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  • « À la recherche des causes de la vie chère »

    « À la recherche des causes de la vie chère »

    Quel titre ronflant, qui n’a jamais eu autant d’échos qu’aujourd’hui ! Sauf que ce titre est celui du quotidien Le Matin, du 16 novembre 1923, il y a cent ans. Il suffit de faire l’expérience d’un passage en caisse de supermarché pour se rendre compte de la similitude. Les causes selon les avis et personnes diffèrent. Il suffit de voir durant la crise due au SARS-CoV-2, la pénurie de produits, malgré le travail sans relâche des chauffeurs routiers. La récession de la motte de beurre défrayait les chroniques, il est devenu de l’or.

    L’inflation est la seule courbe qui semble monter inéluctablement. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les coûts de la vie ont augmenté entre janvier 2022 et janvier 2023 de 6 %. Dans son rapport du 15 novembre 2023, l’indice des prix à la consommation (IPC) augmente durant le mois de 0,1 %, mais de 4 % sur l’ensemble de l’année. Pour voir un bilan mensuel de l’Insee positif à la lecture, il faut remonter en octobre 2020 : « Les prix à la consommation sont stables sur un mois et sur un an. » Dans l’Histoire de France, le pain possède une place privilégié, de la Révolution française à aujourd’hui, un baromètre à lui tout seul.

    L’inflation, désormais connue de tous, est selon le dictionnaire de l’Académie française le « phénomène économique caractérisé par une hausse des prix générale et durable |…] ». L’Insee ajoute que c’est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par la fameuse augmentation. Mais il faut la différencier de l’augmentation du coût de la vie.

    Le montant de cette inflation est de 6 %, sauf que c’est une moyenne. Selon France inflation, l’indice des prix à la consommation ont crû depuis 2015 de 18 %.

    L’énergie a bondi de 60 %, l’alimentation de 31 %, les services de 13 %, les produits manufacturés de 5 % et la palme va au tabac avec 71 %.

    (Crédits : France-Inflation)

    L’IPC ou le « coût de la vie »

    Ce fameux coût de la vie fait vraiment parler. Lorsque les anciens, qui ont connu le franc, les cabines téléphoniques, les baladeurs, le gazole à moins d’un euro… parlent, ils disent c’était mieux avant. Ont-ils raison ? La période de crise due au SARS-CoV-2 a bouleversé les marchés laitiers et pas que. Le prix des produits de première nécessité ne cesse de croître.

    L’indice est calculé chaque mois par l’Insee. Il existe pour mesurer l’évolution générale des prix des biens et des services consommés par les Français. La prochaine publication au Journal Officiel est le 15 décembre 2023. « Il permet d’adapter sa consommation pour une meilleure maîtrise de ses dépenses et de son pouvoir d’achat. » Merci, sans cette définition je serais perdue pour gérer mes dépenses !

    Ce fameux indice, hors tabac sert à l’indexation de nombreux contrats privés, les retraites, à revaloriser le SMIC selon trois catégories souligne le site WEB du service public : ensemble des ménages — hors tabac, ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé — hors tabac, ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie — hors tabac.

    (Crédits : Alexa_Fotos/Pixabay)

    L’évolution des prix

    Ce qui semble anormal ou illogique est de passer faire ses courses aux supermarchés en comparant son chariot. La quantité de produits achetés semble dérisoire au vu du prix final, surtout quand vous n’avez pas changé vos habitudes de consommations. Pour comparer les prix, il faut avoir une base : le salaire minimum de croissance (SMIC). En 1980, au commencement le montant brut est de 2317,42 francs. Le SMIC en 1992 est de 5629,39 francs (858,20 €), en 2023 1747,20 euros, soit 11 460,88 francs. Il était de 1521.22 euros brut en 2019.

