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  • Ransomware, une année record

    Ransomware, une année record

    Alors que tous les gouvernements prônent le retour au télétravail, les sécurités sont-elles de mise ? Le SARS-CoV-2 occupe peu ou prou la totalité du paysage médiatique, quand ce n’est pas la campagne pour l’élection présidentielle. Ce n’est pour autant pas la seule information ni contamination à travers la planète. Celle ressentie par les codes malveillants d’opérateurs que nous appelons communément « Virus ». Les attaques par ransomware sont prolifiques en cette année 2021, et promettent une année 2022 du même acabit.

    Le tout premier de l’année fut le groupe OMV System France, par le ransomware Darkside en date du 3 janvier 2021, revendiqué le 19. Si certaines organisations semblent tomber aux oubliettes, comme Avaddon, il faut rester prudent. AlphaVM réclame l’offensive et les 650 GB de données sur Snop Group. Également 151 GB exfiltrés de Douglas Shaw & Associates. Bl@cktor explique que les entreprises attaquées avec lesquelles un accord est trouvé ne verront pas leurs données publiées. Pour les autres bl@ckt0r « publiera ici la notification de violation de données et commencera à échanger leurs données exfiltrées. » L’université UNEXCA de la Grande Caracas au Venezuela est l’une des cibles. La somme de 30 000 $ est demandée. Des coordonnées sont affichées et mentionnent numéro de carte d’identité, prénom, nom, date de naissance…

    Le message est clair. « Nous avons des informations qui vont soit intéresser vos concurrents, soit causer des dommages à votre entreprise », martèlent les opérateurs derrière AlphaVM. Contactez-nous avant que nous publiions les données affichent-ils le 21 décembre 2021. (Crédits : capture d’écran)

    Clop affiche Swirespo (Singapour), Muschert-gierse (Allemagne), MTMRecognition (USA) avec des quantités astronomiques de renseignements comme des courriels. Concernant la firme américaine, au total plus de 700 000 adresses mail sont répertoriées.

    Entropy fait partie des nouveaux ransomwares tissant petit à petit sa toile et les fuites des attaques sur le site de leaks. (Crédits : capture d’écran)

    Grief est prolixe tant en offensive qu’en mise à jour des données exposées, comme en date du 28 décembre 2021, des données du bureau national de radiodiffusion et de télécommunications. Ainsi le groupe de ransomware Midas relate de nombreuses attaques (New Corp, Texas Entreprises, GEW Corporation Limited…).

    La France cible de choix

    Les cibles, comme les municipalités sont telles que les attaques quadrillent l’hexagone de part en part. En janvier 2021, OMV System France (3/1-Darkside), Coffim (4/1-NetWalker), le 16 la ville d’Angers subissait une attaque par ransomware. « Dans la nuit de vendredi à samedi, une cyber attaque a fixé le système d’information de la ville d’Angers et de la métropole. Le diagnostic a conclu à une attaque de type rançongiciel qui a frappé La Rochelle, Aix Marseille, Vincennes, l’ADEME… dans un passé récent », twittait la commune. Revil/Sodinokibi a revendiqué l’attaque de la société UCAR perpétrée le 20 janvier, le 2 février 2021. Le conseil départemental de la Vienne se retrouvait sans téléphone ni ordinateurs, des suites d’une attaque informatique. La clinique de l’Anjou à travers ses personnels hospitaliers se rendait compte à 4 h, le 23 janvier que plus rien ne fonctionnait. La commune d’Houilles victime de chiffrement de données puis de demande de rançon (30-1), le même jour, la Châtaigneraie tombe sous le coup de PYSA. Enfin Darkside revendique le vol de plus de 30 Go de données sensibles de Wonderbox.

