titre, de la cyberattaque. Le principe de la double extorsion est de mise. L’ingénierie sociale peut alors utiliser ses données sensibles pour d’autres méfaits.
Frappé deux fois de suite
Il y a plus de deux mois que l’incendie chez OVH Cloud, à la veille de son introduction en bourse, le 10 mars 2021, rendait inaccessibles différents sites. Dans un mail interne qu’Agefi avait pu consulter, Axa France indiquait avoir été « victime d’une extraction non autorisée de données concernant certains collaborateurs d’Axa en France ». Ainsi, début mai, ce sont 7500 actuels et anciens salariés de 55 ans et plus qui ont vu leurs civilités complètes divulguées.
Leurs adresses, numéros de sécurité sociale… ont fuité à la suite du feu, fragilisant les serveurs dans lesquels un des fournisseurs d’AXA hébergeait ses données. La dernière société à subir une infection est Acer Finance, basée à Paris, qui est une société de gestion de portefeuille.
Elle venait d’annoncer le 21 avril 2021 que « Laillet Bordier et Acer Finance fusionnent pour donner naissance à LB&AF ». Le message des opérateurs est sans appel. Les données sont cryptées et la menace de divulguer toutes les informations est réelle. Cathar Games a vu 779,06 GB de documents compressés en libre accès. (Crédits : capture d’écran)
Quelques jours auparavant, c’est la Fédération des syndicats des métiers de la prestation intellectuelle, du conseil, de l’ingénierie et du numérique de plus de 3000 TPE-PME, CINOV. Après la fuite datant de 2019, qui ressurgit en 2021, donne entrée à 20 millions de comptes de Français sur le réseau « social » Facebook, et les données de santé de 500 000 personnes en France au mois de février 2021.
500 000 dossiers médicaux
De son côté, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) avait annoncé mercredi 24 février 2021 qu’elle avait lancé une enquête pour savoir si les sociétés (dont les données ont été volées) ont manqué à leurs obligations. En plus de prodiguer des consignes de sécurisation des données, le RGPD impose aux entreprises ayant subi une violation de leurs données de le signaler.
Or la CNIL avait déclaré ne pas en avoir été avertie. Peut-être plus inquiétant, s’il en est, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) annonçait ce même mercredi 24 février 2021 qu’ils avaient identifié l’origine de cette fuite de données dès le mois de novembre 2020, et informé le ministère de la Santé, Olivier Véran.
« Les recommandations nécessaires ont été données par l’ANSSI pour traiter l’incident. »
(Crédits : capture d’écran)
Le groupe Stelliant aurait été victime d’une offensive malveillante dans la nuit du 14 au 15 mai 2021, qui paralysait certaines de ses activités depuis ce week-end. Le spécialiste de l’expertise travaille actuellement au redémarrage de ses systèmes. De l’autre côté de la mer du Nord, l’Irlande a subi également, dans la période, une infection.
« Il y a une attaque ransomware importante sur les systèmes informatiques de HSE. Par précaution, nous avons arrêté tous nos systèmes informatiques afin de les protéger de cette attaque et de nous permettre d’évaluer pleinement la situation avec nos propres partenaires de sécurité », tweetait l’organisme.
La maternité Rotunda de Dublin a prévenu que toutes les visites ambulatoires avaient été annulées, sauf pour les femmes enceintes d’au moins trente-six semaines, « en raison d’un grave problème informatique ».
Le docteur Fergal Malone, responsable de cette maternité, a expliqué à RTE que l’attaque visait des ordinateurs stockant des dossiers médicaux. (Crédits : Jonathan Borba/Pexels)
« Il n’y a pas de problème pour la sécurité des patients », a-t-il assuré et l’hôpital est passé en mode dégradé avec les dossiers papiers. « Mais évidemment, le débit sera beaucoup plus lent », a-t-il déclaré.
Le « Pass Sanitaire » est-il sécurisé ?