    ProduitsPrix en euros% du SmicPrix en euros% du SmicPouvoir d’achat en euros% du SmicEvolution
    Baguette de pain (1 kg)2.12 (1992)0.2474.06 (2023)0.2321380.49 (2022)0.294+26,72 %
    Lait pasteurisé entier (1 l)0.84 (1992)0.0971.21 (2019)0.0791284.60 (2019)0.094+18.98 %
    Beurre extra fin (250g)1.39 (1992)0.1612.20 (2019)0.1441284.60 (2019)0.171+18.75 %
    Huile d’olive vierge extra (1 l)4.54 (1992)0.5297.43 (2019)0.4881284.60 (2019)0.578+18.44 %
    Carottes (1 kg)0.83 (1998)0.0962.08 (2023)0.1361284.60 (2019)0.161+18.38 %
    Sucre en morceaux (1 kg)1.10 (1992)0.1280.98 (2019)0.0641284.60 (2019)0.076+18.75 %
    Gazole (1 l)0.54 (1992)0.0631.91 (2023)0.1091380.49 (2022)0.138+26.06 %
    Supercarburant 98 (1 l)0.77 (1992)0.0891.94 (2023)0.1111380.49 (2022)0.140+26.12 %
    Place de cinéma5.18 (1992)0.60310.30 (2023)0.5891380.49 (2022)0.746+26.65 %
    Consultation médecin généraliste22.79 (1992)2.65525.00 (2023)1.4301380.49 (2022)1.810+26.57 %
    Paquet de cigarettes (20)1.50 (1992)0.17411.50 (2023)0.6581380.49 (2022)0.833+26.59 %
    Timbre (vert)0.33 (1992)0.0381.16 (2023)0.0661380.49 (2022)0.084+27.27 %
    Lorsque l’on compare les prix en fonction du SMIC entre 1992 et 2023, ils sont stables. Sauf si vous prenez en compte la valeur du pouvoir d’achat déterminée par l’Insee. L’évolution montre l’écart entre le pourcentage du SMIC en 2019 et 2023, et la valeur du pouvoir d’achat. (Les montants indiqués des prix sont des moyennes)

    La part des intermédiaires dans le coût de la vie

    Le coût des carburants possède une part dans les prix, la chute de la valeur de l’euro début 2021 où il s’échangeait à 1, 22689 dollars pour atteindre 0, 9749 en septembre 2022. Depuis il est remonté timidement au-dessus de un euro. Mais comment expliquer qu’il est préférable, économiquement de faire venir un produit par bateau ? Le coût de revient de sa production est moins cher qu’en France. Que dire de la qualité ?

    Les lecteurs du quotidien Le Matin s’interrogeaient, « Si la vie renchérit, la faute n’en est-elle pas à l’augmentation des tarifs des transports ? » Dans le tableau dressé le 16 novembre 1923 le prix de transport est celui fixé par les chemins de fer par kilogramme, puis le prix moyen est aussi en kilogramme.

    Les causes, en 2023 seraient multiples. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine, forcément celui également au proche orient entre le Hamas et Israël, l’après confinement dû au SARS-CoV-2, la relance budgétaire massive, mais également la dépréciation de l’euro face aux monnaies telles que le dollar et le franc suisse.

    Sans oublier les tensions géopolitiques avec l’énergie dite fossile, l’effet de l’offre et de la demande et sans aucun doute la politique monétaire des baques centrales. L’inflation touche toute l’Europe. Pour encore combien de temps ?

    (Crédits : Le Matin/BnF/Gallica)

  • Quand le réchauffement climatique affecte le prix des protections périodiques …

    Quand le réchauffement climatique affecte le prix des protections périodiques …

    Une information périodique que les femmes seules peuvent comprendre. Entre les tampons avec applicateur, les serviettes hygiéniques, les cups, les culottes menstruelles… le budget mensuel est non négligeable. Tous usent du coton, comme les cotons-tiges, les tissus, la bonneterie, la passementerie. Mais c’était sans compter la hausse des températures sur terre. Que vous croyiez ou non au réchauffement climatique, peu importe, les faits sont là. La sécheresse fait chuter la production du coton, donc sa rareté fait grimper les prix.

