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  • Iberdrola, distributeur d’électricité ibérique attaqué

    Iberdrola, distributeur d’électricité ibérique attaqué

    Ce jeudi 31 mars 2022, l’Institut national de cybersécurité (Incibe) avertissait que la société I-DE Redes Eléctricas Inteligentes, distributeur d’électricité du groupe Iberdrola avait subi une cyberattaque. Les données de 1,3 million de clients étaient exposées, bien qu’elle ait été résolue le jour même, le 15 mars, où elle a eu lieu, explique Incibe. Ce n’est que le lendemain, une fois la brèche colmatée, que l’entreprise a détecté des offensives massives qui n’ont pas atteint leur objectif, indiquait la compagnie.

    Dans le communiqué de presse, la multinationale ibérique de distribution d’électricité tente de rassurer ses abonnés en spécifiant que « nous vous informons que nous avons subi une cyberattaque de nos systèmes d’information. L’incident, qui a maintenant été rectifié, a entraîné l’accès aux données de certains de nos clients. Nous vous informons qu’en aucun cas ils n’ont eu accès aux données financières (compte courant ou carte de crédit) ou aux données de consommation électrique. » Seules les indications relatives au prénom, nom, le numéro d’identification, l’adresse de domicile, le téléphone et le courriel ont fuité. Ces seules données suffisent à établir des faux en écritures concernant les identités, mais aussi de pouvoir créer des contrats avec un nouveau fournisseur d’électricité. Une plainte auprès de la Brigade centrale d’investigation technologique de la police nationale et l’information de l’attaque pour l’Agence espagnole de protection des données ont été effectuées.

    Des attaques auraient eu lieu à Cercanías, au Congrès des députés et dans d’autres institutions européennes. La société de Ignacio Galán est devenue jeudi 31 mars 2022 la première firme espagnole en valeur sur le marché boursier, et principal investisseur espagnol sur le sol américain pour les énergies renouvelables. (Crédits : capture d’écran)

    Le quotidien El Mundo révèle qu’après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le gouvernement américain aurait avisé la compagnie ibérique, qu’elle faisait partie des groupes susceptibles de subir une cyberattaque russe de grande envergure. Iberdrola n’a rien dit à ce sujet, seule confirmation, elle admet avoir essuyé des tentatives de piratage de ses bases de données qui ont affecté 1,3 million de clients. « Nous avons été avertis par les autorités américaines », indiquaient les sources d’Iberdrola, qui expliquent que cette recommandation était liée à « la situation critique que nous vivons », en référence au conflit armé entre la Russie présidée par Vladimir Poutine, et l’Ukraine de Wolodymyr Selenskyy.

  • Ransomware: Clinique sous perfusion

    Ransomware: Clinique sous perfusion

    Dans la nuit de jeudi 6 à vendredi 7 janvier 2022, une attaque informatique a touché le Pôle Santé Léonard de Vinci à Chambray-lès-Tours. Peu après minuit, les équipes soignantes n’ont plus eu accès aux dossiers de leurs patients. Cette dernière n’est que la confirmation que les opérateurs ne connaissent pas le scrupule, faisant feu de tous bois. Le dysfonctionnement des systèmes d’information conduisait la clinique privée à interrompre son activité, qui couvre notamment les urgences du sud de Tours.

    Ce genre d’attaque est devenue légion, car les centres hospitaliers de Rouen, Arles, Dax, Oloron-Sainte-Marie entre autres subissaient en 2021 des attaques de type ransomware. La situation est restée « difficile » dans cette clinique après un « incident faisant suite à une cyberattaque », commentait vendredi la directrice générale du CHRU (Centre Hospitalier Régional et Universitaire), Marie-Noëlle Gérain Breuzard, Tous les accès aux outils informatiques étaient coupés pendant cette période et « dans l’urgence il a été décidé de fermer les urgences, d’annuler toute chirurgie non urgente et de déprogrammer les chimiothérapies d’aujourd’hui », a indiqué dans un mail Séverine Lissandre, la présidente du comité médical d’établissement, consulté par France 3 Centre-Val de Loire. Sur sa page web, l’institution prévient que les pré-admissions en ligne ne sont pas disponibles. Il propose des coordonnées téléphoniques pour l’effectuer, ainsi que pour la maternité.

