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  • Cyberattaques : un fléau qui frappe la France

    Cyberattaques : un fléau qui frappe la France

    En France, les cyberattaques ne cessent de se multiplier, touchant aussi bien les hôpitaux que les entreprises privées. Le site Ransomware Live recense déjà 402 attaques revendiquées par des groupes criminels organisés, ce depuis 2017. Un chiffre impressionnant, qui ne reflète pourtant qu’une partie de la réalité, puisque de nombreuses intrusions restent dans l’ombre. Les conséquences pour les entreprises subissant des cyberattaques peuvent être multiples : financières, réputationnelle et juridique.

    Les conséquences sont lourdes : pertes financières, atteinte à l’image, responsabilité juridique… faillite. Aucun secteur n’est épargné. Les cybercriminels, souvent jeunes, multiplient les assauts en exigeant des rançons contre la restitution ou la non-divulgation de données chiffrées. Mais les premières attaques remontent au 11 décembre 1989.

    Une menace omniprésente, des conséquences sans limites !

    Les vendredi 12 et samedi 13 mai 2017, Renault a dû interrompre la production dans de nombreuses usines à Batilly en Meurthe-et-Moselle, Douai dans le Nord, Sandouville en Seine-Maritime, Novo Mesto dans le sud-est de la Slovénie ou encore à Pitesti, en Roumanie. Il était urgent d’isoler les ordinateurs et les serveurs infectés par le ransomware Wannacry. Europol qualifie cette cyberattaque « d’un niveau sans précédent », car plusieurs dizaines de milliers de systèmes d’informations sont affectés, dans au moins 70 pays.

    Il n’y a pas un seul jour où des sociétés publiques comme privées ne soient sous le joug de groupes composés de cybercriminels, souvent jeunes. Les ransomwares « Qilin » revendique les cyberattaques de Bio3g, Wouters France, EPLS, PathoQuest, « The Gentlemen » affiche LPP, SAelen/Heizomat et Peggy Sage via « Datacarry ».

    Depuis « Wannacry » et Renault en 2017 , les ransomwares sont responsables de plus de 400 attaques réussies et rendues publiques dans l’hexagone. Parmi les plus actifs : LockBit (91 attaques connues), Qilin (30), 8Base (27), RansomHub (18), Hunters (12), Alphv/BlackCat (11), et d’autres comme Cl0p, Cactus, Play…

    Double extorsion

    Si les ransomwares dominent l’actualité, ils ne sont pas seuls. Les principaux vecteurs les plus connus du grand public sont les ransowmares, phishing et spear-phishing comme les attaques DDoS.

    Le phishing consiste à piéger les victimes par de faux courriels pour leur soutirer des informations sensibles. Le spear-phishing va plus loin, avec des messages personnalisés et donc plus crédibles. Les attaques DDoS, déni de service distribué paralysent quant à elles des sites web en les saturant de requêtes.

    Ces méthodes, souvent combinées, peuvent conduire à l’arrêt total d’une activité. De nombreux groupes, tels que Datacarry, adoptent une stratégie de double extorsion : ils menacent de les divulguer si la rançon n’est pas payée.

    (Crédits : Anete Lusina/Pexels)

    Ces attaques peuvent paralyser les sites web d’entreprises, entraînant des pertes financières et une altération de la réputation, voire bien pire : la faillite. Le plus emblématique des exemples sur les conséquences des cyberattaques se déroule outre-manche. Le géant britannique du transport, KNP Logistics a dû fermer ses portes en mai 2025 après une attaque du ransomware Akira de juin 2023. Une faillite brutale après 158 ans d’existence.

    L’attaque de Peggy Sage par Datacarry

    Le 15 août 2025, la marque française de cosmétiques Peggy Sage a été victime d’une cyberattaque revendiquée par le groupe Datacarry. Les opérateurs derrière le ransomware divulguent 11,3GB de données compressées sur leur site vitrine. L’ensemble des informations une fois décompressé atteint 14,3 GB. Quatre dossiers et trois documents au format CSV : stg_client de 6,9 Mo, un autre ods_client de 139.1 ko et dwh_client de 963,4 ko.