    Troisième pays producteur derrière la Chine et l’Inde, les États-Unis ont vu la production du coton upland chuté. « Les cultivateurs de coton du Texas ont subi des pertes record en raison de la chaleur et de la sécheresse l’année dernière », explique un article du New York Times. À lui seul l’état du Texas produit la moitié des USA en coton. L’enquête poursuit en soulignant que « les agriculteurs texans ont abandonné 74 % de leurs cultures, soit près de six millions d’acres, en raison de la chaleur et de la sécheresse du sol, caractéristiques d’une méga-sécheresse aggravée par le changement climatique. »

    La sécheresse affecte la production agricole, dans n’importe quel pays sur terre. (Crédits : Sven Lachmann/Pixabay)

    En septembre 2022, un article de La Presse au Canada évoquait déjà le problème de sécheresse. Les estimations étaient catastrophiques. La production américaine atteint le niveau le plus bas depuis 2015, en baisse de 21 % sur un an, et le Texas subit une chute de 58 %, selon les dernières estimations du ministère américain de l’Agriculture.

    La production en milliers d’acres de coton upland entre 1970 et 2013. L’acre est une unité de mesure de superficie utilisée en Grande-Bretagne et en Irlande. En France elle l’était particulièrement en Normandie. Elle est toujours utilisée aux États-Unis comme au Canada, elle vaut environ 40,46 ares, soit 4 046 m2. (Crédits : ICTSD)

    Dans le nord-ouest de l’État, où « le coton est roi » et l’eau rare, la récolte 2022 « pourrait être l’une des pires de ces 30 dernières années », s’inquiète Darren Hudson, professeur d’économie agricole à l’université Texas Tech. Sur la tendance de 2022 à 2031, le prix du coton devrait retrouver le prix de 2001. Pour plus de données sur l’agriculture de l’OCDE, c’est ici.

    Avant d’afficher, capsule ouverte, le coton prêt à être récolter, il existe un processus complet qui dure de cinq à six mois. (Crédits : Jim Black/Pixabay)

    Les dernières données des économistes du National Cotton Council indiquent que la superficie de culture de coton aux USA devrait baisser. Une chute de 170 % par rapport à l’année précédente pour atteindre 11,4 millions d’acres (1 acre vaut 0,405 Ha). Moins de surface, autant de demande, conclut à faire grimper le prix des tampons et serviettes hygiéniques aux États-Unis de 13 %, celui des couches lavables de 21 %. Quant aux boules de coton et les bandages de gaze leur augmentation est respectivement de 9 et 8 %.

    Sera-t-il possible d’acheter les denrées en cas d’augmentation des prix de manière exponentielle ? Car, mêmes présents dans les rayons si les prix des produits explosent, personne ne pourra les acheter. Comme durant la période de l’après 2ne Guerre mondiale, période où les tickets de rationnement étaient présents. (Crédits : France inflation)

    Tous les médias évoquent une augmentation des prix des biens de consommation, pour le mois de mars, donc les produits d’hygiène féminine aussi. « Nous allons rester à des niveaux de prix qui sont très élevés […] il n’y a aucune raison que les prix s’enflamment à partir du mois de mars », rétorque le ministre de l’Économie Bruno Le Maire sur BFMTV. Comme Libération l’explique, l’application des nouveaux tarifs pourrait engendrer une explosion des prix en grandes surfaces, malgré les déclarations optimistes de Bruno Le Maire. D’autant que les négociations annuelles entre fournisseurs et distributeurs prennent fin le 28 février 2023.

