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  • Ransomware : se méfier de l’eau qui dort

    Ransomware : se méfier de l’eau qui dort

    Les infections des systèmes d’information en France sont à nouveau légion. ClOp qui a reçu un coup d’épée avec l’arrestation de six de ses membres, affiche une nouvelle attaque d’entreprise. La France n’est pas épargnée. Entre Everest et Conti, pour ne citer qu’eux, ce n’est pas moins de dix-huit attaques. Elles sont publiées sur leur site de fuite respectif, ainsi que les opérateurs revendiquent au mois de juin 2021. Mais d’autres offensives sont tout aussi préoccupantes, comme celle du fabricant de stockage et de mémoire informatique, ADATA.

    Quand ADATA, l’un des principaux producteurs de stockage de mémoire à Taïwan, a souffert d’une attaque de ransomware fin mai, le choc est là. Les cybercriminels affirment avoir dérobé des données sensibles à hauteur de 1,5 To. La firme taïwanaise fabrique des modules DRAM, des lecteurs flash, des disques durs, des cartes mémoire…

    Quand l’attaque touche la mémoire

    Le premier à être touché par la cyberattaque est Aqualung Trading. C’est avec assurance que le ransomware Mount Locker affiche 800 Go. Puis, comme indiqué précédemment, Tendriade fait partie d’un « lot » de cinq objectifs. L’agglomération de Saint-Avold sous le coup d’un versement de 80 000 dollars, la mairie de Pont-Saint-Esprit paralysée dès le 3 juin 2021, puis la firme PRB est ciblée à son tour.

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    L’invasion a été détectée très tôt ce vendredi 4 juin 2021 au matin. « Il y avait un message sur les écrans, et une demande de rançon. Il est hors de question de payer », indique encore le chef d’entreprise, Jean-Jacques Laurent. Ce sponsor historique du Vendée Globe précède « Demarne Frères ». Le groupe LV revendique le vol de plus de 40 Go de données au spécialiste des produits marins. Les Deux-Sèvres (79) subissaient début du mois des attaques. La première concerne les archives départementales, puis la seconde, Deux-Sèvres habitat. « On nous annonce un black-out complet de trois à cinq semaines », notifiait dans la Nouvelle République Fabrice Ouvrard, le directeur.

    Les opérateurs derrière le ransomware « Everest » frappent fort en France. Le cabinet Rémy Le Bonnois n’est que le premier. L’imprimerie Lamazière (12 Go), Epsilon hydraulique (44 Go), Always international (4 Go). La revendication porte aussi sur Altech France, Xefi, le groupe Confiance Immobilier, sans afficher à l’heure actuelle, le 26 juin 2021, le poids des renseignements dérobés. Les premières données d’« Assurance et courtage lyonnais » sont divulguées. Des contrats, devis, coordonnées, process… sont ainsi mis au jour pouvant profiter à des personnes peu scrupuleuses. De son côté « Conti-Ryuk » s’est infiltré chez Voltalia, Cerfrance, Traon, Maître Prunille, Iserba, Brangeon, Au Forum du Bâtiment, Dirickx, STAM, FunBreak.

    (Crédits : capture d’écran)

    Le groupe a indiqué s’être introduit chez Xoriant, un développeur de logiciels d’ingénierie. Tandis que ClOp revendique, malgré l’arrestation de huit membres présumés, celle du bureau KSS Architects aux États-Unis.

    Disque dur et barrette de mémoire

    L’infection d’une entreprise taïwanaise concerne de nombreuses personnes à travers la planète. ADATA, qui fabrique des modules de mémoire DRAM hautes performances, des cartes mémoire flash NAND et d’autres produits, a été avili par le ransoware « Ragnar Locker ». Les différentes manufactures sont disque dur, stockage externe (HDD, SSD, boîtiers), cartes mémoire, lecteurs, clés USB, des produits de jeu (souris, clavier, casque) et des solutions industrielles.

