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  • Arrestation digne d’un film d’espionnage

    Arrestation digne d’un film d’espionnage

    C’est un nouveau film qui pourrait naître, ou bien un volet de la plus célèbre série cinématographique « James Bond 007 ». Car c’est un chapitre qui s’ouvre après l’arrestation et l’extradition de Wladislav Klyushin. Le 21 mars 2021, un homme est emprisonné à Sion en Valais. Selon son avocat, cette personne séjournait en Suisse avec sa famille pour des vacances au ski. L’Office fédéral de la justice l’arrête et lui ordonne à la garde à vue. Son extradition est décrétée le 24 juin et exécutée le 18 décembre. Son procès a commencé lundi 3 janvier 2022.

    Le 13 décembre 2021, le Tribunal pénal fédéral suisse a rejeté le recours de Vladislav Klushin contre la décision de l’extrader vers les États-Unis. Selon l’homme d’affaires russe, l’affaire a pour but de « le coincer pour des accusations de délit d’initié forgées de toutes pièces ». Mercredi 5 janvier 2022, un homme comparaissait au sein d’une cour américaine au Massachusetts, présidé par la juge Marianne Bowler, pour entendre sa mise en accusation sur des faits de délits d’initié, qu’il nie. Les co-accusés sont Ivan Ermakov, Mikhail Vladimirovich Irzak, Igor Sergeevich Sladkov et Nikolai Rumiantcev sont toujours pourchassés pour être traduits devant la justice américaine. La pression monte d’un cran sur les Cosy Bear avec l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, souligne 24Heures. Selon Oliver Ciric, avocat de Vladislav Klushin le président démocrate voudrait se venger.

    L’avis de recherche contre le hacker présumé Ivan Yermakov, qui travaille pour Vladislav Klyushin dans la société M-13. Il est un gros poisson dans le milieu de l’espionnage. La justice américaine indique qu’il a le grade d’officier dans l’unité 26165 au sein du GRU. (Crédits : DR)

    Les personnes dites « initiées » sont celles susceptibles de détenir des informations confidentielles à titre professionnel (L. 465-1 du Code monétaire et financier). Au-delà de cette affaire de fraude boursière, il pourrait cependant fournir des infos très importantes, notamment sur l’ingérence russe supposée dans l’élection de 2016 ainsi que d’autres opérations de renseignement, déclarent d’anciens responsables américains à CNN. Des dirigeants à la retraite du ministère de la Justice et de la Sécurité intérieure affirment que cela porte un intérêt majeur. Car, ils évoquent une interaction étroite entre la société de cybersécurité de Vladislav Klyushin, basée à Moscou, et le gouvernement russe, ainsi qu’une relation présumée de Klyushin avec un ancien officier du renseignement militaire du GRU.

    Recherché depuis 2019

    L’homme était recherché, poursuivi depuis 2019. Il semblait se dérouler le jeu du chat et de la souris. Des Américains auraient tenté de le pourchasser dans le sud de la France dès 2019. Les Britanniques échouaient à Édimbourg, en 2020. En mars 2021, c’est la Suisse « neutre » qui met la main sur Wladislav Klyushin. Il est le premier directeur général adjoint de la compagnie M-13 basée à Moscou, entreprise qui conseillerait les autorités. Selon l’acte d’accusation, le site de M-13 indiquait que les « solutions informatiques » de la société étaient utilisées par « l’administration du président de la Fédération de Russie, le gouvernement de la Fédération de Russie, les ministères et départements fédéraux, les organes exécutifs régionaux, les sociétés commerciales et les organisations publiques ».

    Il a reçu des mains de Vladimir Poutine, la médaille de l’Ordre d’Honneur. la médaille de l’Ordre d’Honneur. Il est décerné aux citoyens russes en récompense d’accomplissements ayant mené à une amélioration des conditions de vie dans le pays, ou pour services rendus. (Crédits : DR)

    Les quatre Russes accusés y travaillent tous, selon le document de la justice américaine. L’arrestation de Klyushin est potentiellement un trésor inestimable, voire une « mine d’or », considère l’expert en sécurité Christopher Krebs. « S’il cède, il pourra peut-être confirmer les thèses des services secrets sur l’influence de la Russie sur les élections de 2016. S’il ne coopère pas, sa condamnation pourrait servir d’exemple », déclarait Christopher Krebs à CNN.