    • Février : le 1er , Pénélope par Darkside, BVA (Conti), le 2 SVI Assurances (Avaddon), le 5 Mutuelle Nationale des Hospitaliers (RansomExx), Groupe Leader Interim, le 6 Signabois, le 9 le Centre Hospitalier de Dax (Ryuk), Trigano (Revil/Sodinokibi), le groupement Hospitalier de Dordogne le 11 février 2021, le 15, l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône (Ryuk), 1001 Vies Habitat, l’hôpital de La Chatre, le 16 la boulangerie Wach de Selestat, la mairie de Pontault-Combault, l’AFNOR le 18 (Ryuk), Bénéteau bloqué le 19 février, une usine classée Seveso à Béziers, comme Burgo Adrennes, le 21 Chalon-sur-Saône et Manutan (DoppelPaymer). Le lendemain, Charles André SAS. Lactalis s’en sort grâce à une détection en amont. Cashmag par Avaddon le 28

    Les mois se suivent et se ressemblent. Le mois de mars affichent vingt-deux attaques :

    • CGG (1/3, Cl0p), CEE Schisler (1/3, Conti), Communauté de communes de l’Est lyonnais, Soflog (3/3, DoppelPaymer), Servimo (3/3), Jacquet Metals (4/3, Conti), Rainbow Guyanne (5/3), Coallia (6/3), Centre hospitalier d’Oloron (8/3), SDIS 14 (9/3), SDIS 47 (10/3), La compagnie du SAV (10/3, Avaddon), Mersen (15/3, Mount Locker/Astro Team), Groupe Upperside Capital Partners (19/3, Conti), Montagne et Neige Développement (22/3), Asteelflash (24/3, Revil), Institut de formation santé de l’Ouest (26/3, Ragnarok), Yposkesi (27/3, Babuk), Targetcom (28/3, Avaddon), Goron (30/3, DoppelPaymer), Montagnettes (30/3, Ragnarok), et Pierre Fabre (31/3, Revil)
    AvrilMaiJuinJuilletAoût
    Université de Montpellier, Vallauris Golf-Juan, Würth France, Hôpital de Saint-Gaudens, Bourbon, Ville de Douai, Isle-sur-la-Sorgue, Morières-lès-Avignon, In Extenso, Élancourt, Fondation Hopale, La Martinière, Azenn, Trescal, Cegos, Fondation santé des étudiants de France, Transports Fatton, Oré Peinture, CPIE Gâtine Poitevine, Protectim, Marietton Développement, API, Challenge The Room, UniLaSalle, Centre François-Baclesse, Santélys, Apperton, Dirickx, Interfel, CNE, Laurent Perrier, Groupe Hopps, Bourg Saint Maurice – Les Arcs, Invicta Group, Voies navigables de France, REOREV, Fédération CINOV, Infovista,Albioma, Toshiba TFIS, Atalian, iQera, Acer Finance, Berger-Levrault, Otago Productions, Axa (Asie), Stelliant, Mauffrey, Fraikin, Arca Assurances, Iserba, Despretz, STAM, Funbreak, Le Volcan, Syndex, V2 Location, Alma SAS, Cabinet Remy Le Bonnois, AssurcoproAqualung Trading, Tendriade, Saint-Avold Synergie, Pont-Saint-Esprit, PRB, Camaïeu, Demarne Frères, Cerba, Arketeam, Deux-Sèvres Habitat, 4murs, Au forum du bâtiment SAS, Brangeon Groupe, Cerfrance Côtes d’Armor, SEPUR, Maître Prunille, Voltalia, Groupe Traon Industrie Développement, Inserm Transfert, Imprimerie Lamazière, Epsilon Hydraulique, Always International, Assurances et Courtage Lyonnais, Alltech France, Lenaja, Groupe Confiance Immobilier, Xefi, CCI Bordeaux-Gironde, Assu2000, VillepinteGroupe PCM, Fichorga, Keyrus, Royatonic, Centre Hospitalier de Périgueux, Erstein, Aris-Services, MHR, Socoplan, CGP Industries, Six cabinets d’avocats, Groupe Profil, Elven, Résidence Les ChâtaigniersCentre Hospitalier d’Arles, Solware, L’Argus, AssurOne, Luçon, Alispharm
    SeptembreOctobreNovembreDécembreRansomwares
    Vivea, Telecom Sud Paris, Annoncez-vous, La Martiniquaise, Cromology, Steel Projects, Champagnes & Châteaux, LinkOffice, Conflans-Saint-Honorine, Fugybat, MaitrexÉditeur de solutions de billeterie, Bolbec, Transports Verlhac & Fils, Portalp, Courtoise Motors, Sides, Communauté de communes Sarrebourg Moselle-Sud, La Secan, Association des personnels d’Airbus, Trujas SAS, Cabinet Font Guillot, Audras & Delonnois, VKP, Neofidelys, Paris Society, Cabinet Cazenave, Lycée de la Joliverie (44), IDF Habitat, Un centre de radiothérapie à Melun, Fauveder, Polyclinique Bordeaux Nord, Greggio SAS, Communauté de communes Pays d’Apt Luberon, Saint Affrique, Troyes Aube Habitat, Idline, Prestataire du Cannet des Maures, Istres,Un CFA d’Essonne, Groupe Avril, April, Fandi, CEPI Management, Dalloyau, Jean Floc’h, Chryso, Bureau d’étude thermique Saison Paragot (Chartres), GPV France, Eduservices, Bureau Veritas, Syndicat intercommunal informatique de Bobigny, Orchestra, Annecy, Verlingue, LDLC, Agglomération du Grand Guéret,Montceau-les-Mines, SVP Information Décisionnelle, Promhotel, Sud Trading Company, Chantelle, Fittingbox, Ressort Masselin, Mr Bricolage (44), Inetum, Château-Thierry, La liste du mois d’avril à décembre est très longue, et reste imbuvable même en tableau. La communauté d’agglomération Est Ensemble54bb47h, AlphaVM, Arvin Club, Astro Team, AtomSilo, Avaddon, AvosLocker, Babuk, BlackByte, Bl4ckt0r, BlackMatter, Black Shadow, Bonaci Group, CL0P, CONTI, CoomingProject, Cuba, Darkside, DoppelPaymer, Entropy, Everest, Grief, Groove, Haron, Hitler, Hive, Hotarus, Karma Leaks, LockBit 2.0, LockData Auction, Lorenz, LV BLOG, MBC, Midas, Moses Staff, Mount Locker, Nefilim, NONAME, N3tw0rm, Pay2Key, Payload.bin, Prometheus, Pysa, Quantum, Ragnar_Locker, Ragnarok, Ranzy/AKO, RAMP, RansomEXX, REvil, Rook, Snatch, Spook, Suncrypt, SynACK, Vice Society, XING Team…
    La liste du mois d’avril à décembre des victimes est si longue, qu’elle reste imbuvable même en tableau. La communauté d’agglomération Est Ensemble Grand Paris finit l’année aux prises avec une cyberattaque (27 décembre) révèle LeMagIT.