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    Il existe de grandes probabilités pour que tout un chacun ait un de leurs composants dans son domicile. La société a été classée deuxième fabricant de mémoire DRAM et de disques SSD (Solid State Drive) en 2018. « ADATA a été touché par une attaque de ransomware le 23 mai 2021 », a déclaré la société dans un communiqué. L’industriel de mémoire taïwanais a démantelé tous les systèmes concernés après avoir décelé l’agression et a prévenu toutes les autorités internationales compétentes de l’incident pour aider à retrouver les responsables. (Crédits : capture d’écran)


    « La société a suspendu avec succès les systèmes affectés dès que l’attaque a été détectée, et tous les efforts nécessaires suivants ont été déployés pour récupérer et mettre à niveau les systèmes de sécurité informatique associés, avant d’ajouter. Nous sommes déterminés à nous consacrer à rendre le système plus sûr que jamais, et oui, ce sera notre pratique sans fin pendant que l’entreprise avance vers sa croissance et ses réalisations futures. » Samedi 19 juin 2021, les acteurs du ransomware ont publié sur le site de fuite les hyperliens de téléchargement d’un nouvel ensemble de documents d’entreprise ADATA, en prévenant les parties intéressées que ces derniers ne devraient par survivre longtemps. Le service de stockage MÉGA a fermé le compte, refusant ainsi l’accès à tous les fichiers partagés publiquement.

  • Infections en série en France

    Infections en série en France

    Tandis que plusieurs entreprises françaises et internationales respirent suite à la disparition, momentanée ou définitive, des opérateurs derrière « Avaddon », d’autres souffrent en silence. Le ransomware « Conti-Ryuk » frappe fort en s’attaquant à huit firmes sur l’hexagone pour le seul jour du 17 juin 2021. Dans le même temps, les données personnelles comprenant le nom, l’âge, l’e-mail et le numéro de téléphone concernant 1,2 million d’individus inscrits à Pôle Emploi auraient fuité.

    Les attaques cybernétiques croissent de jour en jour. Pas assez de sociétés affichent une hygiène et philosophie de la sécurité, pourtant nécessaire. Au départ vecteur de machine à cash, elles peuvent aussi servir de monnaie d’échange, de pression à différents niveaux d’infrastructure.

    Multiplication des attaques cybernétiques sous plusieurs vecteurs

    Le groupe d’opérateurs derrière le ransomware Avaddon est l’un des plus prolifiques. Le 11 juin 2021, il ajoutait un trophée de premier plan, à savoir la « Valley National Bank ». Elle est une holding bancaire régionale dont les actifs s’élèvent à 42 milliards de dollars et qui exploite 230 succursales dans le New Jersey, à New York, en Floride, en Alabama ainsi qu’à Long Island.

    Tandis que le compte à rebours affichait moins de 72 heures avant la publication de l’ensemble des données, black-out complet. Avaddon n’est plus. La raison de la fermeture soudaine n’est pas claire. La plus plausible est le rapprochement des forces de l’ordre à leur recherche, comme le bureau fédéral d’investigation (FBI) et le centre australien de cybersécurité (ACSC). Ils auraient décidé de prendre leur magot et de disparaître.

    La clé permettant le déchiffrement de toutes les données sur les différents systèmes d’information est disponible. Il est à souhaiter que les différentes cibles, et autres tendent à accroître considérablement l’accès aux différentes sources. (Crédits : capture d’écran Emsisoft)

    BleepingComputer a reçu un message prétendant venir du FBI, contenant un mot de passe et un lien vers un fichier ZIP protégé. C’est au total, 2 934 clés de déchiffrement, où chacune correspond à une entité spécifique. Emsisoft a publié un paléographe sans frais que toutes les cibles infectées puissent utiliser pour récupérer leurs documents gratuitement. « Les récentes actions des forces de l’ordre ont rendu nerveux certains acteurs de la menace : voilà le résultat. Une personne est tombée, et espérons que d’autres tomberont aussi », a déclaré Brett Callow, analyste des menaces chez Emsisoft, à BleepingComputer.