    Respectivement, ils affichent 268, 12742 et 1896 lignes. Puis quatre dossiers : Personnel de 1,2 Go (1,4 Go décompressé), shop_personnel de 5,9 Go (6,1 Go), recrut de 644,3 Mo (880,9 Mo), webOrders_old de 141,7 Mo (501,3 Mo) et recrut2 de 4,2 Go (5,5 Go).

    Les fichiers divulgués sont particulièrement sensibles : données personnelles (pièces d’identité, cartes vitales, coordonnées bancaires, adresses, numéros de téléphone…), documents RH (Documents pour le recrutement, correspondances France Travail, organigramme…), données internes (commandes, bases clients, favoris de navigation…). (Crédits : capture d’écran)

    Autrement dit, des informations exploitables pour lancer d’autres attaques ciblées contre les salariés ou les clients, par phishing ou usurpation d’identité. Chaque nouvelle cyberattaque rappelle la même réalité : la cybersécurité n’est plus un sujet réservé aux experts. Elle concerne les entreprises, leurs employés, et les citoyens dont les données circulent désormais sans protection. À l’heure où plus de 400 attaques revendiquées depuis 2017, rien qu’en France par ransomware, ont déjà été revendiquées par les cybercriminels, la question n’est plus de savoir si une vous allez être attaqué, mais : quand ?

  • La firme italienne Ferrari touchée par une cyberattaque

    La firme italienne Ferrari touchée par une cyberattaque

    La célèbre firme qui possède Lamborghini, Fiat Group, VAG, Brembo et celle au cheval cabré a subi sa troisième cyberattaque déclarée depuis 2021. En premier Speroni part le ransoware Everest avec un accès FTP, 900 Go de dessins AutoCAD, plus de250 Go de fichiers PST… En 2022 RansomEXX affirmait sur son site de fuite détenir 6,99 Go de données sous forme de 15 fichiers compressés. La marque italienne a informé les personnes touchées par l’attaque dans un communiqué lundi 20 mars 2023.

    Ferrari S.p.A. a été contacté par un acteur avec une demande de rançon. Dès réception de la demande, la compagnie affirme avoir débuté une enquête en collaboration avec une entreprise de cybersécurité. Elle a aussi informé ses clients sur l’exposition potentielle des données et de la nature dudit incident.

    « Nous prenons au sérieux la confidentialité de nos clients et comprenons l’importance de cet incident, c’est pourquoi nous vous en avons informé rapidement », conclut le billet.

    Le communiqué de presse est clair : « Par principe, Ferrari n’acceptera pas de rançon, car le paiement de telles demandes finance des activités criminelles et permet aux acteurs de la menace de perpétuer leurs attaques. »

    RansomEXX diffusait sur son site 14 fichiers de 500 Mo et un de 150 Mo compressés en février 2022. (Crédits : capture d’écran/RansomEXX)

    La compagnie reconnaît que certaines données relatives à leurs clients ont été exposées, à savoir des noms, des adresses, des e-mails et des numéros de téléphone. « Cependant, d’après notre enquête, aucun détail de paiement et/ou numéro de compte bancaire et/ou autre information de paiement sensible, ni aucun détail sur les voitures Ferrari possédées ou commandées n’a été volé. » L’entreprise s’est par ailleurs refusée à tout commentaire sur l’une ou l’autre violation, invoquant une enquête criminelle en cours.

  • La justice argentine aux prises avec le ransomware Play

    La justice argentine aux prises avec le ransomware Play

    Depuis le samedi 13 août 2022, le système judiciaire argentin est paralysé. Le pouvoir juridique est victime d’un groupe d’opérateurs derrière le ransomware « Play ». Une huitaine après, rien n’est revenu à la normale. La justice a préféré mettre hors service ses systèmes informatiques à la suite de la cyberattaque. L’enquête est en cours pour déterminer les auteurs à la base de cette attaque informatique. Un « plan d’urgence » pour faire face à la situation. Il y a eu un « congé judiciaire » la semaine passée pour toutes les affaires traitées par voie électronique.