    La dernière faille est connue sous Log4Shell. L’année 2022 se doit d’être éducative pour le surf sur l’Internet et les manières de se protéger, d’autant que les opérateurs derrière les ransomwares sont toujours à la recherche de la faille.

  • Élèves et écoles cyberattaqués aux USA

    Élèves et écoles cyberattaqués aux USA

    Le malheur des uns fait le bonheur des autres, stipule l’adage : les criminels profitent de la pandémie, sans scrupules. Le FBI mentionnait une augmentation significative des vols de données envers les étudiants, les enseignants comme les établissements entre août et septembre 2020 avec la cyberattaque du district de Clark, dans le Nevada. Ces attaques se perpétuent encore aujourd’hui, comme celle du district d’Hanover, en Pennsylvanie, début mars 2021, sans connaître la date de fin, si elle existe.

    Dans un rapport du Bureau fédéral d’investigation (NDLR : Federal Bureau of Investigation, FBI) publié sur son site officiel, il est indiqué que les cybercriminels « volent et menacent de divulguer au public des données confidentielles sur les étudiants à moins que les institutions ne paient une rançon ». L’agence de sécurité américaine avait reçu des rapports depuis le début de l’année 2020, mais de janvier à juillet, le vol de données liées à l’enseignement en ligne avait représenté 28 % de toutes les attaques de ransomware signalées aux États-Unis.

    Augmentation des cyberattaques aux États-Unis

    L’augmentation entre août et septembre s’est produite dans plus d’une douzaine d’entités et, dans de nombreux cas, les établissements d’enseignement ont accepté de payer la « rançon ». L’agence pour la cybersécurité et la sécurité des infrastructures (CISA) et le Multi-State Information Sharing and Analysis Center (MS-ISAC) collaborent dans la lutte contre ce fléau.

    Selon le FBI, les cybercriminels ralentissaient l’accès aux vidéoconférences pour forcer les verrous menant à des informations sensibles. Dans certains cas, ils « rendent les systèmes inaccessibles pour les fonctions de base, en utilisant des tactiques précédemment exploitées par les entreprises et l’industrie ».