    Vingt-et-une attaques au mois de mai

    Acer finance, Le Volcan et Axa sont les entreprises touchées par le chiffrement d’Avaddon. Au mois de mai, pas moins de 21 attaques par ransomware sur le territoire français. Elles sont Acer Finance (12 mai/Avaddon), Axa Asie (15 mai/Avaddon), Mauffrey (18 mai/Conti-Ryuk), Arca Assurances (20 mai/Prometheus), Despretz (23 mai/Prometheus), Le Volcan (26 mai/Avaddon), Syndex (26 mai/Avaddon), Alma SAS (28 mai/LV), Cabinet Rémy Le Bonnois (31 mai/Everest), et Assurcopro (31 mai/Everest).

    Quant à Berger-Levrault, le 14 mai 2021, l’impact aurait été limité au réseau interne de l’entreprise et affecte également la téléphonie et la messagerie électronique. Fraikin communiquait le 25 mai, avoir fait l’objet d’une attaque de ransomware. Elle assurait qu’aucune donnée « n’a été touchée, volée, détruite, ni corrompue par ce virus ». Le 3 juin 2021, la compagnie Tendriade est partie intégrante d’un lot de cinq infectées par les opérateurs derrière le ransomware Revil. (Crédits : Capture d’écran))

    L’accalmie sera de courte durée. Dès le 8 juin, c’est l’organisation « LV » qui s’attaque à l’entreprise Demarne Frères. Les opérateurs revendiquent l’usurpation de plus de 40 Go de données (finances, comptabilité, documents bancaires, assurances, bases clients).

    Une accalmie de courte durée

    Les sociétés Funbreak et STAM le sont à leur tour et respectivement le 7 et 10 juin par « Conti-Ryuk ». Puis hier et aujourd’hui vendredi 18 juin 2021, « Conti-Ryuk » affiche avoir infecté Voltalia, Maître Prunille, le groupe Iserba, Cerfrance Côtes-d’Armor, Brangeon groupe, Au Forum du Bâtiment SAS.

    Mais c’est une révélation qui affole plus d’un million d’âmes en France. Un particulier est en possession du nom, âge, e-mail et numéro de téléphone de 1,2 million de personnes inscrites à Pôle emploi. Il y a quelques jours, un individu connu pour son business de commercialisation de données piratées dévoilait vendre plus d’un million de comptes appartenant à des sociétaires de l’agence pour l’emploi.

    Quelques heures après son annonce, il décidait de la retirer. « Je traite principalement avec de grosses structures commerciales qui économisent de l’argent sur la sécurité des données de leurs clients, explique-t-il. Ils embauchent des programmeurs bon marché et stupides qui font des erreurs triviales ». Bref, la sécurité internet à deux vitesses pour ce vendeur d’informations volées.

    Fuite de données

    Cette personne extrait des données qu’il affirme écouler « à différentes agences de marketing et à des particuliers ». Concernant Pôle Emploi, l’application pour smartphone semble être une des pistes de la faille permettant l’interception d’informations de plus d’un million d’assurés hexagonaux.

    Les opérateurs offrent 48 heures aux entités touchées pour se manifester et prendre contact en vue d’un règlement. (Crédits : capture d’écran)

    « Quelqu’un m’a écrit en MP et m’a expliqué qu’il s’agissait d’une base de données gouvernementale sur les chômeurs. J’ai fait preuve d’empathie : je ne l’ai vendu à personne et je l’ai retiré de la vente […] Dans une période aussi difficile, les institutions étatiques comme Pôle-emploi sont d’une grande utilité pour la société, et j’ai décidé de ne pas ruiner leur réputation. » Heureusement que certains malfaiteurs ont un sens moral… Ainsi, Jean de la Fontaine écrivit dans la fable du Corbeau et du Renard : « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ».