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  • L’appel de l’abbé Pierre du 1er février 1954

    L’appel de l’abbé Pierre du 1er février 1954

    Il y a désormais 70 ans jour pour jour que l’abbé Pierre lançait « Mes amis, au secours ! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel avant-hier on l’avait expulsée ». Marie Joseph Henry Grouès venait sans le savoir de répandre la solidarité à travers l’hexagone. Il érigeait cinq années auparavant la fondation non confessionnelle « Emmaüs ». Comme « Les restaurants du Cœur » créé par Coluche en 1985, la générosité perdure malgré la disparition des deux hommes.

    L’hiver 1954 voit en février débarquer une seconde vague de froid. Elle concerne l’ensemble de la France. Les principaux cours d’eau gèlent. Des températures de -25 °C à Luxeuil-les-Bains et jusqu’à -13 °C à Paris. Dans le sud de la France, le Languedoc-Roussillon se couvre de son manteau blanc. Il tombe 85 cm de neige à Perpignan, et 30 cm à Montpellier.

    Mes amis, au secours

    « Chaque nuit ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu », continuait l’abbé Pierre. C’est par cet appel vibrant que Marie Joseph Henry Grouès, dit l’abbé Pierre sensibilise la population française et les pouvoirs publics au sort des plus démunis. « Il faut que ce soir même dans toutes les villes de France […] dans la nuit à la porte de lieux où il y ait une couverture, paille, soupe […] toi qui souffres qui que tu sois, entre, dort, mange, reprend espoir, ici on t’aime »

    Un cri pour la dignité des sans-abris

    C’est avec la voix emplie d’émotion et de conviction qu’il expose la réalité des personnes vivant dans la rue. Entre le froid mordant qui engourdit leurs membres et les nuits passées sous les ponts ou dans des abris de fortune insalubres, personne n’est épargné. Il met en lumière ceux qui en manquent, et souligne que cette détresse touche toutes les catégories sociales, hommes, femmes et enfants.

    L’appel radiophonique au Journal parlé de la RTF que l’abbé Pierre lira lui-même sur Radio-Luxembourg. Le 1er février 1954, résonne encore 70 ans après. Il n’existe aucune version sonore authentique dudit appel de 1954, l’abbé Pierre l’enregistrera donc celui-ci le 4 octobre 1993. (Crédits : Emmaüs international/YouTube)

    Cet appel suscite une solidarité nationale à travers une mobilisation générale, pour venir en aide aux sans-abris ainsi qu’aux mal-logés. Des milliers de personnes répondent en proposant des hébergements temporaires ou en faisant des dons pour soutenir les actions d’Emmaüs.

    Plaidoyer pour la dignité humaine

    Il n’existe pas de limite dans l’exposition du problème : il propose une solution concrète. L’abbé Pierre appelait tous ceux qui possèdent un logement vacant à ouvrir leurs portes aux sans-abris, aux expulsés. L’impact est immédiat et immense. Des milliers de personnes proposent des hébergements temporaires, d’autres font des dons pour soutenir les actions d’Emmaüs. La solidarité nationale dépasse les clivages sociaux et politiques.

    De nombreux décès dus au froid ont lieu cet hiver 54, dont des nourrissons. (Crédits : Fondation Abbé Pierre)

    Les paroles suivent les écrits de l’abbé Pierre. Comme Zola pour l’affaire Dreyfus, l’abbé Pierre écrit à Maurice Lemaire, ministre de la Reconstruction et du Logement. Une lettre que Le Figaro publie le matin du 5 janvier 1954. « Monsieur le Ministre, le petit bébé de la cité des Coquelicots, à Neuilly-Plaisance, mort de froid dans la nuit du 3 au 4 janvier, pendant le discours où vous refusiez les “cités d’urgence”, c’est à 14 heures, jeudi 7 janvier, qu’on va l’enterrer. Pensez à lui. Ce serait bien si vous veniez parmi nous à cette heure-là. On n’est pas des gens méchants… »

    Une misère toujours d’actualité

    Suite à cette mobilisation sans précédent, des mesures sont prises, bon gré mal gré par les politiques pour améliorer la situation des sans-abris. Des centres d’hébergement d’urgence sont ouverts, des programmes de rénovation urbaine voient le jour et une législation plus protectrice est mise en place. Mais le temps politique semble comme celui de la théorie de la relativité restreinte d’Albert Einstein : relatif.

