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  • Séisme de magnitude 7.5 au Japon

    Séisme de magnitude 7.5 au Japon

    Deux nouveaux tremblements de terre détectés face à Fukushima, le 16 mars 2022 à 23 h 34 puis 23 h 36 (heure locale). Le séisme le plus important affiche la magnitude 7.5, sur l’échelle ouverte de Richter s’est produit à 56 kilomètres de la ville de Nami au Japon. Il a été localisé à 37,89 de latitude nord et à 141,40 de longitude est, le tout à une profondeur de 73 kilomètres. 509 380 foyers sont privés d’électricité dans six préfectures de la région de Kanto. La centrale nucléaire de Fukushima ne semble pas être atteinte selon les autorités.

    Un énorme tremblement de terre s’est produit le long de la fosse du Japon et de la fosse des Kouriles. « L’estimation des dégâts annoncée par le gouvernement est un nouveau test pour les zones sinistrées qui ont été revitalisées depuis le séisme de 2011 dans le Grand Est du Japon », souligne le journal Nikkei. L’Agence météorologique japonaise a émis une alerte au tsunami et a demandé aux citoyens de faire attention aux bâtiments qui s’effondrent. Un tsunami de 20 centimètres a ensuite touché le port d’Ishinomaki à Miyagi, tandis qu’il existe un risque de tsunami pouvant atteindre un mètre, toujours selon l’agence.

    Les rues du grand est du Japon sont plongées dans le noir, seules les lumières de secours des magasins, et celles des véhicules permettent de briser l’obscurité de la nuit. (Crédits : DR)

    Le nombre de morts et de disparus dans la préfecture d’Iwate en 2011 était de 6 255. La crainte d’un énorme tremblement de terre à cet endroit précis affole les estimations. Le bilan pourrait être d’environ 11 000 morts, selon la préfecture. Lors d’une conférence de presse, très tôt le 17 mars 2022 (heure locale), le secrétaire général Hirokazu Matsuno a déclaré qu’il n’y avait « aucune anomalie à ce stade » concernant la centrale nucléaire de Tohoku Electric Power Onagawa et la Tokyo Electric Power Company Fukushima Daini Nuclear Centrale électrique.

    Les données sont impressionnantes. Elles ne sont rien en rapport au plus grand séisme jamais enregistré au Japon, le 11 mars 2011 à 14 h 46 et 23 secondes. (Crédits : Force Thirteen)

    M. Matsuno a expliqué que « des pannes de courant se sont produites dans environ 150 000 foyers de Tohoku Electric Power Company et environ 2,08 millions de foyers dans TEPCO ». Il a appelé à l’attention sur les tremblements de terre d’une intensité sismique maximale de 6 ou plus dans les jours à venir. Les principales puissances sismiques dans chaque zone s’échelonnent de 4 à 6.

    À 1 h 09 du matin, le 17 mars 2022, soit plus de 90 minutes après le black-out, les lumières de la zone de Kichijoji se sont rallumées. La catastrophe nucléaire de 2011 plane encore dans toutes les têtes des Japonaises et Japonais.

    Dans certaines régions, il peut dépasser les inondations et les dégâts d’il y a 11 ans. Le gouvernement a souligné que « les dégâts peuvent être réduits en fonction des mesures ». Malgré la confusion dans la zone sinistrée, les efforts pour atténuer la catastrophe ont commencé. Le train Yamabiko 223 a déraillé entre les gares de Fukushima et Shiroishizao avec 96 passagers à bord, aucun blessé à déplorer.

  • Nous mentent-ils ?

    Nous mentent-ils ?

    Le mensonge, qu’il soit pieux, dans le but d’être utile ou agréable, d’éviter un chagrin, afin de ne pas blesser, ou encore par obligation, par conservation de secret professionnel ou d’État, reste un mensonge. Ce qui dérange est la multiplication et la fréquence des mensonges, car croire devient difficile, voire impossible. L’expression « à force de crier au loup » prend tout son sens dans un monde contemporain dit de « communication ». D’autant que les grands de ce monde aiment les belles phrases alambiquées, pour ne rien dire.

    Mais d’où vient ce mot mentir, et sa conséquence verbeuse qu’est le mensonge ? Le verbe mentir est apparu au Xe siècle. Du latin « mentiri », il donne pour vrai, affirme ce qu’on sait être faux. Le nom issu du verbe est un mensonge, c’est la vérité, bref… Ce nom est issu du bas latin « mentio », de même sens, explique l’Académie française. C’est un propos contraire à la vérité, tenu avec dessein de tromper, voici le mensonge.

    Les affaires « Alfred Dreyfus » et « François Mitterrand »

    La première affaire est l’arrestation, la condamnation et la dégradation du Lieutenant-Colonel Alfred Dreyfus (1859-1835). En 1892, Édouard Drumont fondateur du journal La Libre Parole (avec en sous-titre « La France aux Français »), antidreyfusard, nationaliste et antisémite, il est le créateur, avec le marquis de Morès, de la Ligue nationale antisémitique de France. Député d’Alger de 1898 à 1902, il est l’une des principales figures historiques de l’antisémitisme en France. Il est d’ailleurs le premier à annoncer à mots couverts l’arrestation d’Alfred Dreyfus.

    Presse, antisémite, calomnie

    Le journal affichera cette une (voir ci-contre) après les deuxièmes procès et la condamnation de Dreyfus le 10 septembre 1899. Ce dernier est accusé d’espionnage au profit de l’Allemagne et passe devant le conseil de guerre le 19 décembre 1894.

    Le 5 janvier 1895, il est dégradé dans la cour d’honneur de l’École militaire de Paris devant une foule haineuse criant « À mort Judas ! Mort au juif ! » Il sera réhabilité le 12 juillet 1906.

