Étiquette : Apple

  • Une faille dans le réseau Find My de Apple

    Une faille dans le réseau Find My de Apple

    Des chercheurs de l’université George Mason ont découvert un moyen, pour quiconque, de localiser quasiment n’importe qui, ou plus précisément quelques ordinateur ou appareil mobile. Ils baptisent cette faille « nRootTag ». Cette attaque utilise l’adresse Bluetooth d’une machine combinée au réseau Find My d’Apple pour transformer les appareils cibles en balises de localisation involontaires. Une trouvaille de taille qui pourrait ravir les services de police à travers le monde, comme toute personne malveillante usant de phishing, de ransomware.

    Pour comprendre l’impact, il suffit de simplifier. « Cela revient à transformer n’importe quel ordinateur portable, téléphone ou même console de jeu en Air Tag Apple, sans que le propriétaire s’en rende compte », explique Junming Chen, auteur principal de l’étude. Hacker quelque chose est le détourner de son utilisation première, dans un contexte général.

    Trouve-moi… si tu veux

    L’histoire possède un relent de déjà-vu. Auparavant en 2021, des individus malintentionnés détournent l’utilisation première d’un Air tag. Quelques mois plus tard, une personne télécommande des voitures de marque Tesla, situées aux États-Unis, à partir d’un smartphone au Portugal. « Et le pirate peut faire tout cela à distance, à des milliers de kilomètres de distance, avec seulement quelques dollars ». L’équipe de Qiang Zeng et Lannan Luo, professeurs associés au département d’informatique de l’université George Mason, ainsi que Chen et Xiaoyue Ma, doctorants ont découvert que l’attaque fonctionne en faisant croire au réseau Find My d’Apple que l’appareil cible est un AirTag perdu.

    Table, œuf, fourchette

    L’Air Tag est un IoT que vous pouvez accrocher à un autre précieux à vos yeux : votre porte-monnaie, clefs… peut-être votre vie privée, voire bien, plus. Ici, l’AirTag envoie des messages Bluetooth aux appareils Apple situés à proximité, qui relaient sa position à son propriétaire pour qu’il puisse le localiser. Rien d’anormal, jusqu’ici.

    La méthode d’attaque des chercheurs peut transformer un appareil (ordinateur de bureau, smartphone, IoT) en « AirTag » sans l’autorisation d’Apple. C’est alors que ledit réseau commence à le suivre.

    Ainsi dans le protocole, ils ont été en mesure de faire des expériences « pas piquées des hannetons ». Après avoir contourné le chiffrement des adresses Bluetooth d’Apple, via d’une grande puissance de calcul, la cyberattaque est active.Ils localisent un ordinateur stationnaire à trois mètres près, suivent l’itinéraire d’un vélo électrique en mouvement, reconstituent la trajectoire exacte et identifient le numéro de vol d’une console de jeu embarquée dans un avion.

    « Si le piratage de votre serrure intelligente est effrayant, il l’est encore plus si l’attaquant connaît également son emplacement. Avec la méthode d’attaque que nous avons introduite, l’attaquant peut y parvenir ».

    Ce qui est inquiétant est hormis le taux de réussite est de 90 % et la capacité à suivre les appareils en quelques minutes, c’est que cette technique ne nécessite pas d’augmenter ses privilèges d’utilisateur à administrateur ou « root ». Procédure somme toute habituelle pour un tel accès au système.

    (Crédits : Omran Jamal/Pexels)

    Les chercheurs ont d’ores et déjà averti la firme à la pomme en juillet 2024, dont une mise à jour de sécurité à suivi. Ils ont démontré que l’attaque fonctionne également sur les ordinateurs et les appareils mobiles sous systèmes Linux, Android et Windows, ainsi que sur plusieurs téléviseurs intelligents et casques VR. Ce qui est préoccupant est les conséquences possibles sur la vie privée. Des personnes malveillantes pourraient facilement employer cette technique à des fins de traque, de harcèlement, d’espionnage d’entreprise ou de menaces pour la sécurité nationale, et commercial. Les groupes de marketing, de publicité pourraient établir le profil des utilisateurs sans dépendre du GPS de l’appareil.

  • L’intelligence artificielle signe-t-elle la fin de l’intelligence humaine ?

    L’intelligence artificielle signe-t-elle la fin de l’intelligence humaine ?

    Depuis l’apparition de ChatGPT, une ruée vers l’or est déclenchée. Sauf que depuis que la boite de Pandore est ouverte, tous font machine arrière. Mardi 30 mai 2023, un groupe d’industriels à averti que la technologie d’intelligence artificielle qu’ils construisent pourrait un jour menacer l’existence même de l’humanité. Et si James Cameron était un cinéaste visionnaire avec son recueil Terminator. Comparée à l’électricité ou la machine à vapeur, elle présente des avantages et des risques sérieux.

    Le New York Times relate que « les dirigeants d’OpenAI, de Google DeepMind, d’Anthropic et d’autres laboratoires d’IA avertissent que les futurs systèmes pourraient être aussi mortels que les pandémies et les armes nucléaires. » De quelle manière doit-on prendre cet avertissement, surtout lorsqu’il provient des concepteurs même ?

    Est-il déjà trop tard ?