    « Toutes les mesures nécessaires sont prises pour pouvoir identifier les personnes à l’origine de cette manœuvre », a annoncé le procureur Franco Pilnik. Ce qui est sur c’est que les fichiers numériques ne peuvent toujours pas être lus ni consultés. Le président du barreau de Río Cuarto, Esteban Marrero, a déclaré jeudi 18 août qu’en raison du piratage du système judiciaire, plus de 80 % des procédures sont stoppées.

    Le traitement des affaires en cours d’audience est suspendu. Le système judiciaire est dans un état de semi-paralysie parce que les femmes et hommes de loi ne peuvent pas travailler comme il se doit, ce depuis la cyberattaque qui s’est produite il y a maintenant dix jours. « Nous ne sommes pas en mesure de fournir des services sûrs, comme je le disais, nous ne sommes pas en mesure d’accéder aux systèmes d’administration des dossiers. […] Aujourd’hui pratiquement 100 % des procédures judiciaires sont numériques. Elles sont virtuelles et incapables de fonctionner en raison de la cyberattaque », expliquait lors de la conférence de presse Ignacio Segura, le président du collège des avocats de Córdoba, en Argentine.

    Lors de la conférence de presse Ignacio Segura, président du collège des avocats de Córdoba, en Argentine, commentait durant plus de dix minutes la situation et les contre-mesures mises en place. Le pouvoir judiciaire se remet peu à peu, en pansant les plaies les plus urgentes. (Crédits : YouTube)

    Un retour progressif du système implique, selon Ignacio Segura, tout d’abord l’ouverture de l’intranet. « C’est-à-dire que le système pour les utilisateurs internes, fonctionnaires et employés, a été ouvert aujourd’hui à 9 heures (le 22 août 2022) avec quelques restrictions. Le travail du système judiciaire est ralenti, beaucoup de choses doivent être faites à la main alors qu’elles étaient faites par ordinateur, on ne peut pas accéder aux données, dans le cas des procès, on ne peut pas accéder à la documentation, mais les preuves n’ont pas été endommagées. »

    Selon Bleeping Computer, une liste d’adresses e-mail d’employés aurait été divulguée dans le cadre de l’attaque informatique de Globant en mars dernier. Elle était diligentée par Lapsus$. Ce qui aurait peut-être permis aux opérateurs de mener une opération de phishing pour usurper des informations d’identification.

    Ce n’est pas la première fois qu’une agence gouvernementale en Argentine subit une attaque de ransomware. En septembre 2020, le ransomware Netwalker avait attaqué la direction nationale d’immigration, en exigeant une rançon de 4 millions de dollars.

    Les opérations de phishing permettent de coordonner de plus grandes attaques à des fins malveillantes dont le but est l’argent. Le Sénat argentin avait subit une attaque plus tôt dans l’année, mais des accès étaient mis en vente par Everest. (Crédits : Infobae)

    Le jeudi 27 août 2020, le ransomware NetWalker compromettait les données de la Direction nationale de l’immigration. Un message d’extorsion indiquait que s’ils ne payaient pas pour récupérer les informations exfiltrées, les opérateurs divulgueraient les données. En jeu, 22 dossiers avec des informations d’ambassades, dont celle des États-Unis, des rapports d’Interpol et de l’AFI (Federal Intelligence Agency), entre autres.

  • Les attaques par ransomware se multiplient

    Les attaques par ransomware se multiplient

    Le site du ministère de la Santé israélien a récupéré ses fonctions rapidement. Les compagnies derrière les ransomware tels que Clop, BlackCat, LockBit 3.0, Everest, Ragnar, Industrial Spy pour ne citer qu’elles revendiquent de très nombreuses attaques par ransomwares. En France, la poste mobile, les bureaux de l’Épargne, les cabinets PLR Avocats, et Bosco-Avocats ont vu la menace de divulgation des données volées mise à exécution par les opérateurs derrière le rançongiciel LockBit 3.0.