  • Il y a cent ans… la chute du Mark et la politique française

    Il y a cent ans… la chute du Mark et la politique française

    Les versements des réparations économiques de l’Allemagne sont stoppés au printemps 1922, et ne reprennent qu’en 1925. En cause l’inflation galopante. « La forte inflation est un défi majeur pour chacun d’entre nous », déclare la banque centrale européenne dans son bulletin du mois de juin 2022. Le 23 juillet 1922, cette chute était voulue raconte la presse française. « La déprécation de la monnaie permette de continuer la politique du dumping grâce à laquelle l’industrie allemande peut exporte, vendre, réaliser des bénéfices… »

    Un double effet pesait sur l’Allemagne d’après guerre. D’une part, elle devait des sommes conséquentes en réparation des préjudices subis par les « vainqueurs » de la Première Guerre mondiale. Ce qui plombait son économie. De l’autre, une guerre civile qui scindait le peuple en deux. La peur se lisait entre les lignes des journaux. « La catastrophe approche », annonçait la presse en parlant de la chute du Mark. Outre-Rhin, les gouvernants employaient le dumping, ou vente à perte. Cette stratégie consiste à commercialiser à l’étranger à un prix moindre que celui appliqué sur le marché national. L’Allemagne le pratiquait en 1922. L’Ouest-Éclair expliquait que « les industriels anglais et français sont parvenus malgré le dumping allemand à vendre leurs produits à des prix égaux ou même inférieurs à ceux des prix allemands ».

    Le 11 janvier 1923, au titre des réparations de guerre prévues par le traité de Versailles, l’armée française envahit la Ruhr. À défaut de les recevoir, les alliés se servent à la source, notamment en ce qui concerne le charbon. (Crédits : Arte/YouTube)

    Entre le créancier et son débiteur, le premier n’a aucun intérêt à voir le second faire faillite. Ici, la France et l’Allemagne. C’est dans cette optique que la France avait diligenté un contrôle des finances. Un courrier du chancelier vers le président de comité des garanties soulevait la protestation de la presse allemande. Georg Bernhardt, directeur du quotidien Vossische Zeintung déclarait que « les experts alliés n’en savent malheureusement pas davantage que les politiciens et financiers allemands à qui ils reprochent leurs ignorances. » Il faut comprendre que lesdites réparations imposées s’élevaient à 15 % de son revenu sur une durée de trente années. L’Allemagne devait payer 132 milliards de marks or, dont 52 % pour la France, soit deux ans et demi du produit national brut allemand de 1913.

    « Une monnaie ne tient pas quand elle est isolée à l’échelle du monde », Olivier Feiertag. (Crédits : Cité de l’économie/YouTube)

    Une pente vertigineuse que l’Allemagne ne remontera pas. L’hyperinflation se manifeste de façon incontrôlée et entretenue, à la fin de l’année 1922 : la pente devient exponentielle, plus une seule pièce de monnaie n’est fabriquée, la planche à billets se met en route de façon frénétique et aura même du mal à suivre. En octobre 1923, le gouvernement allemand annonce formellement sa faillite et la cessation de tout paiement.

  • Il y a cent ans… la récolte du blé inquiétait

    Il y a cent ans… la récolte du blé inquiétait

    Le blé préoccupait tant au niveau agricole que politique le 24 juin 1922. Les évaluations parues au journal officiel indiquaient un déficit de 500 000 hectares pour l’ensemble des céréales sur l’entièreté du territoire, par rapport à l’année 1921. En cause la diminution de 271 000 hectares de blé d’hiver et malgré l’augmentation de 75 000 Ha de celui de printemps, le compte n’y était pas. La surface de culture baissait, et n’augurait rien de bon quant au rendement. Comme solution, le politicien instaurait une commission…

    Le ministre de l’Agriculture, M. Chéron, suite à la victoire remportée à l’Assemblée nationale sur la politique agricole du gouvernement, s’empressa de déposer un projet de loi. Ce dernier lui accorderait le droit de déterminer, par décret rendu aux conseils de ministres, sous la IIIe République, les taux minima d’extractions des farines, tout comme le fait de ne pas incorporer l’avoine et le froment dans l’alimentation du bétail. Voyant la porte se refermer, il décida de nommer une commission. Elle devait examiner les mesures pouvant être prises pour protéger les cultivateurs et consommateurs des spéculations sur les blés et farines.

