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  • Le Laboratoire de la santé au Guatemala subit une cyberattaque

    Le Laboratoire de la santé au Guatemala subit une cyberattaque

    Désormais les cyberattaques ciblent les laboratoires, les hôpitaux et les systèmes de santé publique. Au Guatemala, une attaque contre le Laboratoire national de santé apporte l’illustration concrète qu’aucune barrière n’est infranchissable. L’incident a été contenu, assurent les autorités. Mais derrière cette communication maîtrisée, une réalité s’impose : la santé publique est devenue un territoire numérique exposé. Et chaque intrusion, même limitée, révèle une fragilité plus profonde. Celle d’un secteur où la continuité du soin dépend désormais de la solidité des systèmes informatiques.

    Le ministère de la Santé publique et de l’Aide sociale de la Santé (MSPAS) guatémaltèque confirme une cyberattaque contre le Laboratorio Nacional de Salud (LNS). Aucune preuve du vol de données sensibles n’a été identifiée à ce stade. Au-delà du cas guatémaltèque, l’incident s’inscrit dans une tendance internationale. Ces dernières années, des hôpitaux en Europe, des laboratoires en Amérique latine et des agences de santé dans plusieurs régions du monde ont été ciblés par des cyberattaques.

    Cyberattaque contre le LNS au Guatemala

    Le MSPAS confirme par voie de presse, le 14 avril 2026, qu’un incident de sécurité des systèmes d’information a touché le Laboratoire national de santé. Cette attaque cybernétique a eu lieu entre le 9 et le 10 mars 2026, confirme le directeur César Conde. « Ce qui a été fait, c’est de bloquer cela et de restaurer ensuite tous les fichiers que nous avions en tant que sauvegarde (…) en ce moment à la fin du mois de mars, le début du mois d’avril est que les fichiers sont déjà restaurés ».

    Le LNS est une institution clé dans la surveillance épidémiologique du pays. Le ministère indique également n’avoir identifié, à ce stade, aucune preuve d’accès non autorisé à des données sensibles ni de compromission d’informations liées aux patients ou aux activités sanitaires. L’absence de preuve d’exfiltration ne constitue pas toujours une certitude absolue. Cette attaque cybernétique est rendue publique alors que la Direction du contrôle des armes et des munitions (Digecam) a été victime d’une attaque également. Elle visait à voler des informations personnelles, des documents et des certificats de port d’armes.

    Opération « PowerOFF »

    L’opération internationale PowerOFF met en lumière une transformation profonde du cybercrime : son industrialisation et sa démocratisation. Plus de 75 000 utilisateurs impliqués dans des attaques par déni de service distribué (DDoS) ont été identifiés, indique Europol.
    Les services dits « DDoS-for-hire », ou « booter services », permettent à des individus de lancer des attaques en quelques clics. Ces attaques visent à saturer des systèmes pour les rendre indisponibles. Leur portée s’étend désormais aux infrastructures publiques, y compris celles du secteur de la santé, comme au Guatemala. Dans ce contexte, un laboratoire, un hôpital ou une agence de santé devient une cible non pas pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il représente. C’est-à-dire un point de vulnérabilité dans un système essentiel. (Crédits : LNS/MSPAS)

     L’intervention d’Europol avec l’opération « PowerOFF » (ex-Opération Vulcania) initiée le 1er juillet 2017, a révélé le 13 avril 2026, une semaine d’action coordonnée. Elle fut axée sur la répression et la prévention des agissements de plus de 75 000 utilisateurs criminels proposant des services de DDoS à la demande. Mais c’est autant de courriels et de lettres d’avertissement qui sont envoyés aux utilisateurs identifiés, explique l’agence. Cette semaine d’action a également permis la fermeture de 53 domaines, l’émission de 25 mandats de perquisition, et 4 arrestations ont été effectuées.

  • Un nouveau ransomware fait son apparition : cAcTUS

    Un nouveau ransomware fait son apparition : cAcTUS

    Un nouveau venu dans le monde criminel de l’Internet. Le ransomware cAcTUS est apparu actif au minimum dès le mois de mars 2023, explique Bleeping Computer. La liste s’allonge. Dans la liste des cyberattaques observées, il se procure l’accès en exploitant des vulnérabilités dans les appliances VPN. Ils visent les grandes entités commerciales. Les fichiers chiffrés affichent « .cts1 », bien que selon les analystes de Kroll Cyber Threat Intelligence l’extension varie en fonction des victimes.