    Sur le site de fuite, les opérateurs indiquent détenir 73.5 GB de données compressées sensibles et confidentielles du cabinet d’avocats parisiens PLR. Concernant le second cabinet, ils affirment avoir en leur possession 101 GB de documents tout aussi sensible et confidentiel. La compagnie Les bureaux de l’épargne situés dans le 1er arrondissement de Paris aurait plus de 57 GB de données compressées volées.

    Le gang LockBit 3.0 revendique les attaques contre le cabinet médical américain Cristiana Spine Center, le fabricant de charcuterie italienne Rovagnati, le Chinois Cpic qui manufacture et vend des produits en fibre de verre ou encore l’entreprise pétrolière nationale indonésienne, MedcoEnergi. (Crédits : capture d’écran/LockBit)

    Les opérateurs derrière les ransomwares monnayent leurs vols de données, en proposant d’acheter les renseignements, ou carrément de les détruire concernant les données sensibles voire critique. Pour la société Genuspic, productrice ce viande de porc en Angleterre, les données sont directement téléchargeables.

  • Les données du Sénat argentin en ligne

    Les données du Sénat argentin en ligne

    Le 14 janvier 2022, le Sénat argentin indiquait avoir subi, deux jours plus tôt, une attaque informatique aux premières heures du matin. Dans une série de tweets, les membres de l’assemblée précisaient qu’il s’agissait d’une infection par codes malveillants qui s’avérerait être le ransomware Vice Society. Le but consiste à utiliser un programme informatique pour bloquer l’accès aux données, les chiffrant et à demander le paiement d’une rançon pour les libérer. Il semble qu’ils n’ont pas dû régler tout ou partie de la somme requise par les opérateurs, car les données sont en ligne.

    La chambre haute argentine a été victime d’une attaque par ransomware. Selon les médias locaux de l’époque, les malfaiteurs avaient crypté les renseignements, mais « toutes les informations volées sont publiques et sont disponibles pour tout le monde sur notre site de transparence », relatait la communication du Sénat argentin. Des sources proches de la présidence du Sénat déclaraient travailler au retour à la normale, et insistaient que les données soustraites n’étaient en aucun cas sensibles et qu’au moment des confidences qu’« il n’y a pas eu de demande de rançon et s’il y en a une, rien ne sera payé ».

    En 2020, REvil avait dérobé 50 Go de données à l’autorité nationale des routes, Netwalker lui ciblait l’organisme des migrations, en fin d’année 2021, Everest publiait une offre d’achat pour les accès aux systèmes gouvernementaux en Argentine. (Crédits : Twitter)

    « Dès l’attaque, notre équipe de sécurité informatique s’est mise au travail. Jusqu’à présent, nous avons réussi à récupérer la plupart des informations pertinentes et à isoler les équipements sensibles, ce qui nous permettra de reprendre nos activités dès que possible », assurait le Sénat. La plainte avait été déposée le lundi suivant l’attaque. En octobre 2021, le Registre national des personnes avait été victime de criminels volant des millions de données pour exiger une rançon.

    Le 11 mars 2022, Vice Society a annoncé la divulgation des données volées au Sénat argentin, incluant un lien vers lesdits documents. (Crédits : capture d’écran)

    Les numéros des pièces d’identité (DNI), le CUIL qui n’est autre que notre numéro de sécurité sociale français et de procédure apparaissent, les photocopies des rectos et versos des cartes, mais aussi les permis de conduire, signature à main levée… seul bémol les empreintes digitales. « Les chercheurs Sol González et Martina López d’ESET s’accordent à dire que, bien que l’exploitation de ces informations soit plus complexe d’un point de vue technique, cela ne signifie pas qu’elles ne peuvent pas être exploitées par les cybercriminels et, si elles sont utilisées, elles peuvent être très dangereuses, car il ne s’agit pas d’un mot de passe que l’utilisateur peut modifier », relate le site welivesecurity.

  • LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    LockBit2.0 et le ministère de la Justice

    Un coup de pression si l’on en croit les journaux ici et là. Il semblerait au vu des données publiées sur le site de fuite que les opérateurs derrière le ransomware LockBit 2.0 ne jouent pas au poker menteur. Depuis ce matin 2 février 2022 des informations identifiant plus particulièrement le monde de la Justice dans le Calvados sont accessibles. Hormis le ministère de la Justice, la ville de Saint-Cloud est mentionnée comme cible d’une infection par codes malveillants, et susceptibles de voir ces documents sur le DarkWeb.

    L’information était prise très au sérieux dès la parution de l’annonce, le ministère indiquait s’être « immédiatement organisé pour procéder aux vérifications nécessaires, en lien avec les services compétents dans ce domaine ». Lockbit 2.0 est connu pour avoir ciblé d’autres organisations françaises, comme la société de sécurité Thales ou encore le site de Schneider Electric en décembre dernier. Mais pour l’expert, plusieurs zones d’ombre sont à éclaircir : « Pour l’instant, nous ne savons pas s’ils préparent une fuite massive de données ou s’il s’agit uniquement d’un coup de pression en lien avec le contexte politique », indiquait Guillaume Maguet, expert en cybersécurité chez Deep Instinct au Figaro. Ce n’est pas à proprement dit le ministère de la Justice française qui était la cible, mais un cabinet d’avocats, maillon essentiel de l’appareil judiciaire.

    Les contrats de travail des personnes, la liste des avocats présents en 2016, des factures de téléphone, des coordonnées internes du cabinet, de différentes chambres sont désormais diffusés sur le site de fuite des cyber-malfaiteurs. (Crédits : capture d’écran)

    Ce sont des données très sensibles qui sont disponibles sur le DarkWeb. Ne déplaise à personne, les personnes œuvrant dans l’ombre et la profondeur de l’internet ne bluffent, que dans les fictions et encore… Leur but est, purement et simplement de vous soutirer de la menue monnaie. D’autres parties prenantes de la Justice à travers le monde ont déjà fait les frais de ce genre d’attaque « informatique ». Le cabinet Jones Day, celui de Brandon Sua et Associés, Greenberg & Stein Avocats, tous trois basés aux États-Unis, et en France celui de Me Rémy Le Bonnois. Ces différents cabinets, pour ne citer qu’eux furent ciblés, infectés et les informations diffusées par l’équipe usant le ransomware Everest.

    Des dossiers de jugement mentionnant les patronymes des différentes parties amenées devant les tribunaux sont lisibles. (Crédits : capture d’écran)

    La société civile professionnelle DL2M, qui est le cabinet d’avocats Dorel Lecomte Marguerie est particulièrement mentionnée dans les dossiers mis en ligne par LockBit 2.0. Ainsi de très nombreuses pièces juridiques sont libres d’accès, à savoir des coordonnées de TGI, RIB, des noms, des employés, des actions et affaires judiciaires, mais pas seulement. Des dictées ou bobines dans le jargon sont disponibles. Ce sont des fichiers audio sur lesquels les avocats transmettent au personnel du secrétariat des courriers à rédiger. Quand il est indubitable que l’internet des objets (IoT) remplit de jour en jour les foyers français, et que les commandes vocales ont le vent en poupe, cela peut porter à préjudice. De plus, les coordonnées des intervenants du cabinet DL2M de messagerie fournies par l’opérateur Orange sont un des nombreux documents au format PDF. Datant de 2017, des griffonnages semblent afficher les identifiants et mots de passe, espérons qu’ils furent depuis changés, mais surtout que les professionnels du droit soient déjà en relation avec l’ANSSI.

  • Ransomware, une année record

    Ransomware, une année record

    Alors que tous les gouvernements prônent le retour au télétravail, les sécurités sont-elles de mise ? Le SARS-CoV-2 occupe peu ou prou la totalité du paysage médiatique, quand ce n’est pas la campagne pour l’élection présidentielle. Ce n’est pour autant pas la seule information ni contamination à travers la planète. Celle ressentie par les codes malveillants d’opérateurs que nous appelons communément « Virus ». Les attaques par ransomware sont prolifiques en cette année 2021, et promettent une année 2022 du même acabit.