    En mars dernier, une lettre ouverte sur l’intelligence artificielle était paraphée par 31 810 personnes. Au rang desquels se trouvent Elon Musk (Twitter, SpaceX et Tesla), Yuval Noah Harari, auteur de « Sapiens », Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, ainsi que des membres du laboratoire d’IA de Google DeepMind et des experts et universitaires américains, pour ne citer qu’eux ont réclamé un moratoire. Selon eux, une pause de six mois était nécessaire face aux dangers de l’IA.

    Des dirigeants de trois des principales entreprises d’intelligence artificielle, dont Sam Altman, directeur général d’OpenAI (au centre), ont signé une lettre ouverte mettant en garde contre les risques de l’intelligence artificielle. (Crédit : Jim Lo Scalzo/EPA, via Shutterstock)

    La peur qu’elle engendre serait entre autres l’utilisation pour de la propagande, des infox ou fake news. Quatre entités se retrouvent sous la lumière de projecteurs.

    • ChatGPT : la fameuse IA qui fait sensation depuis le mois de novembre 2022. La version 3 répond à de complexes questions, génère du code… La version 4 peut réussir l’examen du barreau
    • Bing : Microsoft principal investisseur d’OpenAI ajoutait un chatbot à son moteur de recherche Bing.
    • Bard : lancé en mars, il est conçu comme un outil créatif. Il est capable de rédiger des articles de blog, répondre à des questions, générer des idées.
    • Ernie : premier grand rival de ChatGPT, du chinois Baidu

    Perturbations à l’échelle sociétale

    « Il existe une idée fausse très répandue, même au sein de la communauté de l’IA, selon laquelle il n’y a qu’une poignée de prophètes de malheur », a déclaré Dan Hendrycks, directeur exécutif du Center for AI Safety dans une interview. « En réalité, de nombreuses personnes expriment en privé des inquiétudes à ce sujet. » Parmi les signataires de la missive du 30 mai se trouvent « Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio, deux des trois chercheurs qui ont remporté un prix Turing pour leur travail pionnier sur les réseaux neuronaux et qui sont souvent considérés comme les “pères” du développement actuel de l’IA ».

    Les concepteurs se retrouvent dans la position de lanceurs d’alertes, après avoir ouvert la boite interdite. (Crédits : Alexandra_Koch/Pixabay)

    Le plus cocasse est que la course est lancée, le premier rafle la mise, mais tous se prémunissent des possibles dommages. De son côté, les signataires demandaient « à tous les laboratoires d’interrompre immédiatement, pendant au moins six mois, la formation de systèmes d’IA plus puissants que GPT-4. » Sabine Süsstrunk, directrice du Laboratoire d’images et représentation visuelle de la Faculté informatique et communications de l’EPFL, et Johan Rochel, docteur en droit et philosophe, cofondateur et codirecteur du laboratoire Ethix, « estiment que cette proposition n’est pas la solution », révèle Le Temps.

    Les risques mis en avant par Safe sont au nombre de huit.

    1. L’armement
    2. La désinformation
    3. Le jeu par procuration
    4. Affaiblissement ou le syndrome dépeint par le film WALL-E
    5. Un verrouillage de la valeur
    6. Perte de contrôle ou objectifs émergents
    7. Tromperie
    8. Comportement de recherche de pouvoir

    « Dans l’état actuel des choses, il est concevable que dans les dix prochaines années, les systèmes d’IA dépassent le niveau de compétence des experts dans la plupart des domaines et qu’ils soient aussi productifs que l’une des plus grandes entreprises d’aujourd’hui. » Sam Altman explique par deux faits la complexité de la situation. La première « nous pensons qu’elle va conduire à un monde bien meilleur que celui que nous pouvons imaginer aujourd’hui ». Deuxièmement « nous pensons qu’il serait incroyablement risqué et difficile d’arrêter la création de la super-intelligence ». Même en freinant des quatre fers, la machine est lancée à pleine puissance. Pour stopper la frénésie, il serait nécessaire de planifier un régime de surveillance mondial, sans garantie de fonctionnement.

    Mais qui serait l’arbitre ?

    Un système IoT peut collecter des données provenant de capteurs environnementaux, et l’IA peut être utilisée pour analyser ces données et prendre des décisions en conséquence. Par exemple en ajustant la température d’une pièce pour économiser de l’énergie. (Crédits : Computerizer/Pixabay)

    Quant à la question « L’intelligence artificielle signe-t-elle la fin de l’intelligence humaine ? », la réponse d’une AI est la suivante : « L’intelligence artificielle ne signifie pas nécessairement la fin de l’intelligence humaine. Au contraire, l’IA est conçue pour compléter et améliorer les capacités humaines plutôt que de les remplacer. L’intelligence humaine est complexe et englobe des aspects tels que la créativité, l’empathie, le jugement moral et la conscience, qui ne peuvent pas encore être reproduits par des machines.

    Cependant, il est vrai que l’IA peut avoir un impact sur certains emplois, en automatisant des tâches routinières et répétitives. Cela pourrait entraîner des changements dans le marché du travail, mais cela ne signifie pas nécessairement la fin de l’intelligence humaine. Les êtres humains ont la capacité de se former et de se réorienter vers de nouvelles professions qui nécessitent des compétences plus complexes et créatives. »

    Vous saviez que les dirigeants des GAFAM envoient leurs enfants dans des écoles sans système d’informations ?

  • Quand l’utilité première est… détournée

    Quand l’utilité première est… détournée

    Alors que la fête de Noël laisse doucement la place au réveillon du Nouvel An, les cadeaux disposés au pied du sapin ravirent petits et grands. Les IoT font fureur, comme l’AirTag d’Apple. Outil merveilleux qui vous permet de localiser vos objets égarés. Il s’agit d’un tout modeste appareil à accrocher à un autre que vous ne souhaiteriez pas perdre tel votre porte-monnaie, carte bancaire, télécommande, animal de compagnie, enfant, conjoint pour les plus jaloux… peut-être votre vie privée, voire bien, plus.

    Le 20 avril 2021, Apple annonçait ses AirTags, des balises Bluetooth de grande précision qui octroie de recouvrer vos choses perdues. Avec le slogan « Perdez l’habitude de tout perdre », la marque à la pomme frappe fort. Elle poursuit en indiquant que « l’AirTag est l’accessoire tout trouvé pour tout retrouver. Accrochez‑en un à vos clés, glissez‑en un autre dans votre sac, et n’y pensez plus. Grâce aux AirTags, vous pouvez facilement repérer vos objets dans l’app Localiser, qui vous permet aussi de détecter vos appareils Apple et de ne pas perdre vos proches de vue. » Effectivement vous pouvez localiser ceux qui vous sont chers, comme les autres.

    C’est la mésaventure qu’une jeune femme, connue sous le pseudo #Sega_JEANAsis, a vécue le 18 décembre 2021. Sur le réseau Twitter, elle raconte que quelque chose de terrifiant lui est arrivé. « Quelqu’un a attaché un Apple AirTag sous ma roue avant alors que j’étais dans un bar ». Tandis qu’elle rentre chez elle, seule sur les voies de circulation, sans aucune voiture de près ou de loin autour d’elle, des alertes apparaissent sur son téléphone.


    Elle n’a pas réussi à débusquer l’intrus, de ce fait elle n’a pas osé rentrer chez elle. Ce n’est que le lendemain que l’appareil a été retrouvé dans l’entourage de la roue avant, côté passager.(Crédits : capture d’écran/Twitter)

    « J’avais déjà reçu cette alerte auparavant alors que j’étais dans les embouteillages… parfois, quand vous êtes près d’autres personnes pendant un certain temps sur la route, Apple pense qu’il vous suit », se rappelle-t-elle. Elle a commencé à tourner à droite, puis à gauche, plusieurs fois, mais comme il était tard, et que « je recevais encore ce message à plusieurs reprises. J’ai vérifié toutes mes affaires, comme mon sac à main, les poches de mon trench-coat, mon portefeuille… », en vain confirme-t-elle. Puis la panique, les doutes, « et s’ils l’avaient collé sur ma voiture ? » disait-elle avec prémonition. Par mesure de précautions, Jomanda Rodriguez passera la nuit ailleurs que chez elle. Ce n’est que le lendemain que l’objet sera trouvé, après une inspection de sa voiture par un membre de son entourage, bien caché.

    Possesseurs d’un smartphone Android, sous IOS ou pas de smartphone du tout, Apple a apparemment pensé à votre vie privée. D’après la firme, vous ne pouvez pas être suivi virtuellement ni pisté par des AirTags laissés sur vous à votre insu. Ils émettront un son reconnaissable dès qu’ils s’éloignent de l’appareil auquel ils sont associés. (Crédits : Apple)

    Malheureusement, plusieurs Américaines ont depuis relayé les mêmes mésaventures. Ashley Estrada, 24 ans raconte sur TikTok en deux courtes (1, 2) vidéos ce qui lui est arrivé en septembre. Sur la chaîne du Daily Mail, elle confirme être devenue paranoïaque, car « quelqu’un est allé délibérément jusqu’à ma voiture et est passé dessous » pour installer l’AirTag. L’appareil sera retrouvé derrière sa plaque d’immatriculation. L’intention malveillante ne fait aucun doute pour Ashley, ce qui l’effraie est que « cela pourrait être la sœur de quelqu’un d’autre, leur mère, leur petite amie ça pourrait facilement arriver à n’importe qui ». Le titre de l’article du Washington Post est sans appel. « Les trackers AirTag d’Apple ont permis de me traquer avec une facilité déconcertante lors d’un test. »

    Harcèlement 2.0

    Aux États-Unis, les services de police du Colorado, de Géorgie, du Michigan et du Texas ont reçu des allégations d’exploitation des AirTags à des fins diverses, y compris l’oppression domestique et les tentatives de vol de voitures. « Je pense qu’il ne fait aucun doute que les AirTags d’Apple sont utilisés pour le harcèlement », affirmait Éva Galperin, directrice de la cybersécurité chez l’Electronic Frontier Foundation, le bureau du shérif de Twin Falls, situé dans l’Idaho, émettait un avertissement le 15 décembre 2021 déclarant que « les AirTags constituent un danger pour tout le monde ».

    Le parcours est notifié par l’AirTag sur l’application qui marque chaque arrêt, chaque changement de direction. (Crédits : capture d’écran)

    Mais en particulier pour les victimes potentielles de violence conjugale, comme d’agression sexuelle, alors que le procès de l’affaire Epstein est ouvert depuis fin novembre. Du côté de la firme, le porte-parole d’Apple n’a pas contesté les faits de surveillance par d’autres personnes, mais a refusé de révéler combien de fois les forces de l’ordre locales ont appelées la société pour obtenir des informations sur le propriétaire d’un AirTag. Pour décourager ce qu’elle nomme le « pistage non désiré », Apple a intégré une technologie dans AirTags pour avertir les victimes potentielles, notamment des alarmes sonores et des messages sur les AirTags suspects qui apparaissent sur les iPhone, assure Geoffrey A. Fowler dans The Washington Post. Alors, prenez-soin de vous, et faites attention à chaque femme qui vous entoure tandis les violences faites aux femmes se révèlent aux yeux du monde de plus en plus.