    Ils utilisaient des noms d’élèves absents de la classe pour participer à la vidéoconférence, racontaient des témoins à l’agence fédérale. « Les criminels harcelaient verbalement les élèves et les enseignants, leur montraient des images pornographiques et violentes, pour les faire chanter », raconte le journal mexicain Excelior le 13 décembre 2020. (Crédits : DR)

    Puis, toujours selon l’agence d’investigation outre-Atlantique, ils incitaient les victimes à révéler des informations personnelles (mot de passe, informations bancaires, date de naissance, nom…) à travers un courriel piégé. Dans le but que les personnes ciblées se rendent sur un site Web compromis avec un logiciel malveillant. Ainsi les cinq variantes de ransomware les plus courantes identifiées par le FBI sont : Ryuk, Maze, Nefilim, AKO et Sodinokibi/REvil.

    Attaques par déni de service

    « Les opérateurs considèrent les écoles comme des cibles attrayantes, et ces types d’attaques devraient se poursuivre tout au long de l’année scolaire. Ces problèmes seront particulièrement difficiles pour les écoles qui font face à des limitations de ressources », ont averti la CISA et le FBI dans leur rapport du mois de décembre 2020. « Dans ces attaques, les opérateurs ciblent les systèmes d’information des écoles, ralentissant l’accès et, dans certains cas, rendant les systèmes inaccessibles pour les fonctions de base, y compris l’enseignement à distance. Adoptant des tactiques précédemment utilisées contre les entreprises et l’industrie, les acteurs du ransomware ont également volé – et menacé de divulguer au public – des données confidentielles sur les étudiants, à moins que les établissements ne paient une rançon », martèlent les agences.

    Ce que confirme le 28 septembre 2020 l’article du Wall Street Journal : « Certains districts ont payé des rançons, le Journal ayant trouvé des exemples allant de 25 000 à plus de 200 000 dollars, décidant que la reconstruction des serveurs est plus coûteuse, et pourrait retarder l’apprentissage pendant des semaines. » Le comté de Clark, dans le Nevada, est le plus grand district scolaire touché par des cybercriminels durant la pandémie de Covid-19.

    Les pirates auraient divulgué les numéros de sécurité sociale, les adresses et les informations sur la retraite des employés du district, ainsi que des fichiers sur les étudiants comprenant leurs noms, dates de naissance, adresses, écoles et même leurs notes, soulignait le site Fast Company, après avoir eu accès au rapport. (Crédits : Ethan Miller/Getty Images)

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    Selon les agences fédérales, les pirates continueront à utiliser tout un assortiment d’outils, des attaques par déni de service aux rançongiciels en passant par les intrusions via des technologies éducatives tierces (comme les suites d’apprentissage en ligne telles que Google Classroom). Les écoles sont des lieux où la sensibilisation aux risques est faible, où le financement de la cybersécurité est minimal. Selon le FBI, tous ces phénomènes devraient se poursuivre au rythme actuel, voire s’aggraver en 2021, souligne le site Gizmodo le 5 janvier 2021.

    Le district d’Hanover ciblé

    « Plus le passage à l’enseignement à distance se généralise, plus les attaques vont se multiplier […] », avait déclaré Dave Ring, chef de la section cyber du FBI, à ABC News. Le 2 mars 2021, lors d’une réunion virtuelle du conseil scolaire d’Hanover en Pennsylvanie, le surintendant Nathan Barrett déclarait que l’établissement avait subi une attaque des systèmes d’information, comme les voisins les plus proches.

    Lycée, USA, cyberattack

    Le complexe de la démesure est un district scolaire public de taille moyenne situé dans la Wyoming Valley, il s’étend sur environ 78 km2.

    Les criminels profitaient de la pandémie et de l’enseignement à distance pour opérer. « Le district a connu des problèmes intermittents d’Internet lundi et mardi », a déclaré Nathan Barrett. Le manque de surveillance et d’hygiène informatique, couplé aux objets connectés, suffisent parfois. La pandémie, et les mesures de confinement ont fait le reste.

    (Crédits : Capture d’écran)

    Le président du conseil scolaire, John Mahle, a contacté la Garde nationale de l’armée pour enquêter avec sa division des cyberopérations nationales « afin d’identifier les points problématiques », relatait Michael Buffer dans « The Citizens’ Voice ». Ils annonçaient en parallèle un plan hybride de cours en ligne et en présentiel dès le 22 mars 2021.