    Le tout premier de l’année fut le groupe OMV System France, par le ransomware Darkside en date du 3 janvier 2021, revendiqué le 19. Si certaines organisations semblent tomber aux oubliettes, comme Avaddon, il faut rester prudent. AlphaVM réclame l’offensive et les 650 GB de données sur Snop Group. Également 151 GB exfiltrés de Douglas Shaw & Associates. Bl@cktor explique que les entreprises attaquées avec lesquelles un accord est trouvé ne verront pas leurs données publiées. Pour les autres bl@ckt0r « publiera ici la notification de violation de données et commencera à échanger leurs données exfiltrées. » L’université UNEXCA de la Grande Caracas au Venezuela est l’une des cibles. La somme de 30 000 $ est demandée. Des coordonnées sont affichées et mentionnent numéro de carte d’identité, prénom, nom, date de naissance…

    Le message est clair. « Nous avons des informations qui vont soit intéresser vos concurrents, soit causer des dommages à votre entreprise », martèlent les opérateurs derrière AlphaVM. Contactez-nous avant que nous publiions les données affichent-ils le 21 décembre 2021. (Crédits : capture d’écran)

    Clop affiche Swirespo (Singapour), Muschert-gierse (Allemagne), MTMRecognition (USA) avec des quantités astronomiques de renseignements comme des courriels. Concernant la firme américaine, au total plus de 700 000 adresses mail sont répertoriées.

    Entropy fait partie des nouveaux ransomwares tissant petit à petit sa toile et les fuites des attaques sur le site de leaks. (Crédits : capture d’écran)

    Grief est prolixe tant en offensive qu’en mise à jour des données exposées, comme en date du 28 décembre 2021, des données du bureau national de radiodiffusion et de télécommunications. Ainsi le groupe de ransomware Midas relate de nombreuses attaques (New Corp, Texas Entreprises, GEW Corporation Limited…).

    La France cible de choix

    Les cibles, comme les municipalités sont telles que les attaques quadrillent l’hexagone de part en part. En janvier 2021, OMV System France (3/1-Darkside), Coffim (4/1-NetWalker), le 16 la ville d’Angers subissait une attaque par ransomware. « Dans la nuit de vendredi à samedi, une cyber attaque a fixé le système d’information de la ville d’Angers et de la métropole. Le diagnostic a conclu à une attaque de type rançongiciel qui a frappé La Rochelle, Aix Marseille, Vincennes, l’ADEME… dans un passé récent », twittait la commune. Revil/Sodinokibi a revendiqué l’attaque de la société UCAR perpétrée le 20 janvier, le 2 février 2021. Le conseil départemental de la Vienne se retrouvait sans téléphone ni ordinateurs, des suites d’une attaque informatique. La clinique de l’Anjou à travers ses personnels hospitaliers se rendait compte à 4 h, le 23 janvier que plus rien ne fonctionnait. La commune d’Houilles victime de chiffrement de données puis de demande de rançon (30-1), le même jour, la Châtaigneraie tombe sous le coup de PYSA. Enfin Darkside revendique le vol de plus de 30 Go de données sensibles de Wonderbox.

    • Février : le 1er , Pénélope par Darkside, BVA (Conti), le 2 SVI Assurances (Avaddon), le 5 Mutuelle Nationale des Hospitaliers (RansomExx), Groupe Leader Interim, le 6 Signabois, le 9 le Centre Hospitalier de Dax (Ryuk), Trigano (Revil/Sodinokibi), le groupement Hospitalier de Dordogne le 11 février 2021, le 15, l’hôpital Nord-Ouest de Villefranche-sur-Saône (Ryuk), 1001 Vies Habitat, l’hôpital de La Chatre, le 16 la boulangerie Wach de Selestat, la mairie de Pontault-Combault, l’AFNOR le 18 (Ryuk), Bénéteau bloqué le 19 février, une usine classée Seveso à Béziers, comme Burgo Adrennes, le 21 Chalon-sur-Saône et Manutan (DoppelPaymer). Le lendemain, Charles André SAS. Lactalis s’en sort grâce à une détection en amont. Cashmag par Avaddon le 28