Clément Beaune, secrétaire d’État en charge des Affaires européennes, indiquait au Sénat que la version française du « pass sanitaire » serait « soumise, avant toute mise en œuvre, à l’avis de la CNIL ». Elle possède un pouvoir tout relatif de recommandation, souligne le journaliste Olivier Tesquet, interviewé par Salomé Saqué, sur Blast. L’exemple des caméras intelligentes de Datakalab, pour mesurer le port du masque dans les transports en commun, est criant de vérité.
La CNIL émettait des recommandations, mais l’État est passé par un décret. Les nouvelles sanctions que la CNIL, hormis le caractère pénal, peut prononcer sont :
Une astreinte
Le retrait d’une certification
Le retrait d’agrément
Des amendes administratives (de 4% du CA mondial à concurrence de 20 millions d’euros)
Dématérialisé, le dispositif pose évidemment la question de la protection des données. Selon le gouvernement, les données sont chiffrées et restent en local sur le terminal téléphonique des usagers. Ce dernier assure que l’application ne garde rien en mémoire pour scanner les codes. Grâce à l’usage de ces QR code, les autorités ou effectifs habilités n’ont par ailleurs accès qu’aux informations qui leur sont utiles selon le gouvernement : « Quand vous tendrez votre pass, la seule chose qui apparaîtra à l’écran sera du vert ou du rouge. Personne ne saura si vous pouvez vous déplacer grâce à un vaccin ou un test PCR », déclarait Cédric O, secrétaire d’État en charge du numérique, sur Europe 1.
La cocasserie du « pass sanitaire » vient de l’interview du maire de Nice, Christian Estrosi, par Jean-Jacques Bourdin, sur BFM-TV le 30 mars 2021. « Je suis en faveur d’un pass sanitaire tout de suite […] ce qui permettrait de libérer un certain nombre d’activités au plan culturel, au plan commercial […] muni de ce pass sanitaire, et la condition naturellement serait que vous n’ayez à aucun moment refusé d’être vacciné […] », explique l’édile. « C’est presque de la vaccination obligatoire », questionne le journaliste. (Crédits : Juliettpapa97/Wikipedia)
« Non, ça veut dire que vous acceptez de ne plus participer à un certain nombre d’activités où vous pourriez être contaminant. » Autrement dit, vous avez le choix d’approuver votre vaccination obligatoire pour vous rendre sur la promenade des Anglais. Endroit même où la reconnaissance faciale était testée lors du carnaval. Un sondage demandé par BFM-TV posait la question suivante : « Vous personnellement, seriez-vous favorable ou opposé à la mise en place de ce “pass sanitaire” permettant aux personnes ayant un test négatif récent ou étant vaccinées d’accéder à certains lieux (stades, salles de concert, voyages, etc.) et interdisant à celles n’ayant pas de test négatif ou non vaccinées d’y accéder ? » Près de deux tiers des personnes interrogées sont favorables (63 %), dont plus de 71 % de ces personnes ont plus de 50 ans. Concernant la sécurité, chiffrée ou non, il faut se rappeler qu’avant d’être ajoutés à « TousAntiCovid », les résultats de tests et autres certificats sont, quoi qu’il arrive, centralisés sur la plateforme sidep.gouv.fr et, aussi protégée soit-elle, aucun système informatique n’est infaillible. Mélangez toutes ces données, les confidentielles, celles qui ont fuité, celles qui échappent à tout contrôle, épicez de la loi de sécurité globale, saupoudrez de reconnaissance faciale, vous obtenez un cocktail explosif. Sachant qu’« il n’y aura pas de retour en arrière…»
Le Service public de l’emploi de l’État (SEPE) a subi hier matin, 9 mars 2021, une attaque informatique générale. Elle a touché tous ses bureaux sur le territoire ibérique, l’obligeant à suspendre toute activité et à reporter les rendez-vous de la journée. Des actions urgentes ont eu lieu, avec pour objectif principal de contenir, d’isoler et, d’atténuer son impact sur les systèmes d’informations. Depuis, le site est hors ligne, en raison de l’attaque cybernétique subit et plonge dans l’attente les assurés.