    La presse n’était pas tendre avec les politiques lorsqu’ils déterminaient de Paris, la conduite à tenir des travailleurs de la terre, surtout sans aucune consultation de ces derniers. L’inflation concernait tous les produits de la vie courante, viande, lait, beurre, pain… (Crédits : DR)

    La fluctuation des prix de ces matières premières, celle du taux de blutage (représente le pourcentage de la farine extraite) les succédanés lors des périodes de disette, mais aussi les leviers servant à l’établissement des taxes sur le pain dans les communes de France. La question de la rémunération minimale et permettant aux agriculteurs se posait déjà en 1922 : « Il est une mesure indispensable à prendre, c’est de donner au cultivateur l’assurance que son travail sera toujours rémunérateur, et ne descendra pas au-dessous du taux nécessaire pour couvrir ses frais de production », expliquait le journaliste J. Grindorge.

  • Il y a cent ans… la chute inéluctable du Mark

    Il y a cent ans… la chute inéluctable du Mark

    La hausse des prix subie en France laisse penser qu’elle soit exister aussi dans d’autre pays du vieux continent. En Allemagne, le chancelier Wirth conférait en ce 20 juin 1922, prendre des garanties pour enrayer la chute du Mark. Il est vrai que depuis le début de l’année, l’inflation s’envolait. Déjà très importante au cours des années précédentes, elle devenait incontrôlable atteignant des niveaux inouïs et jusque-là inimaginables : alors qu’elle s’établissait à 60 % en 1921, elle s’emballe en 1922 à 5 200 %, puis explose littéralement.

    Les milieux gouvernementaux de Berlin prévoyaient, selon Le Petit Parisien, dès maintenant un nouvel et prochain effondrement du mark, qui porterait le cours du dollar à 350 ou 400 marks. La nouvelle chute de la valeur aura pour conséquence directe le renchérissement de la vie, l’augmentation des salaires, accroissement de l’inflation, et rend toute réforme fiscale illusoire. Le docteur Rudolf Havenstein, président de la Reichbank s’était entretenu à ce sujet avec le chancelier Wirth. La Première Guerre mondiale terminée, les coûts des charges liées à la démobilisation militaire et économique, de la reconversion d’une économie de guerre en une économie de paix se superposaient aux prélèvements imposés par les réparations du traité de Versailles.

    La première vague inflationniste court de l’armistice à mars 1920, s’en suit une accalmie de dix-huit mois. Au printemps de 1922, l’augmentation sans frein des crédits au marché privé vient se superposer aux problèmes connectés à la gestion des réparations de guerre. En juin 1922, la planche à billets fonctionne trop, si bien que la circulation du papier-monnaie atteint le niveau de 180,2 milliards de marks, et la dette flottante du Reich 255,3 milliards. Le montant des réparations dépasse les possibilités budgétaires. Tous ces facteurs combinés aboutirent à une inflation « galopante » de juillet 1922 à janvier 1923.

    Il fallait jusqu’à une brouette pleine de billets pour acheter une boite d’allumettes. La dette flottante de l’Allemagne atteindra 191 580 465 422,1 milliards de marks (Source : Les banques et l’effondrement du Mark : la situation du système bancaire en Allemagne de 1918 à 1923. Harald Wiforth). (Crédits : DR)

    Au début de cette période, un dollar américain valait 420 marks, mais en janvier 1923 il en valait 49 000. En janvier 1922 le mark or valait 46 marks papier, 84 000 en juillet 1923, 6 milliards en octobre 1923 et 1 000 milliards en décembre 1923. L’Humanité du 23 février 1923 énumère les prix de quelques denrées et d’autres objets dits de première nécessité :

    • un œuf coûte en ce moment 400 marks
    • une livre de jambon 6 400 marks
    • une paire de chaussures 80 000 marks
    • un quintal de charbon plus de 6 000 marks, à partir de la semaine prochaine 8 000 marks
    • une livre de viande 4 500 marks
    • une livre de beurre 6 400 marks
    • la livre de café est montée à 18 000 marks ou 4 marks-or, avant la guerre, la livre de café ne coûtait que 1 mark 60
    • Une simple chemise coûte 60 000 marks…
  • Il y a cent ans… quand les réserves d’énergies fossiles questionnaient