    Les mois se suivent et se ressemblent. Le mois de mars affichent vingt-deux attaques :

    • CGG (1/3, Cl0p), CEE Schisler (1/3, Conti), Communauté de communes de l’Est lyonnais, Soflog (3/3, DoppelPaymer), Servimo (3/3), Jacquet Metals (4/3, Conti), Rainbow Guyanne (5/3), Coallia (6/3), Centre hospitalier d’Oloron (8/3), SDIS 14 (9/3), SDIS 47 (10/3), La compagnie du SAV (10/3, Avaddon), Mersen (15/3, Mount Locker/Astro Team), Groupe Upperside Capital Partners (19/3, Conti), Montagne et Neige Développement (22/3), Asteelflash (24/3, Revil), Institut de formation santé de l’Ouest (26/3, Ragnarok), Yposkesi (27/3, Babuk), Targetcom (28/3, Avaddon), Goron (30/3, DoppelPaymer), Montagnettes (30/3, Ragnarok), et Pierre Fabre (31/3, Revil)
    AvrilMaiJuinJuilletAoût
    Université de Montpellier, Vallauris Golf-Juan, Würth France, Hôpital de Saint-Gaudens, Bourbon, Ville de Douai, Isle-sur-la-Sorgue, Morières-lès-Avignon, In Extenso, Élancourt, Fondation Hopale, La Martinière, Azenn, Trescal, Cegos, Fondation santé des étudiants de France, Transports Fatton, Oré Peinture, CPIE Gâtine Poitevine, Protectim, Marietton Développement, API, Challenge The Room, UniLaSalle, Centre François-Baclesse, Santélys, Apperton, Dirickx, Interfel, CNE, Laurent Perrier, Groupe Hopps, Bourg Saint Maurice – Les Arcs, Invicta Group, Voies navigables de France, REOREV, Fédération CINOV, Infovista,Albioma, Toshiba TFIS, Atalian, iQera, Acer Finance, Berger-Levrault, Otago Productions, Axa (Asie), Stelliant, Mauffrey, Fraikin, Arca Assurances, Iserba, Despretz, STAM, Funbreak, Le Volcan, Syndex, V2 Location, Alma SAS, Cabinet Remy Le Bonnois, AssurcoproAqualung Trading, Tendriade, Saint-Avold Synergie, Pont-Saint-Esprit, PRB, Camaïeu, Demarne Frères, Cerba, Arketeam, Deux-Sèvres Habitat, 4murs, Au forum du bâtiment SAS, Brangeon Groupe, Cerfrance Côtes d’Armor, SEPUR, Maître Prunille, Voltalia, Groupe Traon Industrie Développement, Inserm Transfert, Imprimerie Lamazière, Epsilon Hydraulique, Always International, Assurances et Courtage Lyonnais, Alltech France, Lenaja, Groupe Confiance Immobilier, Xefi, CCI Bordeaux-Gironde, Assu2000, VillepinteGroupe PCM, Fichorga, Keyrus, Royatonic, Centre Hospitalier de Périgueux, Erstein, Aris-Services, MHR, Socoplan, CGP Industries, Six cabinets d’avocats, Groupe Profil, Elven, Résidence Les ChâtaigniersCentre Hospitalier d’Arles, Solware, L’Argus, AssurOne, Luçon, Alispharm
    SeptembreOctobreNovembreDécembreRansomwares
    Vivea, Telecom Sud Paris, Annoncez-vous, La Martiniquaise, Cromology, Steel Projects, Champagnes & Châteaux, LinkOffice, Conflans-Saint-Honorine, Fugybat, MaitrexÉditeur de solutions de billeterie, Bolbec, Transports Verlhac & Fils, Portalp, Courtoise Motors, Sides, Communauté de communes Sarrebourg Moselle-Sud, La Secan, Association des personnels d’Airbus, Trujas SAS, Cabinet Font Guillot, Audras & Delonnois, VKP, Neofidelys, Paris Society, Cabinet Cazenave, Lycée de la Joliverie (44), IDF Habitat, Un centre de radiothérapie à Melun, Fauveder, Polyclinique Bordeaux Nord, Greggio SAS, Communauté de communes Pays d’Apt Luberon, Saint Affrique, Troyes Aube Habitat, Idline, Prestataire du Cannet des Maures, Istres,Un CFA d’Essonne, Groupe Avril, April, Fandi, CEPI Management, Dalloyau, Jean Floc’h, Chryso, Bureau d’étude thermique Saison Paragot (Chartres), GPV France, Eduservices, Bureau Veritas, Syndicat intercommunal informatique de Bobigny, Orchestra, Annecy, Verlingue, LDLC, Agglomération du Grand Guéret,Montceau-les-Mines, SVP Information Décisionnelle, Promhotel, Sud Trading Company, Chantelle, Fittingbox, Ressort Masselin, Mr Bricolage (44), Inetum, Château-Thierry, La liste du mois d’avril à décembre est très longue, et reste imbuvable même en tableau. La communauté d’agglomération Est Ensemble54bb47h, AlphaVM, Arvin Club, Astro Team, AtomSilo, Avaddon, AvosLocker, Babuk, BlackByte, Bl4ckt0r, BlackMatter, Black Shadow, Bonaci Group, CL0P, CONTI, CoomingProject, Cuba, Darkside, DoppelPaymer, Entropy, Everest, Grief, Groove, Haron, Hitler, Hive, Hotarus, Karma Leaks, LockBit 2.0, LockData Auction, Lorenz, LV BLOG, MBC, Midas, Moses Staff, Mount Locker, Nefilim, NONAME, N3tw0rm, Pay2Key, Payload.bin, Prometheus, Pysa, Quantum, Ragnar_Locker, Ragnarok, Ranzy/AKO, RAMP, RansomEXX, REvil, Rook, Snatch, Spook, Suncrypt, SynACK, Vice Society, XING Team…
    La liste du mois d’avril à décembre des victimes est si longue, qu’elle reste imbuvable même en tableau. La communauté d’agglomération Est Ensemble Grand Paris finit l’année aux prises avec une cyberattaque (27 décembre) révèle LeMagIT.