Le site du SEPE est hors service depuis mardi en raison d’une cyberattaque. « Le ministère du Travail enquête sur l’origine de la faille de sécurité dans les systèmes informatiques du service public de l’emploi qui a également affecté les ordinateurs des employés de l’agence, qui ont dû les éteindre en attendant de connaître l’ampleur », explique El Diario.
Le SEPE est hors ligne
Une équipe de techniciens et d’experts du ministère travaille pour le retour à une activité normale dès que possible. « Le ministère du Travail et de l’Économie sociale regrette profondément les désagréments causés aux utilisateurs en raison de cette cyberattaque », indique le ministère. « Des travaux sont en cours dans le but de restaurer les services prioritaires dès que possible, notamment le portail du service public de l’emploi de l’État, puis de rétablir progressivement le reste des services destinés aux citoyens, aux entreprises, aux prestations et aux agences pour l’emploi », affiche l’agence.
« Les délais de demande de prestations seront prolongés d’autant de jours […], cette situation n’affectera en aucun cas les droits des demandeurs de prestations », mentionne le SEPE.
Le renouvellement des droits se fera automatiquement ou pourra être renouvelé une fois que le service aura été rétabli sans perte.
(Crédits : capture d’écran)
« Cette situation a provoqué le retard dans la gestion de centaines de milliers de rendez-vous dans toute l’Espagne […] avec les difficultés que tout cela entraîne dans la situation d’avalanche de dossiers à laquelle est confronté le SEPE depuis le début de la pandémie. »
4 008 489 Espagnols au chômage
Le syndicat des employés du service public (CSIF) s’inquiète de l’obsolescence du matériel informatique relate Vozpopuli. Luis Gonzalez, représentant du syndicat CSIF (Centrale indépendante des syndicats et des fonctionnaires) à Tarragone en Catalogne, rappelle que les matériels informatiques sont « dépassés ». Le nombre des demandeurs d’emploi dépasse les 4 millions (4 008 489), une première depuis avril 2016.
Les mécanismes de chômage partiel, croient le nombre total. Ce type de chômage est mis en place dès le début de la pandémie en mars 2020. Il a été renouvelé jusqu’au 31 mai prochain relate Les Échos.
Les premières investigations ne permettent pas, actuellement, de connaître l’origine de cette attaque. Néanmoins la signature d’apparition du ransomware Ryuk est définie sous la forme d’un fichier texte ou d’un fichier HTML comme le montre l’image ci-contre. En janvier 2020, les opérateurs derrière le ransomware Ryuk s’introduisirent et mirent hors service les systèmes de l’hôpital de Torrejón, dans la province de Madrid, mais pas seulement. (Crédits : elDiario.es)
Comme l’explique El Mundo, d’autres entreprises espagnoles ont subi également le ransomware « d’origine russe », la radio privée SER et Everis. Gerardo Gutierrez, directeur du SEPE, a confirmé qu’il s’agit de « la dernière version du virus Ryuk » et que l’agence a subi « une cyberattaque similaire à celles reçues par d’autres entreprises ou administrations dans le monde ».
Le rançongiciel Ryuk
Nouveau venu dans le monde des ransomwares ? Pas vraiment ! Selon le rapport de l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le rançongiciel Ryuk a été observé pour la première fois en août 2018. « C’est une variante du rançongiciel Hermes 2.1, vendu sur le forum souterrain exploit.in à partir de février 2017 par le groupe cybercriminel CryptoTech pour environ 300 dollars. Depuis octobre 2019, Ryuk dispose d’une fonctionnalité lui permettant d’allumer les postes éteints présents sur le réseau local (Wake-on-LAN) afin d’accroître sa surface de chiffrement », continue le rapport de l’Agence.