  • Ransomware: la défense belge attaquée

    Ransomware: la défense belge attaquée

    Lors du passage à la nouvelle lune, dimanche 19 décembre 2021, plusieurs offensives par codes malveillants se sont produites, comme chaque jour sur Terre. Au cours de ce week-end, c’est une attaque majeure qui ciblait le ministère de la défense belge. Les pirates ont exploité une vulnérabilité dans un logiciel appelé Log4j, qui a été découverte plus tôt en décembre, a déclaré un porte-parole aux médias locaux. Le ministère l’a repéré il y une semaine, jeudi 16 décembre 2021.

    Les responsables de la cybersécurité du monde entier se sont empressés de corriger la vulnérabilité de Log4j au cours de la huitaine écoulée. C’est sur l’ensemble de la planète que le problème sévit. Il touche une longue liste de sociétés de logiciels, dont Amazon et Microsoft pour ne citer qu’elles. La compagnie de gestion des ressources humaines Ultimate Kronos Group a été la cible d’une infection par ransomware. Tous n’ont pas eu le temps nécessaire, semble-t-il. Des allégations de chercheurs avertissaient que des groupes de pirates soutenus par des États, notamment ceux liés à la Chine, à l’Iran, à la Corée du Nord et à la Turquie, auraient commencé à utiliser cette vulnérabilité pour pirater les réseaux de leurs adversaires. Le ministère de la Défense « a détecté ce jeudi une attaque sur son réseau informatique avec accès internet. Rapidement, des mesures de quarantaine ont été mises en place afin de circonscrire les éléments infectés. La priorité est donnée à l’opérationnalité du réseau de la Défense », indiquait un porte-parole.

    Depuis la découverte de l’agression, « nos équipes ont été mobilisées […] Un monitoring continuera à être assuré », ajoutait dimanche soir le porte-parole, le commandant Olivier Séverin. (Crédits : capture d’écran/CERT.be)

    Depuis la publicité faite de la vulnérabilité dans la bibliothèque de journalisation Log4j d’Apache, il ne se passe pas une journée sans que les médias en parlent. Les opérateurs malveillants se sont très vite emparés du sujet en multipliant les exploits (botnet, ransomware …) et en arrosant à tout va. Mardi 21 décembre 2021, le ministère annonçait officiellement avoir été victime d’une attaque reposant sur la vulnérabilité Log4Shell, sans révéler le ou les auteurs de cette attaque.

    Face au feu nourri, les autorités décuplent les alertes (ANSSI, CISA, CERT, DGSSI…) pour corriger au plus vite les systèmes sensibles. Plusieurs patchs ont été nécessaires. (Crédits : capture d’écran/DGSSI)

    Dans certaines versions de Log4j, un logiciel repris dans de très nombreux utilisateurs, notamment par Amazon, Apple, Cloudflare, Tesla, Minecraft et Twitter, permet de s’emparer du contrôle de la machine qui l’héberge, et d’élever ainsi ses privilèges. Le pirate peut alors commencer à circuler dans le réseau informatique de la victime pour y déployer rançongiciels, comme outils d’espionnage. L’ANSSI détermine dans son alerte les systèmes affectés :

    • Apache Log4j versions 2.16.0 et 2.12.2 (java 7)
    • Apache Log4j version 2.15.0
    • Apache Log4j versions 2.0 à 2.14.1
    • Apache Log4j versions 1.x (versions obsolètes) sous réserve d’une configuration particulière
    • Les produits utilisant une version vulnérable de Apache Log4j : les CERT nationaux européens tiennent à jour une liste complète des produits et de leur statut vis-à-vis de la vulnérabilité (ici)

    Il est fort à parier que d’autres organisations useront criminellement de la faille contre différentes sociétés, comme le stipule l’agence nationale de sécurité des systèmes d’information : « Cette vulnérabilité permet à un attaquant de provoquer une exécution de code arbitraire à distance s’il a la capacité de soumettre une donnée à une application qui utilise la bibliothèque log4j pour journaliser l’évènement. Cette attaque peut être réalisée sans être authentifiée, par exemple en tirant parti d’une page d’authentification qui journalise les erreurs d’authentification. Des preuves de concept ont déjà été publiées. Cette vulnérabilité fait désormais l’objet d’une exploitation active. » À vos mises à jour…

  • Vous êtes vous déjà fait arnaquer ?

    Vous êtes vous déjà fait arnaquer ?

    C’est une sensation désagréable, voire vexante. « Non, pas moi ?!? » Pourtant, s’il est une chose, hors mis devant la mort et au sein des cabinets d’aisances, où nous sommes tous égaux, c’est bien devant devant la malveillance, la malhonnêteté de tout un chacun. Elles sont multiples, car les canaux le sont avec. Courriel, SMS, impôts, signalement de contenu pédophile sur votre ordinateur, loterie…Comment déjouer les tentatives d’escroqueries ? Quelle conduite à tenir ? Que faire ?