    Comme chacun des ransomwares, ils recourent au chiffrement des documents et le vol des données pour recevoir une somme certaine d’argent. La principale particularité de ce rançongiciel est l’utilisation d’un chiffrage pour protéger son fichier binaire. L’usage d’un chiffreur est subtil, dans le sens où il est nécessaire d’avoir une clé pour déchiffrer le binaire indispensable à l’exécution du programme malveillant. « La clé est fournie dans un fichier contenant du texte aléatoire nommé ntuser.dat qui est chargé via une tâche planifiée », explique Laurie lacino pour Kroll.

    Le nom « cAcTUS » est dérivé du nom de fichier fourni dans la demande de rançon, « cAcTuS.readme.txt », et de l’auto-déclaration de nom dans la note de rançon elle-même, mentionne l’équipe de chercheurs dans l’étude. (Crédits : svklimkin/Pixabay)

    Cactus emploie un chiffrage pour protéger son fichier binaire, ce qui est rare pour ce type de programme malveillant. Les cybercriminels utilisent un script batch pour extraire le binaire du ransomware à l’aide de l’archiveur 7-Zip. L’archive ZIP d’origine est supprimée puis le déploie avec un drapeau spécifique pour l’exécution. L’ensemble du processus est inhabituel et les chercheurs pensent qu’il s’agit d’empêcher la détection de l’encrypteur du ransomware. Au moi de mai, hors mis Cactus, « nous pouvons rajouter BlackSuit ou encore le groupe Ra », martèle ZATAZ.

  • Les cloches sonnent à 2 h11

    Les cloches sonnent à 2 h11

    Les habitants du 1er arrondissement de la capitale autrichienne ont eu la désagréable surprise d’être réveillés peu après deux heures du matin, le 16 mars 2022. Onze des treize cloches de la cathédrale Saint-Étienne retentissaient durant vingt longues minutes. La plus célèbre, la Pummerin, se trouve cependant dans la tour nord de 68,3 mètres de haut, indépendante informatiquement, n’a pas retenti. Le diocèse en charge de l’édifice religieux qui culmine à 136,44 mètres, s’est confondu en excuse.

    Un incident similaire s’était déjà produit il y a environ 20 ans à Vienne. À l’époque aussi, les cloches s’étaient mises à sonner pendant la nuit. Un jour, la foudre les avait également fait fonctionner. Si dans un premier temps, les responsables supposaient qu’il s’agissait d’une erreur informatique, l’enquête avérait qu’il s’agissait d’un piratage. L’information était confirmée par le prêtre de la cathédrale Toni Faber. La démarche fut de passer à travers le pare-feu en profitant du fait d’une connexion Internet avec l’entreprise de cloches d’Innsbruck. La sonnerie dite de fête dans la tour sud, puis la sonnerie baroque dans la tour nord des païens furent lancées. La « Pummerin », cloche de 20 tonnes n’étant pas connectées, ne s’est pas mise à sonner.

    C’est la deuxième plus grande cloche d’église en activité d’Europe. En France, la plus grosse cloche en service est la « Savoyarde » pesant 18, 8 tonnes pour 3, 06 m de diamètre. Elle trône dans le clocher du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris. (Crédits : DR)

    La cathédrale Saint-Étienne mesure 107, 2 mètres de long pour 34,2 de large. Elle possède quatre tours, dont la plus haute culmine à 136,44 mètres. Pour un point de vue imprenable sur Vienne, il vous faudra gravir les 343 marches pour accéder au Türmerstube. Selon Faber, les onze cloches de la cloche de fête de la tour sud de la cathédrale Saint-Étienne ont commencé à carillonner à 2 h 11 précises. Le prêtre officiant à la cathédrale a tenté d’arrêter la sonnerie en « entrant audacieusement dans la cathédrale », selon ses propres termes. Ce n’est qu’au bout de 20 minutes que tout prenait fin. « À 2 h 34, le cauchemar était terminé », raconte-t-il. Depuis, les cloches ont été déconnectées du réseau normal et une ligne VPN fixe a été installée. Du son côté du diocèse de Vienne demande pardon à tous ceux qui ont été réveillés de leur sommeil souhaitant « que cela ne se reproduise plus jamais ».