    Il y a cent ans… quand les réserves d’énergies fossiles questionnaient

    Les Français seraient-ils, comme les autres pris pour des imbéciles ? C’est une excellente et primordiale interrogation. Le 9 juin 1922, C.-M. Savarit, journaliste à L’Écho de Paris écrivait un article sur « le gaspillage de nos réserves d’énergie ». Dans celui-ci, il indiquait s’être épanché sur la question le 20 mai. Selon les experts de l’époque, il n’y aurait plus de pétrole d’ici quinze à vingt ans. Que penser des gouvernements, des grandes compagnies, experts… au vu des prix des carburants sous couvert du conflit armé russo-ukrainien ?

    Le constat de consommation de l’or noir affolait, sachant que le combustible était devenu l’un des éléments essentiels de l’industrie moderne, en 1922. Ce qui directement ou indirectement n’a guère changé. « L’utilisation mondiale du pétrole, était en 1860 d’environ 355 000 barils — de 189 litres — est devenue, en soixante ans, presque 2 000 fois plus importante, avec 694 850 000 barils en 1920 », affirmait l’écrivain et journaliste. Les États-Unis et le Mexique fournissaient à eux deux 87,5 % de la production internationale. Il ne restait que 12,5 % pour les autres pays, à savoir la Russie (4 %), les Indes britanniques et néerlandaises (2,8 %), la Perse (1,8 %), la Roumanie (1,1 %), la Pologne (1 %) et le reste du monde (1,4 %). Le service géologique, avec les outils qu’il avait à leur disposition en 1920, estimait que « les richesses en pétrole des États-Unis sont épuisées dans la proportion de 40 % et en supposant que la consommation actuelle se maintienne, ce qu’il reste sera épuisé dans seize ans ».

    PaysVenezuelaArabie S.IranCanadaIrakKoweïtÉAURussieLibyeUSA
    Réserves en milliards de barils303,806258,6208,6170,3145,019101,597,88048,36347,107
    Production en millier par jour5959 3133 1104 4394 0852 5273 09110 1121 23811 188
    « Sommes-nous donc menacés de mourir de froid et de misère sur notre globe, par l’effet du gaspillage de nos réserves d’énergies, par la faute de l’imprévoyance de l’être humain, dans un avenir relativement rapproché ? ». (Crédits : Country Economy)

    L’homme constatait déjà qu’ils existaient des énergies bien plus puissantes : « Quel est l’unique fournisseur d’énergie sur notre globe, c’est celui qui nous fournit le pain et le vin chaque année, le Soleil, qui enlève l’eau des mers pour nous la rendre en chutes et rivières, qui continue à faire pousser les forets, comme au temps géologique […] ». Il tirait une conclusion qui quelles que soient les erreurs des experts sur les chiffres livrés, il ne résulte que depuis la seconde partie du XIXe siècle le monde a été un formidable prodigue de ses réserves d’énergies, et qu’il est grand temps qu’il mette de l’ordre dans ses affaires.

    L’écologie semble être au cœur des préoccupations politiques des législatives des 12 et 19 juin 2022 en France. Si bien que le parti récemment créé qu’est la nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES) à grand coup de communication nous amène à regarder l’évolution du climat. Ainsi à Poitiers où les élus de la commune et candidats ont marché au milieu de la rivière Le Clain, au niveau du pont Joubert pour démontrer le manque d’eau, et par ricochet l’influence de l’Homme sur la planète.

    « Nous avons un quart des départements en alerte sécheresse et puis bientôt plus pour cet été. Notre intérêt à nous, qui pensons gagner les élections législatives et donc de gouverner le pays, est de lancer l’alerte avant », explique Jean-Luc Mélenchon à la Nouvelle-République.

    En 2021, la production mondiale de lithium s’élevait à environ 100 millions de tonnes, hors USA. L’or blanc a vu sa production mondiale presque quadruplée en une décennie. La Chine en contrôlait déjà en 2018 près de la moitié à l’échelle planétaire. (Crédits : Ivan Alvarado/Reuters)

    Les gaz à effets de serre, la pollution des énergies fossiles, la sécheresse, l’évolution du climat… tout met en exergue les naturelles, dites renouvelables, comme les automobiles électriques, qui sont propres. L’État français veut développer l’automobile propre et les voitures électriques, car « réduire les émissions de gaz à effet de serre, la dépendance énergétique et améliorer la qualité de l’air en milieu urbain : c’est tout l’enjeu du développement des véhicules propres. Cette filière constitue aussi un enjeu industriel majeur pour le secteur automobile. » Or toutes batteries usent du composant qu’est le Lithium (Li sur le tableau périodique de Mendeleïev).

    Pays comptant les plus grandes réserves de lithium dans le monde en 2020. Deux des pays dans le trio de tête sont situés en Amérique latine. (Crédits : Statista)

    Les réserves mondiales, selon l’USGS (Institut d’études géologiques des États-Unis) — exploitables — étaient estimées en 2021 à 21 millions de tonnes, dont près de la moitié au Chili (9,2 Mt). Les ressources (sans tenir compte des conditions d’exploitation) sont évaluées à 86 millions de tonnes au total. Les principaux gisements identifiés sont dans le « triangle ABC » de « l’or blanc » en Amérique latine, généralement sur des lacs d’altitude « salars » : Bolivie (21 Mt estimés), Argentine (19,3 Mt) et Chili (9,6 Mt).

    Quelles sont les méthodes de production et risques pour environnement ? Elles sont de trois types :

    • Pompage de saumures chargées de lithium et évaporation pour isoler les cristaux. La méthode, largement utilisée en Amérique latine, est critiquée par les ONG pour l’assèchement des ressources hydriques qu’elle provoque dans le milieu
    • L’utilisation du procédé à base de spodumène en Europe pour isoler et purifier l’Or blanc permet d’économiser l’eau
    • Recyclage des batteries pour récupérer les métaux. Selon la Commission européenne, cela devrait permettre « de réduire les besoins en matières premières de 10 % d’ici 2040 »
    Au beau milieu du désert d’Atacama au Chili, des piscines de saumures d’une mine de lithium, le métal devenu incontournable pour fabriquer toutes les batteries des voitures électriques, des smartphones et autres appareils high-tech contemporains. L’endroit est le plus aride du monde, avec un taux d’humidité ne dépassant jamais 3 %. (Crédits : Ivan Alvarado/Reuters)

    Chaque candidat se saisit du sujet du manque d’eau et de la sécheresse à des fins politiques, vantant les mérites des véhicules à carburant électrique. Si les réserves de lithium nécessaire aux batteries, les méthodes d’extraction sont, semble-t-il, gourmandes en eau. Le pompage de saumures réclame de grandes quantités d’eau, et provoquent, selon les ONG l’assèchement des ressources hydriques comme au Chili.

    La production mondial du Lithium croît sans cesse depuis dix ans. (Crédits : Statista)

    « Environ 2 millions de litres d’eau sont évaporés pour produire une tonne de lithium. » La seconde est la fabrication de carbonate de lithium à partir de spodumène, elle est énergivore. Les concentrés de spodumène doivent être chauffés à environ 1100 °C pour le rendre plus réactif. Puis, ils sont broyés finement, mélangés à de l’acide sulfurique, chauffés à 250 °C pour produire le sulfate de lithium et, ensuite, lavés à l’eau pour dissoudre le sulfate de lithium.