    Comme dans le village charentais de Mazerolles, les panneaux d’entrée et de sortie des communes de France transmettent un message : « Nous marchons sur la tête ».
    L’individualisme a pris place en remplacement de la solidarité, de l’entraide, comme le mouvement des agriculteurs le démontre, rien ne va plus. (Crédits : Romuald Pena)

    L’appel déchirant de l’abbé Pierre du 1er février 1954 a marqué un tournant dans la conscience collective sur la situation des sans-abris et mal logés en France. Il a suscité une mobilisation nationale et a permis d’obtenir des avancées significatives dans la lutte contre le mal-logement. En 2023, le nombre de personnes sans domicile était estimé à 330 000 et de plus de 4, 15 millions de mal-logés en France. C’est « l’inaction du gouvernement » qui est dénoncée explique le journal Ouest-France en 2023. Côté « Restaurants du cœur », 171 millions de repas ont été distribués en 2023. Les constats sur le pétrole comme la sécheresse se retrouvaient déjà en Une des journaux en 1922, la misère de même. Les Hommes politiques varient comme le printemps, l’été, l’automne et l’hiver, mais rien ne semble changer quant aux difficultés rencontrées par la population française, que cela soit en 1954 comme en 2024.

  • Sartrouville et Oniris l’école vétérinaire de Nantes victimes de cyberattaques

    Sartrouville et Oniris l’école vétérinaire de Nantes victimes de cyberattaques

    La rentrée pointe le bout de son nez que l’actualité démontre que les cyberattaques n’ont pas pris de vacances. Alors que la ville d’Angoulême se met petit à petit en ordre de marche, c’est la ville de Sartrouville qui fait les frais du ransomware Medusa depuis le jeudi 17 août 2023. L’école vétérinaire de Nantes est aussi victime d’une attaque cybernétique, mais déclarée le 7 août. L’attaque n’est pas encore revendiquée par les opérateurs derrière cette opération criminelle.

    La mairie de la première ville de Charente affiche le tempo. L’attaque dont elle a été victime dans la nuit du 24 au 25 juillet 2023 mobilise encore les services. Depuis la mi-août, la mairie informe que deux logiciels ont été réinstallés. Mais que parallèlement les investigations se poursuivent. Alors que les manifestations de la commune vont attirer de nombreuses personnes. En premier, la 16e édition du film Francophone d’Angoulême du 22 au 27 août et du circuit des remparts lors du week-end des journées du patrimoine.

    La ville et l’agglomération de Grand Angoulême ont été victimes toutes deux de la cyberattaque. La reprise se fait tout en douceur, et peut prendre plusieurs semaines, voire des mois. Le communiqué de la ville affirme que 250 serveurs étaient touchés. Comme la ville de Lille qui malgré l’antériorité de l’attaque, continue de souffrir. (Crédits : Grand Angoulême)

    Sartrouville victime de Médusa

    Le jeudi 17 août 2023, la commune des Yvelines subit une cyberattaque par le ransomware Médusa. Dans le communiqué de presse, l’édile, Pierre Fond affirme que « nous tenons à assurer nos citoyens que toutes les mesures nécessaires ont été prises pour résoudre cette situation dans les plus brefs délais. Notre équipe informatique travaille sans relâche pour rétablir l’intégralité de nos services. […] ». Une plainte a bien sûr été déposée auprès de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC).

    Sur le site de fuite de Médusa, des preuves viennent corroborer la cyberattaque. La possibilité de naviguer dans l’arborescence du site, et même d’en télécharger l’arbre. Le montant de la rançon demandé est de 500 000 dollars. (Crédits : capture d’écran/Médusa)

    Dans l’arbre d’arborescence se retrouvent des documents sur les food-trucks, les subventions, des rapports sur la vidéoprotection… Les données auraient été chiffrées. La mairie souligne que l’impact a été « limité grâce à leur vigilance et à la rapidité d’intervention » en parlant des équipes techniques.

    L’école vétérinaire de Nantes touchée

    L’école vétérinaire Osiris de Nantes essuie une cyberattaque. Elle s’est déroulée le 7 août informe Ouest-France. Au stade de l’enquête, seul un « serveur comprenant un annuaire des personnels de l’établissement, avec comme seules données les noms, prénoms et adresses mail professionnelles » auraient été copiés, explique la communication d’Oniris. L’attaque n’a pas été encire revendiquée. Une plainte a également été immédiatement déposée auprès de l’OCLCTIC.

    L’école nationale vétérinaire, agroalimentaire et de l’alimentation de Nantes, Oniris subie une cyberattaque depuis le lundi 7 août. Une plainte a été déposée auprès des forces de l’ordre, ainsi qu’une notification auprès de la CNIL. (Crédits : Oniris-Nantes)

    « Nous avons verrouillé tout notre système informatique », se veut rassurant Oniris. La communication insiste que « les membres ont été prévenus que leur adresse e-mail Oniris était pour le moment inutilisable ; aucun mail ne peut être reçu ni envoyé. »