    Je viens vous conter une histoire qui m’est arrivée, il n’y a pas plus d’une huitaine. Créant une annonce pour la vente d’un véhicule d’occasion sur un site bien connu en France, Le Bon Coin pour ne pas le citer, des coordonnées sont visibles et consultables par n’importe quel quidam. Ce qui est plus que logique pour que les potentiels acquéreurs contactent le vendeur. Rien de choquant de prime abord, et pourtant. Une personne s’adresse au propriétaire dudit véhicule par message, une discussion s’engage, où l’individu demandant la confirmation du prix fixe de la voiture, il se décide de l’acheter sans même l’avoir vu. Dès cet instant, il faut mettre l’alerte en vigilance (première méfiance). Puis sous prétexte d’« être en déplacement durant deux semaines » l’homme se propose de régler la moitié de la somme par transfert (deuxième méfiance). Alors que le site le Bon Coin suggère un paiement sécurisé, afin d’éviter les arnaques.

    La Poste n’autorise pas l’envoi d’argent en liquide par le biais de ses services. Les billets de banque et les pièces métalliques de monnaie font même partie des objets interdits par l’entreprise au même titre que les produits stupéfiants ou encore les articles de contrefaçon. (Crédits : capture d’écran)

    Comme convenu, il transmet des documents par voie électronique avec un message. Puis en ces termes, tente de prouver sa, soi-disant, bonne foi :

    Les malfaiteurs présumés fonctionnent à l’identique, jouant sur la corde sensible. Mais pour autant, il faut garder la tête froide, jamais la Banque Postale ne vous demandera de confirmer sur un numéro de téléphone mobile une transaction qui plus est pour renvoyer de l’argent. (Crédits : capture d’écran)

    Soyons diligents, et naïfs. Je vérifie sur l’application d’une société de transferts de fonds de Western Union, via suivi de transfert. Tout me parait correct, car validé par la couleur verte de l’espoir. De ce fait, par un beau samedi matin, je me rends, tout guilleret, aux bureaux de la poste de Chauvigny, profitant par la même du marché qui s’y tient. Après avoir rempli en bonne et due forme les documents nécessaires au retrait d’argent, je les propose à la préposée.

    Après avoir appâté le poisson, le pêcheur resserre petit à petit l’étau autour du coup de sa potentielle victime. (Crédits : capture d’écran)

    Celle-ci après avoir vérifié les données, elle me tient ces propos : « Comment dire, il n’y a rien sur ce transfert, par un seul centime ». Une discussion s’instaure, expliquant le pourquoi du comment. Quelques dizaines de secondes plus tard, nous nous retrouvâmes tels des chalands à déambuler entre les fumets, criés et autres plaisirs, au milieu du marché. À cet instant, je me fais plus naïf que je ne suis, bien que l’humilité est un sentiment et un état d’esprit à user chaque jour. Je me permets d’envoyer une réponse pour connaître la réaction du soi-disant acquéreur.

    Le message qui mit le feu aux poudres. (Crédits : capture d’écran)

    C’est après l’avoir reçu que l’individu m’appelle avec un autre numéro de portable, sûrement un téléphone prépayé comme dans les films d’espionnage. Les échanges qui suivirent furent hauts en couleur. En premier lieu, il m’ordonna à mots couverts de le mettre en relation avec la personne propriétaire de ladite voiture. Je refusais catégoriquement, il commence à s’énerver, devenir désobligeant. Lorsque je lui explique que la préposée confirme l’absence de l’argent, il répond « vous n’avez pas suivi les instructions, et vous me traitez de voyou ? » Durant onze minutes, le monologue non du vagin, mais de la vente s’éternisa. « Puisque c’est comme ça, je vais retirer l’argent, tant pis pour vous », me dit-il pour me faire paniquer. N’étant pas dupe, je fis mime d’abonder dans son sens, et de respecter à la lettre lesdites instructions… que je ne fis pas, bien entendu. Désappointés, mais heureux d’avoir débusqué tels des furets, les malhonnêtes gens, ils ne nous restent qu’à regagner nos pénates, forts de cette expérience.

    Tout semble normal. Le service client de Western Union, agréable au demeurant, me confirme que ce transfert n’est pas destiné à la France. Me laissant à demi-mot comprendre que cette méthode d’hameçonnage est fréquente et que la société en souffre, tous comme les consommateurs. (Capture d’écran)

    L’après-midi, je me rends à Poitiers au tabac-presse Le Diplomate, situé à l’angle de la rue Carnot et celle du Petit Bonneveau, sachant que ces derniers proposent des transferts tels que celui cité. Sur l’application du commerçant, tout parait valide également. Il me conseille très justement de contacter le service client, et m’invite à l’informer des suites lorsque j’aurais plus de renseignements. Le dimanche, trépasse, après avoir dégusté pendant le dîner, un petit salé et ses légumes, suivis par une tarte aux pommes maison. Ce qui me conduisit à un lundi plein d’enthousiasme. Je décide donc de me rendre à la grande poste, tout près du commissariat de Police de la cité pictave, rue de la Marne. Je suis au fait que le transfert ne contient pas un kopeck, ou du moins pas un qui me soit destiné. Patientant au sein du hall, un préposé me reçoit. Comme tout un chacun, l’employé de la Banque Postale m’indique qu’il ne saisit pas comment cela est possible de voir la supposée transaction validée, et invalidée au même instant. Je quitte la personne et l’ouvrage architectural. J’apprendrais que la transaction existe réellement, mais pas vers un pays situé à côté de la France.