  • Il y a cent ans… le ministre de l’Agriculture s’entêtait

    Il y a cent ans… le ministre de l’Agriculture s’entêtait

    Imaginez qu’un ministre aujourd’hui au XXIe siècle majore les prix des biens de consommation, quoiqu’il en coûte, ce serait un pur fantasme… En 1922, le 27 mai, cette chose est bien réelle. Après l’augmentation du prix au kilo du pain, saupoudré de formule alambiquée issue d’une joute verbale, le ministre de l’Agriculture confiant dans la vertu de ses décrets avoua que tout allait rentrer dans l’ordre, qu’il ne fallait pas s’inquiéter.

    Comme affichait le slogan d’une célèbre marque de chocolat, « et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu », mais bien sûr ! Le coût de la viande aux halles ne cessait de croître. Le bœuf passait de 50 à 100 francs, sur les demi-porcs la hausse était de 20 francs, de 100 francs sur les longes, de 50 francs sur le lard et de 70 francs sur les jambons. Quant au veau, la première qualité augmentait de 50 francs et de 150 francs pour la deuxième et troisième. Celle concernant le mouton battait tous les records, 100 francs pour la première qualité, 150 francs sur la deuxième et 200 francs pour la dernière. Le journaliste n’affichait aucune complaisance ni tendreté d’être pris pour du poulet : « Que M. Chéron se moque du consommateur, nous commençons bien à nous en douter ; mais que le consommateur accepte passivement, c’est plus singulier. »

    Le prix du pain ne cessera d’augmenter, pour atteindre 35,40 francs en 1950, mais redescendra à 35 centimes grâce à la magie de la conversion des anciens aux nouveaux francs. Est-ce la même chose que les consommateurs ont vécus en passant des francs à l’euro ? (Crédits : Ina Lübeck Hertel/Pixabay)

    De par les motifs que le ministre avait fait valoir, et suite à l’entretien que le préfet de la Seine, M Autrand avait eu avec les représentants des syndicats de la boulangerie, le prix du kilo de pain passerait à 1,05 franc au 1er juin 1922. Là ou la décision est cocasse, est que lorsque le consommateur prendra 500 grammes de pain, il devra payer 55 centimes. Mais pour que cela soit équitable, pour un demi-kilo, le client sera en droit d’exiger une pesée de 20 grammes supplémentaires.

  • Il y a cent ans… contre la hausse du prix du pain

    Il y a cent ans… contre la hausse du prix du pain

    Tandis qu’en 2022, le prix des matières premières tel le blé, le tournesol… préoccupe les marchés et surtout les consommateurs, la question de la hausse du coût du pain inquiétait chaque français le 10 mai 1922. Au point que le ministre de l’Agriculture se saisisse de cette affaire au combien délicate d’après l’histoire française, comme pouvait le constater Marie-Antoinette d’Autriche. Bataille rangée entre le gouvernement et me syndicat de la boulangerie à Paris.

    Le dossier pris au sérieux fit réunion entre le préfet de la seine, M Autrand, le directeur des services de l’approvisionnement de Paris et le ministre de l’Agriculture M Chéron. Car la boulangerie souhaitait relever le prix au kilo à 1,10 francs. Les hommes avaient diligenté une enquête sur les conditions anormales de la flambée des tarifs des différents gruaux. Le 4 mai 1922, le syndicat des meuniers de Paris portait le cours des farines à 102 francs, or le blé coûtait entre 79 et 79, 50 francs.

    Il faut dire que l’année 1920 vit la valeur du pain doublé, qui n’était que les prémices des suivantes avec l’explosion du prix. En Autriche, la population rencontrait cette hausse astronomique, passant de 75 à 316 couronnes le kilo, pour atteindre les 500 au mois d’avril. (Crédits : DR)

    Fait stupéfiant pour l’époque, le prix de la farine sautait même à 104 francs, quand dans l’identique temps, le blé chutait à 78 francs. Le syndicat des boulangers souhaitait ardemment passer le prix du pain à 1, 10 francs des le 12 mai courant. Les gouvernants ne l’entendaient pas ainsi. mais cette réflexion ne teint que cette année 1922.