    Jeu de poupée russe

    Le gouvernement américain n’a pas publiquement relié Klyushin à la supposée ingérence russe dans l’élection de 2016, menant à la victoire de Donald Trump. Mais l’un des coaccusés de Klyushin dans l’affaire de fraude boursière est Ivan Ermakov, est un ancien officier de la Direction principale du renseignement russe. Le président de la Russie, Vladimir Poutine a été directeur du FSB. « Lorsque quelqu’un comme lui a été arrêté, toute opération dont il aurait eu connaissance devient immédiatement suspecte du point de vue du contre-espionnage », a déclaré Holden Triplett, un ex-haut fonctionnaire du FBI basé en Russie à CNN. « Tout ce qu’ils ont touché est maintenant sous le microscope ».

    Les deux candidats, Donald Trump et Hillary Clinton à la primaire républicaine de 2016, avant le drame. 26 165 est le numéro qui désigne la redoutable section d’État chargée des attaques informatiques contre des institutions et des tiers. L’agent Ivan Yermakov agirait pour le compte de l’organisation nommée Fancy Bear ou Cosy Bear. (Crédits : AFP)

    Le fait d’armes mondialement connu d’Ivan Ermakov se déroulait de 2015 à avril 2016. Cozy Bear, ou APT29 est suspecté d’être impliqué dans le piratage du Comité national démocrate en lien avec l’Ingérence russe présumée dans l’élection présidentielle américaine de 2016. Cozy Bear s’était infiltré dans le parti démocrate depuis l’été 2015, mais c’est en avril 2016 qu’un autre groupe appelé Fancy Bear aurait piraté également le parti de manière indépendante. Il aurait donc participé à l’infection pour soutirer des documents des serveurs du parti démocrate aux États-Unis. Ainsi près de 30 000 courriels sont alors jetés en pâture sur les réseaux sociaux, comme Hillary Clinton est éclaboussée. L’acte est toujours considéré aux États-Unis au même degré qu’une tentative de la part du Kremlin d’influencer le processus électoral. De plus, l’organisation Cozy Bear est accusée par les autorités de renseignement canadiennes (CST), américaines (NSA) et britanniques (NCSC) de différents essais d’exfiltration, qui seraient survenus en juillet 2020, sur le développement d’un vaccin contre le SARS-CoV-2, provocant le Covid-19.

  • Prête-moi ton chargeur

    Prête-moi ton chargeur

    Phrase anodine au demeurant, et pourtant… À moins que vous viviez dans un monde utopique, rempli de Bisounours (néologisme pour les 01 et postérieurs, qu’ils ne comprendront pas), vous n’êtes pas sans savoir que vos données valent de l’or. De plus, elles sont partagées par votre simple choix (en cochant oui sans lire les notices), par méconnaissance. Comme raconte l’adage, « tous les moyens sont bons » pour obtenir des informations ? Des câbles qui ressemblent à s’y méprendre à ceux qu’utilisent les propriétaires de téléphone sous Android ou IOS, et permettent leurs « piratages ».

    Phot et Kharéson, bras dessus, bras dessous s’en vont se croquer une toile, en ce début d’automne. Après quelques de minutes en voiture, au son de « Nous nous en allerons » de Renaud, il se stationne sur la place du 11 août, à Nogent-le-Rotrou. Sur la devanture s’affiche l’avant-première de « Mourir peut attendre », dernier opus de la série cinématographique « James Bond », où Daniel Graig (interprète l’agent secret pour la dernière fois) sort de sa retraite heureuse en Jamaïque… « ciné, mercredi », interroge malicieusement M Phot. D’un clin œil complice, Mme Kharéson répond à l’affirmative. Il faut dire que sans lui avouer, son mari a toujours été son héros. Mais ce soir, c’est madame qui sélectionne le film de la séance, ainsi son choix se porte sur « Serre-moi fort », de Mathieu Amalric.

    Daniel Craig est pour une dernière fois James Bond dans « Mourir peut attendre » de Cary Joji Fukunaga (2021). (Crédits : Danjaq, LLC and MGM. All rights reserved)

    Il est tout juste 20 h tandis que le couple s’engouffre dans une des salles du Rex. La nuit est tombée depuis bien longtemps lorsqu’ils sortent du cinéma. En prenant la direction de leur voiture, ils ressentent la fraîcheur du Perche. La clef tourne, la gordini ronronne, la radio annonce les informations de 23 h. Une entreprise nogentaise est en une des titres. « Mr Crocbec, dirigeant de la société Kloolly*, s’est fait pirater. Toutes ses données et ses codes d’accès aux secrets de sa firme volés à cause d’un câble de chargeur… », alerte la journaliste. Le bulletin d’information continue, mais la discussion prend le pas sur le bruit de fond de la radio.