    L’attestation d’envoi qui n’est qu’un faux grossier. Une personne de confiance m’invite à observer l’impression entre le Oui et le Non, le fameux numéro de téléphone pour valider le transfert, les frais comme la loi inexistante, qui se veut être une pâle imitation de la Loi n° 2012-354 du 14 mars 2012, bref… (Crédits : capture d’écran)

    Comment déjouer les arnaques ?

    Attention, tout ce qui est trop beau, est vraisemblablement une imposture, une escroquerie ou une tentative. Un I-Phone 13 Pro Max à 500 euros est un exemple, tout comme le Galaxy Z Fold3 5G à 800 €, ou encore l’OPPO Find X3 Pro 5G à 600 €, fuyez si cela est une annonce d’un vendeur en ligne ! Soyez sur vos gardes ! Demandez à quelqu’un de confiance, ou sur l’Internet dans un moteur de recherche mentionnez les coordonnées fournies, tel le numéro de téléphone. S’il vous apparaît de nombreuses occurrences pour une imposture, c’est sûrement le cas. Des sites référencent les arnaques par le biais des personnes à travers la France, comme par exemple Signal Arnaques. Pareil, lorsque vous recevez un courriel des impôts pour un remboursement, taxe d’habitation, règlement d’impayé… contactez-les… vous serez fixé et rassuré. « Si effectivement une action est requise de votre part vis-à-vis de l’administration fiscale, vous retrouverez cette information dans votre espace privé sur le site www.impots.gouv.fr. De plus, si vous aviez à bénéficier d’un remboursement, celui-ci se ferait automatiquement. Il ne transiterait jamais par votre carte bancaire, mais serait directement versé sur le compte que vous avez enregistré auprès des services fiscaux », assure la DGFIP. Il existe aussi l’arnaque à la loterie, au colis, à l’amour, au signalement de contenu pédophile sur votre ordinateur, au logement, à l’emploi, du scamming.

    ATTENTION , grosse arnaque , j’ai reçu mon pli par la poste comme indiqué. J’ai payé la modique somme de 755 € oui vous avez bien compris !!!!! Je me suis connecter avec le code de la carte, voila et maintenant j’attends, j’ai tous simplement perdu 755 € alors faite gaffe

    Une victime

    Comprenant sans coup férir que cette démarche est de l’arnaque, ou plus véritablement de la tentative d’escroquerie, j’ai contacté Western Union. La personne du service client m’a confirmé que sans transfert d’argent, il ne portait pas les faits à la connaissance de la justice. Que « pour les transferts sans problème, mais qu’il ne faut jamais régler ou se faire payer une somme par ce moyen ». Là où le bat blesse est la somme supplémentaire au montant attendu. Après avoir joint son complice présumé (le directeur fictif d’une Banque Postale) par téléphone, il demande pour assurer la transaction, et la sécuriser de reverser les 180 €. Gaussons-nous, car notre bonhomie entre en jeu. Une fois que vous avez réalisé, en toute bonne foi, le « remboursement » du trop-perçu, vous êtes victime d’une escroquerie. Il est déjà trop tard. Demandez un chèque de banque en horaires d’ouverture, cela vous permettra de vérifier la véracité et solvabilité auprès de la banque concernée.

    Quelle conduite à tenir ?

    J’ai effectué un signalement sur le portail dédié, et cela va de soi, sur le site marchand. Vous souhaitez déposer plainte ? Plusieurs possibilités, rendez-vous au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie dont vous dépendez, ou adressez votre plainte par écrit au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre domicile.Vous pouvez également déposer une pré-plainte sur le site du ministère de l’Intérieur. Dans les faits que l’on peut signaler, il existe les catégories suivantes :

    • Pédophilie ou corruption de mineur sur Internet
    • Incitation à la haine raciale ou provocation à la discrimination de personnes en raison de leurs origines, de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap
    • Menaces ou incitation à la violence
    • Trafic illicite (stupéfiants, armes, etc.)
    • Mise en danger des personnes
    • Incitation à commettre des infractions
    • Spam
    • Injure ou diffamation
    • Escroquerie
    • Terrorisme : menace ou apologie
    « Si vous êtes témoin ou victime de faits nécessitant une intervention immédiate de services de police ou de secours, par exemple : ne agression, un accident, un incendie, vous ne devez pas utiliser ce site, mais composer le 17 sur votre téléphone », rappellent-ils. (Crédits : Gouv.fr)

    Pour rappel l’escroquerie est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. L’escroquerie, comme la tentative est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende. Les peines sont portées à dix ans d’emprisonnement et à 1 000 000 euros d’amende lorsque l’escroquerie est commise en bande organisée. « Prenez soin de vous, et faites très attention, les malfaiteurs n’ont aucun scrupule. »

  • Fuite au pays de l’Internet des objets (IoT)

    Fuite au pays de l’Internet des objets (IoT)

    La population mondiale est de plus en plus connectée, tout du moins, par les objets. Lors des trois premiers mois de 2020, tandis que les sociétés étaient figées, les ventes de montres « intelligentes » progressaient de 20 % au niveau de la planète, sans discontinuer. Au deuxième trimestre 2021, les livraisons s’envolent de 47 % selon les chiffres de Strategy Analytics passant de 12, 3 à 18,1 millions d’unités écoulées. Un rythme que les industriels n’avaient pas connu depuis 2018. Dans ce même temps, plus de 61 millions d’enregistrements de données fuitaient.