Son apparition remonterait à décembre 2019, le rançongiciel Conti serait mis à la disposition d’affiliés selon le modèle de ransomware-as-a-service (RaaS).
(Crédits : Déroulé simplifié de la chaîne d’infection Emotet-TrickBot-Ryuk/ANSSI)
« Il a notamment été déployé en parallèle de Ryuk au cours de chaînes d’infection Emotet-TrickBot-Ryuk/Conti ou BazarLoader-Ryuk/Conti. Il est à l’origine de la compromission de nombreuses entités depuis août 2018, qu’il cible pour leur rentabilité et leur capacité à payer des rançons de montants élevés (Big Game Hunting). En octobre 2020, Ryuk serait responsable de 75% des attaques sur le secteur de la santé, secteur qu’il attaquerait depuis le premier semestre 2019 », poursuit l’ANSSI. Bien qu’aucun ciblage sectoriel spécifique ne puisse être identifié, il apparaît cependant qu’il cible particulièrement les États-Unis et le Canada, mais dorénavant aussi en Espagne.
Un grand coup était porté le 27 janvier 2021 pour perturber et détruire l’infrastructure du botnet connu sous le nom d’Emotet. Depuis les opérateurs derrière les ransomwares et autres attaques des systèmes d’information n’ont pas arrêté. Que ce soit en France, Espagne, Allemagne, États-Unis… que ce soit dans le domaine de l’éducation, de l’emploi, de l’assurance, de la banque, des la santé, des hôpitaux… personne n’est épargné. Quand un groupe tombe, souvent comme l’hydre, un autre apparaît.
Début février 2021, les opérateurs derrière le ransomware Avaddon, affichaient leurs méfaits. C’est la compagnie SVI Assurances qui en faisait les frais. L’entreprise n’ayant pas coopéré, Avaddon affichait la conséquence : « l’entreprise ne veut pas coopérer avec nous, et nous divulguons les informations personnelles de l’entreprise, de ses employés et de ses clients ».
Cyberattaques en série
Ainsi près de 472 Mo de données décompressées, contenants plus de 3000 dossiers, avec des informations critiques d’identité de personnel et de client misent à la disposition de tout un chacun par les opérateurs. Au mois de décembre 2020, c’est Dassault Falcon qui devient la cible des opérateurs derrière Mount Locker.
Quinze communes de l’Oise attaquées en 2020. Creil, Vandélicourt, Boubiers… pour ne citer qu’elles. La plus importante fuite est sans doute les données de la mairie de Villers-Saint-Paul, au nord de Creil (fichiers électoraux, d’état civil et comptabilité).
Le 29 décembre 2020, la commune de Saint-Crépin-Ibouvillers est victime d’une attaque, via un courriel. « On ne s’imagine pas être une cible », s’étonne encore Alain Letellier, l’édile de la commune située à 20 km au sud de Beauvais. Le siège de la communauté de commune des Sablons, dont il était président avait été victime en 2019 d’une attaque plus conséquente. (Crédits : capture d’écran)
Les dossiers sensibles chiffrés, la collectivité se devaient de les récupérer. « C’était des budgets, des payes, des archives de la communauté de communes… et ils demandaient une rançon en bitcoin », soupirait Alain Letellier. Ils ont dû payer l’équivalent de 10 000 euros en bitcoins, relatait Julie Jeunemaître sur le site de France 3 Hauts-de-France.
Angers, Bayonne, Marseille
Le samedi 16 janvier 2021, c’est le service informatique de la mairie d’Angers. La mairie de Bayonne début décembre 2020, et celle de Marseille à la mi-mars de la même année. Le 14 février 2021, c’est le ramsomware Darkside qui signait un nouveau méfait. « Darkside signe de son côté, la 32e prise d’otage de données appartenant à une entreprise française […] et après avoir piraté la société Wonderbox, affiche leur menace à l’encontre de la société de recrutement Penelope », souligne le site ZATAZ. Le mardi 16 février 2021, c’est au tour de l’hôpital nord-ouest et ses trois sites de Villefranche-sur-Saône (69), Tarare/Grandris (69) et Trévoux (01) de subir une attaque.