  • Ransomware: Démantèlement d’un serveur « VPN » en Ukraine

    Ransomware: Démantèlement d’un serveur « VPN » en Ukraine

    Le Service de sécurité de l’Ukraine (SSU) a établi que des compatriotes ont créé un serveur pour « pirates » informatiques, et qui ont pu ainsi dérobé, selon les estimations plusieurs millions de dollars, ce à une cinquantaine d’entreprises étrangères. Une collaboration entre l’entité ukrainienne, la cyberpolice et leurs partenaires américains comme britanniques a mené une opération spéciale de grande envergure pour éliminer un serveur pirate sophistiqué. Des enquêtes visant à déterminer et à poursuivre toutes les personnes impliquées sont en cours.

    À l’aide d’un logiciel malveillant de type ransomware, les individus identifiés cryptaient les données d’entreprises. Pour en recouvrer l’accès, ils exigeaient des victimes, une rançon. Au final, plus d’une cinquantaine de compagnies situées en Europe et aux États-Unis furent touchées. Selon le communiqué, « les coûts s’élèveraient à plus d’un million de dollars américains. » Le pot aux roses, que représente les activités de l’organisation criminelle a été découvert par des espions de la cyberpolice, en collaboration étroite avec le quartier général de la police nationale, des agents de la SBU et d’autres des forces de l’ordre du Royaume-Uni et des États-Unis.

    Un VPN d’un autre genre

    Contrairement aux utilisations du VPN de tout un chacun, ceux du groupe offraient des prestations bien plus larges. Ils permettaient notamment le téléchargement immédiat de « virus » informatiques, de logiciels espions et de pléthores d’autres lignes de codes malveillants, via leur plateforme d’échange. Une sorte de Peer-to-peer un peu spécial, mis en place par et pour des opérateurs malveillants.

    Pour légitimer les fonds générés par cette activité illégale, les auteurs présumés ont effectué des transactions financières complexes en employant de faibles services en ligne, y compris ceux interdits en Ukraine, révèle le SSU. De nombreux téléphones, cartes bancaires, argents ont été saisi. (Crédits : Service de sécurité d’Ukraine)

    Le service jouissait d’une popularité conséquente parmi les membres de groupes internationaux de hackeurs. Par exemple, l’infection d’institutions étatiques et commerciales pour collecter des renseignements confidentiels, propager un ver qui crypte les données stockées sur un système d’information et exige de l’utilisateur une rançon pour obtenir la clé de déchiffrement. Mais aussi des attaques par déni de service, ou DDoS pour paralyser le fonctionnement des systèmes, etc.

    Blanchir l’argent sale

    La tête présumée de l’organisation dudit groupe, un Chinois de 36 ans, a mené, avec sa petite amie et trois de ses connaissances, des cyberattaques contre des entreprises étrangères. Lors de neuf perquisitions dans les résidences des auteurs supposés, comme dans leurs automobiles, du matériel informatique, des téléphones portables, des cartes bancaires, des clés USB et trois voitures ont été saisis.

    Le service était exploité à partir d’ordinateurs domestiques et, pour éviter d’être tenus responsables de leurs activités illégales, ils se déguisaient sous différents noms sur le Darknet, explique les autorités. Ci-dessus un des véhicules saisit par les forces de l’ordre. (Crédits : Service de sécurité d’Ukraine)

    Les autorités ont établi « que l’un des suspects avait été renseigné par les services répressifs d’autres pays. Ainsi, l’auteur a recouru un virus pour obtenir les données des cartes bancaires des clients de la banque britannique. Le criminel utilisait l’argent des victimes pour acheter des biens dans des boutiques en ligne et les revendre ensuite. » Les enquêtes se poursuivent pour identifier, appréhender et traduire devant la justice les auteurs présumés en vertu de l’article 3 du Code pénal ukrainien (art. 361, art. 361-2 et art. 209).