Étiquette : Moyen-Age

  • Il me bassine depuis qu’il en pince pour elle

    Il me bassine depuis qu’il en pince pour elle

    Deux expressions en une seule phrase qui semblent sorties d’un vieux livre de nos grands-parents. Ce qui pourrait se traduire « il me soûle avec son crush ». Sauf que dès maintenant la drague que connaissaient certains, nés au siècle dernier, a très légèrement évolué. Du « snap » à « IG », les premiers contacts s’effectuent par smartphone interposé. Mais connaissez-vous l’origine de ces deux expressions ? Allons de ce pas trier les informations sur le volet.

    Lors du repas dominical, la famille s’était retrouvée tout autour de la table à Berd’huis. L’occasion d’un partage de plats mijotés et de vins de bourgogne qu’affectionne tout particulièrement Jean Peupluh, le colocataire de la cadette. Ce fameux gourmet ne tarit pas d’éloge sur les vins, mais pas que.

    « Depuis sa rencontre avec Elle Mkasselépié, il me bassine. Il me sort des disquettes, désolé, des expressions sorties de nulle part », souffle la cadette à table.

    Disquette s’interroge Sépa. Les regards se croisèrent malicieusement, pour s’arrêter sur lui.

    « Quoi ?!? Je n’ai rien dit ».

    « Justement, c’est quoi son expression… euh… tu sais à chaque fois qu’il a un crush », questionne la cadette

    « Un crush ? »

    « Oui, quand il est amoureux »

    « Ah, quand il dit j’en pince pour elle ? »

    « Voilà, ça sort d’où sérieusement, plus personne à part lui n’utilise ça »

    Il n’en faut pas plus pour que Sépa ne commence à partager ses connaissances. Alors en « pincer pour quelqu’un » c’est assez étrange en fait. Lorsque tu as des papillons dans le ventre, c’est que ton cœur vibre. Hé bien, c’est la même chose. La personne en face de toi est un musicien qui fait vibre ta corde sensible. Le musicien pince parfois ses cordes, l’amour pince aussi parfois.

    D’autres proposent une autre version. Ça M’intéresse explique que le verbe « pincer » se rapprocherait selon certains linguistes du verbe « pinsier » qui, au XIIIe siècle, avait la signification de « peloter » ou de « caresser ». (Crédits : Desiree/Pixabay)

    « Et tu dis qu’il te bassine », s’amuse Sépa

    Savais-tu que bassiner quelqu’un vient d’une petite bassine coiffée d’un couvercle dans laquelle on déposait des braises ? Comme j’ai pu te raconter que petit, ma grand-mère mettait une brique à chauffer, l’entourait de papier journal, avant de la déposer à mes pieds sous l’édredon gigantesque. La bassinoire, c’est son petit nom, servait à chauffer le lit. Donc bassiner quelqu’un c’est échauffer son esprit, le titiller comme avec une bassinoire.

    Certains vont reconnaître cet ustensile qui trône chez vos grands-parents, ou dans le grenier des parents, vous savez ce qu’est désormais une bassinoire. Elle peut être détournée de son usage premier pour faire chauffer des châtaignes. (Crédits : DR)

    « Comment sais-tu tout ça », s’étonne la cadette

    « À force de trier sur le volet les informations »

    « Qu’est-ce que c’est encore que ça ? », s’étonne la cadette

    Alors rapidement, avant que le ragoût ne soit trop froid, cette expression vient du Moyen Âge. Le volet est un voile en tissu qui servait pour trier les graines. Au XVe siècle, le tissu devient assiette de bois dans laquelle on triait les pois et fèves. « Et sinon, c’est quoi une disquette ? »

  • Meilleurs vœux pour l’année 2023

    Meilleurs vœux pour l’année 2023

    Il ne reste plus que quelques jours, jusqu’au 31 janvier pour annoncer ses vœux. Tout commence par le fameux décompte d’avant minuit « 10… 9… 8… 7… 2… 1… Bonne année ». Oui vous l’avez tous encore en mémoire. On s’embrasse sous le gui, s’offre des étrennes, on mange 12 raisins au son des cloches au Mexique… Vous souhaitez à ceux qui vous sont chers la réalisation de chacun de leurs vœux, de la joie, bonheur, santé, richesse, etc. Mais savez-vous d’où viennent ces fameux « vœux » que nous souhaitons à tous ceux que nous apprécions ?

    Revenu du tournoi de tennis où le beau-fils de Phot était battu à plate couture, Sépa s’en allait assister aux vœux du Maire de la commune. Sur le peu de chemin, qui sépare la demeure de la mairie, Mme Kharéson voyait son époux se torturer l’esprit.

    « Tu me raconteras une fois la cérémonie terminée et les petits fours mangés, mais pas avant » sourit-elle.

    « Je n’ai encore rien dit », s’exclama -t-il

    « Oui, c’est vrai. Je prends les devants ».

    Le discours fut assez court, l’édile souhaitait surtout profiter des petits fours, du champagne, de la clairette de die ramenée de son voyage en Drôme.

    M. Phot ne put s’empêcher de se plonger dans ses livres, une fois de retour à la maison pour connaître l’origine du mot vœu.

    Il faut attendre le XVIe siècle pour que « ce que nous appelons promesse entre les hommes est nommé vœu au regard de Dieu » (Littré/Calvin, Instit. 1007). (Crédits : Heike/Pixabay)

    Dans la première moitié du XIIe siècle, le vœu est « une prière de louange, de supplication adressée à Dieu », peut-on lire dans le Trésor de la langue française. Puis au cours des années 1176-1181, il devient une « promesse faite à soi-même, une résolution » (Chrétien de Troyes, Chevalier Charrette, éd. M. Roques, 6002). Il reste religieux dans son sens premier. Le vœu est une « promesse faite à Dieu, par laquelle on s’engage à quelque œuvre que l’on croit lui être agréable, et qui n’est point de précepte. », relate Le Littré. Il est au Moyen-Age une promesse que personne ne peut rompre.

    « Au fait tu as reçu une carte de vœux de la part de Murielle ton amie mexicaine, s’écrit M Phot. Tu savais que les cartes sont nées au Royaume-Uni, dans les années 1840. Ce n’est que plus d’un siècle après sa naissance qu’elles se colorent et deviennent plus originales. »

    « Chouette, merci. Ah ! Je ne savais pas. »

    « De quoi ? », s’étonne Sépa.

    « Elle raconte qu’au Mexique, ils mangent 12 raisins au son des cloches pour le décompte de la Saint-Sylvestre. Elle me raconte que c’est la tradition la plus populaire. Le plus dur est de faire 12 vœux, manger 12 raisins, durant les 12 coups de cloches… sans s’étouffer. »

    « Bonne et heureuse année », de la part de nous tous.