    « Quoi, ce n’est pas possible », s’écrie M Kharéson

    « Qu’est-ce qui n’est pas possible », interrogea le conducteur.

    « Tu as entendu, un vol de données par un câble de téléphone, c’est hallucinant », s’horrifie-t-elle.

    « Non, c’est complètement hallucinant, j’espère que l’explication sera dans que le canard demain », assure M Phot

    Le bulletin d’information continuant, les résultats de football tombent. L’aficionado des verts est, malgré tout, satisfait du match nul dans le derby face à l’OL (Saint-Étienne — Lyon 1-1), Claude Puel déclare : « Je ne l’ai pas connu personnellement. Je l’ai affronté avec Monaco à une certaine période, car l’ASM et Marseille luttaient pour le titre. C’est un personnage de la vie française qui a eu plusieurs vies. Il a connu énormément de choses. Dans le football, il a su apporter à Marseille des années glorieuses qui ont marqué l’histoire de ce club. Son décès ne laisse pas indifférent le monde du football », conclut l’entraîneur des Verts.

    « Bernard Tapie est décédé », s’émeut-il.

    Le lendemain matin, l’herbe comme les rosiers rosifères se couvrent de perles. Également, présentes sur enveloppe du journal, elles gardent les nouvelles fraîches. La « Une » évoque la disparition de « Nanard », puis celle du piratage de la société Kloolly*. Un vrai sujet pour un film d’espionnage ou de science-fiction pense M Phot. Commençant sa lecture, il en tire la moelle pour pouvoir expliquer à madame. Il s’agit d’un câble O.MG USB-C, la chose la plus effrayante à propos de ceux-ci est que vous ne pouvez pas voir la différence entre un USB traditionnel ou un lightning et les O.MG. Plus déconcertant encore est que celui-ci peut permettre à un opérateur de dérober toutes les informations tapées par l’utilisateur et les transmettre par WI-FI. La nouvelle mouture dispose d’une connexion Lightning vers USB-C. Une puce capable d’enregistrer jusqu’à 650 000 mots de passe, ou toute autre information et peu les envoyer à un pirate via un réseau Wi-Fi local.

    David Bombal éduque les personnes qui visionnent sa chaîne YouTube à ne pas faire confiance à n’importe quel appareil, ni aucun câble. Chaque individu doit agir avec en tête la sécurité, car ils permettent d’exécuter des scripts sur des appareils (Android, IOS) et sont aussi des enregistreurs de frappe. (Crédits : capture YouTube)

    En 2019, le chercheur en sécurité surnommé MG le constitue dans sa version première USB-A. Il était susceptible, en établissant son propre réseau Wi-Fi, de permettre à un opérateur de récupérer l’intégralité des commandes du système sur lequel il était relié. En 2021, MG s’est attelé à un défi, que beaucoup pensaient impossible. Intégrer l’électronique dans la gaine d’un câble USB-C, beaucoup plus étroit que l’USB traditionnel. Le principe de fonctionnement reste le même. Ce dernier crée un réseau Wi-Fi local, auquel l’individu pourra se connecter via une simple interface web pour accéder à vos informations. Il doit être néanmoins relativement proche de sa cible, puisque la portée est estimée à un mille, soit mil six cent neuf mètres. Il suffit de se remémorer les périodes de confinement en France, où chaque être pouvait se déplacer dans un rayon d’un kilomètre autour de son domicile. La puce intégrée autorise de stocker du script, soit ce que la plupart des personnes nomment un programme informatique : des lignes de codes.

    Une capture d’écran fournie par MG, montrant l’intérieur d’un câble O.MG. (Crédits : MG)

    Il contient une commodité de geofencing afin de stopper le processus de l’accessoire en fonction de sa position. Cela permet notamment d’éviter une fuite accidentelle de données si le câble se balade dans la nature avec une fonctionnalité de suppression automatique des renseignements. « Parmi les autres améliorations, citons la possibilité de modifier le mappage du clavier ou de falsifier l’identité de périphériques USB spécifiques, par exemple en prétendant être un périphérique qui exploite une vulnérabilité particulière sur un système », explique Vice.

    « Je suis impressionné, c’est stupéfiant quand même ce qu’ils peuvent faire. Je suis sûr qu’il y a encore mieux, mais je ne préfère ne pas savoir. Ce qui est certain est que maintenant, je ferais plus attention à mon téléphone et surtout à mon câble », promet M Phot en regardant Séki se délecter se son thé matinal avec sa baguette moulée berd’huisiene.

    *Entreprise fictive