En effet, une période de trois mois est souvent nécessaire pour recouvrer une organisation adéquate, en remettant progressivement en route, et par ordre de priorité, tous les terminaux (après nettoyage et vérifications) des systèmes d’information infectés. Dans Le Progrès Arnaud Mabire, vice-président de la communauté d’agglomération Évreux portes de Normandie expliquait que « Nous avons dû formater 1 500 ordinateurs et réinitialiser 250 serveurs », suite à l’attaque d’un rançongiciel mi-décembre. (Crédits : AFP/Philippe Desmazes)
L’hôpital de Dax affecté par un ransomware, celui des Escartons à Briançon pourrait l’avoir été également, indique le Dauphiné, et hier, le 9 mars 2021, c’est France bleu Pyrénées-atlantique qui délivre l’information concernant l’établissement situé à Oloron Sainte-Marie. Si aucune fuite n’a été détectée, les dossiers des patients sont inaccessibles aux personnels soignants. Les opérations ne sont, pour l’heure, pas déprogrammées, néanmoins, la pharmacie ne peut plus accéder à ses stocks. Le directeur de l’hôpital, Frédéric Lecenne s’inquiète : « Ça met en péril tout de même l’activité normale de l’hôpital. »
Le plan quantique en route
Lors de la présentation de la stratégie nationale sur les technologies quantiques « plan quantique », le 21 janvier 2021 à Paris-Saclay, le président de la République Emmanuel Macron soulignait l’importance stratégique nationale de la recherche pour aujourd’hui et demain. Le Président de la République a annoncé le lancement de la stratégie quantique nationale, comprenant : La mise à disposition de nouveaux moyens pour les chercheurs, y compris sur la formation, mais aussi pour les start-ups et les industriels ; Le développement de l’informatique quantique ; Des investissements dans toutes les technologies autour du quantique : communications, capteurs, cryptographie.
C’est un plan massif, de 1,8 milliard d’euros, dont 1 milliard de l’État, pour les 5 prochaines années, qui positionne la France à un très bon niveau à l’échelle internationale. « C’est ce que je suis venu vous dire : cette profonde accélération et transformation de notre écosystème, et le fait aussi que nous décidons de nous hisser sur le podium mondial en termes de financement, d’investissement dans le quantique », martèle Emmanuel Macron.
«Le nombre d’attaques a augmenté de 255 % en 2020 par rapport à 2019, rappelle l’Élysée. Le phénomène touche tous les secteurs de tous les pays. » L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a vu ses effectifs gonfler de 50 %, passant de 400 à 600 personnels, entre 2017 et 2020. « 150 millions d’euros seront consacrés à la cryptographie post-quantique pour sécuriser les communications avec des protocoles résistant aux méthodes de calcul des futurs ordinateurs quantiques. » (Crédits : capture d’écran YouTube)
L’idée est de faire infuser la sécurité numérique sur l’ensemble du territoire, de la simple sensibilisation d’individus lambda à la création d’un écosystème mêlant recherche et formation, public et privé, start-up et collectivités. Une enveloppe de 500 millions d’euros, soit la moitié du financement global, est réservée à la recherche-développement, à destination de secteurs porteurs comme la sécurité des objets connectés par exemple. Un milliard d’euros doit être mobilisé pour augmenter le chiffre d’affaires de la cybersécurité d’à peine 8 milliards d’euros en 2019, et ainsi arriver au triple en 2025, soit 25 milliards. L’Élysée veut doubler le nombre d’emplois du secteur, pour l’amener à 40 000, et voir émerger « au moins trois licornes » françaises, c’est-à-dire des entreprises au top niveau mondial (start-up dont la capitalisation dépasse un milliard de dollars).