    En premier lieu, « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Cet apophtegme (du grec ancien ἀπόφθεγμα / apóphthegma : ” précepte, sentence “) est une parole mémorable ayant valeur de maxime, soit une formule exprimant une idée générale. C’est pourquoi elle est une sorte d’adage auquel on confère une autorité particulière en l’attribuant, de façon exacte ou apocryphe, à une personne. Le sujet de cet article fait suite à un échange avec Fernanda V., une lectrice de « Libr’Expression », concernant un papier sur les objets connectés : « Je voulais le partager avec vous, car l’article nous apprend l’importance de se méfier de nos données et je pense qu’il serait très utile pour vos lecteurs aussi, si vous décidez de le partager avec eux. »

    Pour apprécier l’ampleur de la fuite, et des possibles autres, il est nécessaire de mesurer le marché mondial des objets connectés que sont les montres. Selon les dernières recherches de Strategy Analytics, les expéditions internationales bondissaient de 47 % par an pour atteindre les 18 millions d’unités au deuxième trimestre 2021. L’Apple Watch a conservé la première place avec 52 % des parts de marché mondial des tocantes « intelligentes », Samsung la deuxième (11 %) et Garmin la troisième (8 %). « Les ventes en ligne d’appareils axés sur le fitness qui contribuent à soutenir les soins de santé personnels restent populaires et constituent le principal moteur du boom des smartwatchs », explique Steven Waltzer, analyste principal au sein de Strategy Analytics. La période due au SARS-CoV-2 a modifié la perception des personnes quant à leurs corps. Ainsi, l’Apple Watch Series 6 (avant l’arrivée de sa grande sœur) est le modèle le plus populaire pour de multiples raisons et « d’un portefeuille croissant d’applications de santé et de fitness », justifie Neil Mawston, directeur exécutif chez Strategy Analytics.

    « Nous nous attendons à voir 20 milliards d’objets connectés à Internet d’ici la fin de l’année 2020. […] comme les distributeurs automatiques, les moteurs d’avion, les voitures connectées… », prophétisait en 2019 Mark Hung, vice-président en charge des études au cabinet d’analyse Gartner (Crédits : roxanawilliams1920/Pixabay)

    L’Internet des objets est conséquent : enceintes, ampoules, thermostats, téléviseurs, réfrigérateurs, jouets pour adulte ou enfant, caméras, alarmes… Comme les montres dites intelligentes qui connaissent un plébiscite fulgurant. Ce succès profite avant tout à Apple dont les expéditions annuelles sont en hausse de 46 % avec 9,5 millions d’unités. La marque à la pomme revendique ainsi une part écrasante de 52,8 %. Le marché planétaire des chronographes connectés a crû à un rythme effréné de 53,5 % par an, en volume, entre 2014 et 2020. Si l’Amérique du Nord représente le premier marché régional pour ce produit avec plus d’un tiers (35 %) de la consommation mondiale, « c’est en Asie-Pacifique que la croissance devrait être la plus forte dans les années à venir ». La demande asiatique est alimentée par l’accès généralisé aux smartphones et l’utilisation massive de services digitaux. Le marché français est lui aussi en profonde hausse, mais dans une bien moindre mesure que ses voisins britannique, allemand ou italien. En effet, le taux de pénétration des montres connectées en France est le plus bas des quatre pays cités précédemment.

    Il existe un débat sur la façon dont les trackers de fitness ou les wearables IOT peuvent être considérés comme des dispositifs médicaux. Question primordiale, car le marché mondial de la gestion de la santé devrait atteindre 46,7 milliards de dollars américains d’ici 2026. (Crédits : fancycrave1/Pixabay)

    61 053 956 enregistrements exposés

    Une base de renseignements non protégée exhibait 61 053 956 enregistrements (17, 6 Gb) contenant des données provenant de trackers de fitness et de « wearables » (technologie portable comme un vêtement, une montre…), selon un rapport établi par le chercheur en sécurité Jeremiah Fowler, sur WebsitePlanet. Dans un échantillon limité d’environ 20 000 enregistrements, Fowler indique que parmi les principaux trackers de santé et de fitness apparaît celui de Fitbit (racheté par Google pour 2,1 milliards en 2021) comme source 2 766 fois, et les instances de ce qui semble être l’Healthkit d’Apple, 17 764 fois. Ce dernier et son équipe de recherche constataient que de nombreux enregistrements exposés contenaient des informations telles que :

    • Le prénom
    • Le nom
    • Le pseudonyme
    • La taille
    • La date de naissance
    • Le sexe
    • La géolocalisation
    • L’identifiant de géolocalisation
    • Le relevé cardiaque
    • Le saturation en oxygène
    • Le type de sport
    • Le profil-utilisateur
    • Les données relatives au sommeil
    • Les statistiques liées à la vitesse de déplacement
    • Le traceur lui-même
    • Le poids de l’utilisateur

    Après une fouille minutieuse, de nombreuses références se rattachaient à « GetHealthApp », une société basée à New York qui offre une solution unifiée pour accéder aux informations de santé et de bien-être provenant de centaines de wearables, d’appareils médicaux et d’applications. « J’ai immédiatement envoyé une notification de divulgation responsable de mes découvertes et j’ai reçu une réponse le lendemain me remerciant pour la notification et confirmant que les données exposées avaient été sécurisées », notifie le chercheur. Les différents dispositifs de suivi de la forme physique sont devenus monnaie courante. Approximativement 21 % des adultes américains disent enfiler fréquemment une montre « intelligente » ou un tracker de fitness, selon une étude de Pew Research réalisée en 2019 aux États-Unis.