    L’affaire « François Mitterrand »

    L’autre se passe quelques années ultérieurement. Le 16 octobre 1959, un commando tire à la mitraillette sur la voiture du sénateur de la Nièvre, François Mitterrand. Près du jardin du Luxembourg, à Paris, il échappe à l’attentat en se réfugiant dans le jardin de l’Observatoire. Son sang-froid est célébré dans les jours qui suivent. Pourtant les soupçons changent de direction. « Le Sénat va lever son immunité parlementaire et Mitterrand sera inculpé. Mitterrand, la fausse victime, le menteur, accuse le coup. Des amis le voient pleurer, le pensent proche du suicide », raconte Claude Askolovitch sur France Inter.

    Ce qui est sûr, c’est que le mystère reste entier. L’ancien gaulliste devenu poujadiste Robert Pesquet — ayant avoué l’organisation de l’attentat et rencontré François Mitterrand auparavant — est-ce qu’il l’a fait avec la complicité de François Mitterrand pour remettre ce dernier au cœur du jeu politique ? Ou pour discréditer le futur président de la République. À vous de vous faire une idée.

    (Crédits : DR)

    Tchernobyl, mensonge d’État français

    Le 26 avril 1986, le réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose. 650 000 militaires, pompiers, mettront dix jours à maîtriser l’incendie. Sous la présidence de François Mitterrand, et Jacques Chirac Premier ministre, en place depuis cinq semaines, une politique du silence est mise en place pour ne pas ébranler la confiance des Français quant au nucléaire. « Il y a ce que l’on appelle un lobby du nucléaire, c’est-à-dire qu’il y a des gens qui ont des énormes intérêts financiers à ce que le nucléaire, soit bien perçu par la population », explique Jean-Claude Bourret, présentateur du journal télévisé (1975-1987).

    À l’époque, l’éminent professeur Pierre Pellerin du SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants), sous la tutelle de la ministre Michèle Barzach, ministre de la Santé et de la Famille. « Je voudrais bien dire, ici, clairement, que même pour les Scandinaves la santé n’est absolument pas menacée […] ça ne menace personne, sauf peut-être dans le voisinage immédiat de l’usine et encore […] », martelait le professeur. Même la journaliste et présentatrice du bulletin météo Brigitte Simonetta se veut rassurante : « En France, l’anticyclone des Açores s’est développé, la météo affirme qu’il restera jusqu’à vendredi prochain suffisamment puissant pour offrir une barrière de protection. Il bloque en effet toutes les perturbations venant de l’est. » (Crédits : DR)

    nuage, nucléaire, Tcheernobyl

    Interrogée pour le magazine en 2002, elle explique avoir fait de son mieux avec les informations reçues. « Je me demande si à l’époque je n’ai pas fait preuve d’incompétence, j’éprouve des remords avec ce que l’on sait maintenant […] », raconte-t-elle dans l’émission Secrets d’actualité présentée par Laurent Delahousse. Pour autant, comme l’explique les paroles de la chanson « Né en 17 À Leidenstadt » de Jean-Jacques Goldman : « Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens… ».

    Le nuage est passé sur la France

    Aujourd’hui, la vérité est crue, le nuage est bien passé sur la France contrairement à ce que disait l’État. Jean-Claude Zerbig, ingénieur au commissariat à l’énergie atomique (1965-1998) à Saclay, en région parisienne. « Toutes les alarmes étaient en déclenchement, ça sonnait de partout et les gens ne voyaient pas du tout d’où ça pouvait venir », soulignait l’ingénieur en se rappelant du 1er mai 1986. Dans la caserne d’Ajaccio, le déclenchement du détecteur de radioactivité sonne à 10 h 20 selon la main courante de la caserne le 2 mai 1986.

    Panneaux, personnages, image

    Nice-Matin écrivait dans son édition du dimanche 4 mai 1986 : « Ajaccio : un étrange nuage a enveloppé, avant-hier soir le centre-ville d’Ajaccio, lui donnant pendant quelques minutes un aspect fantomatique […] L’appareil en provenance de Paris, à 21 h 35 et celui venant de Nice, à 22 h, n’ont pas pu se poser sur la piste de Campo-dell’Oro, la visibilité étant inférieure à 200 m ».

    Le 6 mai 1986, une missive arrive de l’hôtel de Villeroy : « Le territoire français a été totalement épargné, affirme le communiqué du ministre de l’Agriculture », François Guillaume. Corine Lalo, journaliste grand reporter intriguée se rend à la frontière franco-allemande, tous les chiffres lui sont donnés sur l’ampleur de la catastrophe. La vérité arrivera le 10 mai 1986, sur le plateau de Jean-Claude Bourret.

    (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    « L’omission est-elle un mensonge ? » Elle est l’action d’omettre, manquer à faire, à dire une chose. Du côté du droit, c’est un terme de jurisprudence qualifiant le manquement à une chose exigée par la loi, et qui, dans certains cas, entraîne la nullité. En droit, cela va bien plus loin. La non-dénonciation de crime est un délit. (À ne pas confondre avec la délation, qui est une dénonciation inspirée par l’intérêt, la haine, le désir de nuire ou le sectarisme). Le fait, pour quiconque ayant connaissance d’un crime dont il est encore possible de prévenir ou de limiter les effets, ou dont les auteurs sont susceptibles de commettre de nouveaux crimes qui pourraient être empêchés, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni, de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 € d’amende (Code pénal, art. 434-1). Lorsque le crime visé au premier alinéa de l’art. 434-1 constitue une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation […] la peine est portée à cinq ans d’emprisonnement et à 75.000 € d’amende (Code pénal Art. 434-2).