    L’affichette informait tous individus se rendant aux urgences du CHRU de Chambray-lès-Tours, de la condamnation du service ce vendredi matin 7 janvier 2022. Les personnes sont envoyées vers un autre établissement de la commune au sud de Tours, l’hôpital Trousseau. (Crédits : Chadi Yahya/Radio France)

    En conséquence, la quasi-totalité des interventions a dû être annulée, soit une centaine d’actes prévue vendredi annonçait France Bleu. Comme dans toutes attaques par codes malveillants, le retour à la normalité peut prendre plusieurs jours, semaines voire des mois entiers. La société SIPA-Ouest-France dans la nuit du 20 au 21 novembre 2020 avait été victime d’un Rançongiciel. Le groupe Egregor revendiquait l’agression. Concernant le CHRU de Chambray-lès-Tours, le programme opératoire de ce début de semaine promet d’être réduit informe la Nouvelle-République, ajoutant que seules les opérations orthopédiques, les complications opératoires ou les poses de chambres implantables devraient être maintenues.

  • Les violences faites aux Femmes (2e partie)

    Les violences faites aux Femmes (2e partie)

    Un évènement judiciaire va ébranler la France, il y a quarante-trois ans. Le procès d’Aix-en-Provence en 1978, qui fut électrique et symbolique à bien des égards, a marqué l’Histoire en ouvrant la réflexion, plus que nécessaire sur une nouvelle définition du viol. Alors que les actrices contemporaines de ce monde ont déferlé avec les mouvements #Metoo et #Metootinceste, les affaires #Weinstein comme #Epstein, ne cessent de révéler de sombres chapitres supplémentaires.

    C’est l’histoire de deux jeunes femmes qui changea à jamais le regard de la société française. Imaginez-vous, au mois d’août 1974, vous, de la même manière que beaucoup de personnes, filez affichant le sourire de circonstance vers le soleil et le sable fin des plages. Le choix de la destination est le vôtre, comme le fut celui d’Anne Tonglet et de sa compagne Aracelli Castellano. Ce couple de touristes belges souhaite rejoindre un camp naturiste de Sugiton, mais le mauvais temps les oblige à bivouaquer dans sur la calanque de Sormiou, près du port de Morgiou dans les Bouches-du-Rhône. C’est alors qu’un jeune homme les interpelle, elles l’éconduisent fermement, il recommencera le lendemain, pour le même résultat. Accompagné d’Albert Mouglalis, ouvrier de 24 ans, et Guy Roger, maçon de 29 ans, père de cinq enfants, Serge Petrilli, serveur âgé de 22 ans reviendra dans la nuit du 21 au 22 août 1974, une fois la soirée terminée au bar le Nautic. Avec la ferme intention de se venger dira-t-il aux gendarmes.

    J’ai essuyé un refus blessant. Cela était intolérable et je m’étais promis de me venger

    Serge Petrilli. Le figaro

    Le procès des trois auteurs présumés commençait, le mardi matin 2 mai 1978, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, présidée par M. Marcel Fourgeaud. Les trois hommes, représentés par Mes François Tubiana, Gilbert Collard et Jean-Claude Simoni, plaidaient non coupables en face d’un jury composé de sept hommes et deux femmes. Les deux femmes affirmaient, quant à elles, avoir été violées. Les avocats de la partie civile étaient la défenseure des droits des femmes Gisèle Halimi et Agnès Fichot.

    Josyane Savigneau, journaliste couvrait le procès pour Le Monde : « Je n’avais plus l’énergie de réagir, indique Anne ; aucun son ne sortait de ma bouche […] Mais nous avons dû “subir”, contrairement à ce que semble nous faire dire le procès-verbal de nos déclarations au juge d’instruction. […] Aracelli Castellano, enceinte après les faits de cette nuit-là, avortera quelques semaines plus tard ».

    « C’était extrêmement violent. Il y avait des crachats, on recevait des insultes, Gisèle Halimi a été giflée. C’était inouï », se rappelait Anne Tonglet dans L’Express.
    Propos que relatait le journaliste Claude Sérillon au micro de France 2. « C’étaient, à l’entrée comme à la sortie de l’audience les mèmes scènes. » (Crédits : capture d’écran INA)

    Malgré des débats extrêmement houleux, une ambiance nauséabonde à l’extérieur, les trois prévenus seront condamnés. Serge Petrilli à six ans de réclusion criminelle pour viol, Guy Roger et Albert Mouglalis n’écoperont que de quatre ans chacun pour « tentative de viol ». La circonstance aggravante de viol en réunion ne sera pas retenue, mais le regard juridique sur ce crime vient (enfin) de changer en France.

    Une femme violée est une femme cassée, c’est une femme éclatée, une femme qui, à mon sens, ne s’en remettra jamais

    Gisèle halimi. France 3 Reims. Ina. 26 mai 1977

    En 1975, il y aurait eu 22 000 viols en France, mais seules 1 600 femmes ont porté plainte. « Les femmes ne veulent plus se taire, les femmes veulent crier qu’elles en ont marre, elles en ont marre d’être violées, elles en ont marre d’être battues ». Il faudra attendre 1980 et la proposition de loi de la sénatrice Brigitte Gros, pour qu’il soit puni de 15 ans de réclusion criminelle. « Pour la première fois, a honte a changé de camp, devant tout le monde », martelait Anne Tonglet.