    Alors que 2020 commençait, avec les traditionnelles résolutions du Nouvel An, environ un adulte américain sur cinq (21 %) stipule régulièrement porter une montre « intelligente » ou un tracker de fitness portable, selon l’enquête du Pew Research Center menée du 3 au 17 juin 2019. (Crédits : DR)

    Innocent aux mains pleines

    Dans son rapport, Fowler note que de multiples trackers de fitness sont liés à des profils où les utilisateurs sont encouragés à saisir des informations personnelles. Cela facilite grandement les méfaits futurs des différentes personnes derrière des codes malveillants. Chaque détail est une mine de donnée, pour identifier l’usager. « La plupart des utilisateurs de wearables pensent qu’aucun cybercriminel ne s’intéresse au nombre de pas qu’ils font ou à la durée de leur sommeil, mais c’est une erreur d’ignorer comment vos données sont utilisées ou partagées. Toutes les données ont de la valeur et, à mesure que la technologie des wearables se développe, les types et la précision des données collectées sur les utilisateurs se développent également », écrit-il.

    Environ quatre Américains sur dix entérinent l’usage des indications desdits trackers de fitness pour la recherche sur les maladies cardiaques. Auxquels convient-il d’ajouter les 22 % qui ne se prononcent pas, car « qui ne dit mot consent ». Donc, près de deux tiers des Américains acceptent que leurs données soient utilisées. (Crédits : DR)

    La Food and Drug Administration (FDA) a désigné FitBit comme un logiciel en vente libre et un dispositif médical de classe II. Le 14 septembre 2020, Fitbit a d’ailleurs reçu l’autorisation de la FDA, ainsi que l’approbation CE pour sa fonction d’électrocardiogramme permettant de suivre les irrégularités du rythme cardiaque. « Les dispositifs de Fitbit collectent désormais des données sur environ 29 millions d’utilisateurs dans le monde et Google affirme que les données sur la santé et le bien-être des utilisateurs de Fitbit ne seront pas utilisées pour les publicités Google. Dans de nombreux autres secteurs, la technologie dépasse les lois et les règlements au détriment de la vie privée des utilisateurs. » Selon le site Web et la FAQ de Gethealth.io, le processus est conforme à la loi HIPAA et indique que « les données des utilisateurs sont sécurisées grâce au transport SSL, au cryptage AES256, à la journalisation et au suivi, et toutes les données sont stockées et gérées de manière conforme à la loi HIPAA. »

    Comment sécuriser ces objets ?

    En mai 2016, un audit d’objets connectés avait été réalisé dans le cadre du « Sweep day ». La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) affichait un constat pour le moins préoccupant :

    • 59 % ne fournissaient pas une information claire et complète sur la collecte et les conditions d’exploitation des données à caractère personnel des utilisateurs
    • 68 % ne donnaient aucune information relative aux conditions de stockage des données
    • 72 % n’informaient pas les utilisateurs des modalités de suppression de leurs données du dispositif connecté
    • 38 % ne fournissaient pas de coordonnées permettant aux utilisateurs de se renseigner sur les modalités de traitement de leurs données à caractère personnel

    Pour certains, ce sont autant de portes laissées ouvertes aux personnes malveillantes. Tous sont concernés, le système d’information des entreprises et administrations, infrastructures publiques (eau, électricité, gaz, télécoms, transports, hôpitaux, administrations…)… tout système électronique en réseau est désormais susceptible d’être infecté.

    « L’Internet des objets (IoT) n’ont été prévus pour être sécurisés. Du pain béni pour les cyberpirates, qui bénéficient d’outils industrialisés pour mener leurs attaques. » (Crédits : DR)

    Voici dix pratiques à adopter données par le site d’assistance et prévention en sécurité numérique :

    • Avant l’achat, renseignez-vous sur l’objet connecté
    • Modifiez les mots de passes par défaut de vos objets connectés
    • Mettez à jour sans tarder vos objets connectés et les applications associées
    • Protégez vos informations personnelles
    • Vérifiez les paramètres de sécurité de vos objets connectés et de leurs applications
    • Éteignez systématiquement vos objets connectés lorsque vous ne les utilisez pas
    • Mettez à jour les appareils raccordés à vos objets connectés
    • Sécurisez votre connexion Wi-fi
    • Limitez l’accès de vos objets connectés aux autres appareils électroniques ou informatiques
    • Supprimez vos données et réinitialisez votre objet lorsque vous ne vous en servez plus

    L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a mis en ligne un document à télécharger. Si vous doutez encore, voici deux exemples : en 2018, un casino s’est fait pirater la base de données de ses plus gros clients. Les pirates ont réussi à y accéder en passant par le thermomètre connecté insuffisamment sécurisé d’un aquarium de l’établissement. En 2019, une petite fille de 3 ans confie à ses parents qu’une voix lui parle dans le baby-phone vidéo qu’ils ont installé dans sa chambre. Les parents s’aperçoivent que la caméra change toute seule d’orientation. Un pirate, qui avait pris le contrôle à distance de l’objet connecté, les observait et parlait à l’enfant pour l’effrayer quand elle était seule.