    Le rapport affiche 54 800 violences sexuelles en 2020. En 2019 les chiffres sont ahurissants : 11 568 viols sur majeurs, 11 971 viols sur mineurs, 13 669 harcèlements sexuels et autres agressions sexuelles sur majeurs, 18 636 pour les mineurs, et 15 013 atteintes sexuelles. (Crédits : SSMSI, base des crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie, Gouv.fr)

    Le verdict fait un effet domino, il incite de nouvelles femmes à prendre publiquement la parole, dans les jours et semaines qui suivirent le procès, pour témoigner de leur propre viol. « Avant ce procès, personne n’en parlait. C’était tabou, explique Jacqueline Rémy, une toute jeune femme lorsque le procès commence. Il ne fallait pas se plaindre. Même les familles des victimes refusaient de l’entendre. Et si on allait au commissariat, les policiers ricanaient, le plus souvent. »

    Depuis 2020, Harvey Weinstein purge une peine de 23 ans de prison à New York. Accusé par 90 femmes au total, il encourt jusqu’à 140 années supplémentaires derrière les barreaux. L’ancien producteur lors d’une audience préliminaire à son procès au tribunal de Los Angeles, le 29 juillet 2021. (Crédits : Étienne Laurent-POOL-AFP)

    Les deux textes sont fusionnés et longuement débattus au Sénat puis à l’Assemblée nationale. Il faudra finalement attendre le 23 décembre 1980 pour que la loi soit promulguée. Elle établit le viol comme : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte ou surprise » dans l’article 222-23 du Code pénal. Cette nouvelle définition élargit donc le viol à tous les cas de pénétration sexuelle, et le réprime plus fortement par quinze ans de réclusion criminelle contre cinq auparavant. D’autres dispositions sont aussi adoptées : le huis clos n’est plus obligatoire, les associations peuvent se porter parties civiles et le nom des victimes ne doit pas apparaître sans leur accord. Des avancées comme autant de victoires pour ce « procès du viol » devenu historique.

    Libération de la parole

    Les plaintes pour violences sexuelles recueillies en 2019 croissent de 240 % depuis 2010 (2,6 fois quand la victime est majeure, 2,2 fois lorsqu’elle est mineure). Ce sont 56 000 victimes de violences sexuelles enregistrées en 2019, dont 55 % de mineures. L’augmentation, plus marquée depuis 2018, peut être liée avec l’évolution du dépôt de plainte, ce dans le contexte de l’affaire Weinstein et des différents mouvements, tel #MeToo, favorisant la libération de la parole.

    2010-20122013-20152016-2018
    Nombre de victimes déclaréesViolences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    183 000
    961 000
    328 000
    208 000
    982 000
    311 000
    307 000
    862 000
    268 000
    Taux de prévalence (en %)Violences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    0,4
    2,2
    0,8
    0,5
    2,2
    0,7
    0,7
    1,9
    0,6
    Taux de plainte (en %)Violences sexuelles
    Violences physiques
    dont dans le ménage
    5,7
    22,4
    10,3
    8,2
    20,5
    7,7
    20,3
    19,4
    9,0
    Le tableau relate les déclarations et les plaintes des personnes âgées de 18 à 75 ans victimes de violences physiques et sexuelles déclarées. Il est mis en ligne le 9 décembre 2021. (Crédits : Gouv.fr)

    La hausse des violences sexuelles enregistrées devant les services de sécurité résulte d’un double mouvement : les personnes déclarant avoir subi de telles atteintes sont plus considérables et elles portent plus fréquemment plainte. Ainsi, le nombre d’individus de 18 à 75 ans s’affirmant victimes de violences sexuelles augmente de 13,7 % entre les périodes 2010‐2012 et 2013‐2015, puis de 47,6 % entre 2013‐2015 et 2016‐2018, dans le contexte particulier de l’affaire Weinstein et du mouvement #MeToo. Sur le même laps de temps, le taux de plainte pour violences sexuelles a quasiment quadruplé entre 2010-2012 et 2016-2018. Il en résulte que quatre victimes sur cinq ne se sont pas rendues auprès des institutions de sécurité, dont les motivations sont effrayantes.

    Les justifications de non-déplacement glacent le sang. Surtout lorsque plus de 65 % des victimes indiquent que « cela n’aurait servi à rien », ou bien pire « ce n’était pas grave » pour 40 %. (Crédits : Gouv.fr)

    De plus, les victimes de violences sexuelles sont en très grande majorité… des femmes. Sur la période de 2010-2012 et 2016-2018, près de quatre d’entre elles sur cinq sont de la gent féminine, quant à celle comprise en 2013 et 2015, le taux bondit à plus de 85 %.

    À suivre