    La dernière faille est connue sous Log4Shell. L’année 2022 se doit d’être éducative pour le surf sur l’Internet et les manières de se protéger, d’autant que les opérateurs derrière les ransomwares sont toujours à la recherche de la faille.

  • Un ransomware, qu’est-ce que c’est ?

    Un ransomware, qu’est-ce que c’est ?

    Les attaques par code malveillant ne faiblissent pas, que ce soit à l’étranger comme en France. Sept entreprises de l’hexagone, pour le mois de septembre 2021 sont les jouets de malversation : Annoncez-vous, Télécom Sud Paris par CoomingProject, La Martiniquaise par Blackmatter, Cromology et Champagnes Thiénot par Grief, puis Steel Projets par Everest. Si les rançongiciels sont de plus en plus présents, et redoutables quant à leurs méthodes, qu’est-ce qu’un ransomware ? Quels buts ? Quel fut le premier ?

    L’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) définit « un rançongiciel est un code malveillant empêchant la victime d’accéder au contenu de ses fichiers afin de lui extorquer de l’argent. La très grande majorité des rançongiciels a actuellement la capacité de chiffrer des fichiers stockés sur le réseau de la victime. » Ne pas confondre programme (malware) et code malveillant le premier est réservé aux logiciels, le second est un script qui profite des vulnérabilités des sites, dans l’intention de charger un programme malveillant.

    Ces lignes de code ont pour but d’afficher la date et l’heure en plusieurs formats sous Python. Il se loge et se cache dans divers endroits. Ainsi l’attaque trouve son vecteur dans un courriel, une connexion avec un équipement infecté (clé USB, câble…), navigation, fausse mise à jour, l’exploitation d’une vulnérabilité…(Crédits : mes exemples)

    L’agence du numérique en santé donne des conseils. En cas de bugs inattendus, de lenteur du système, d’un disque dur anormalement actif, des messages étranges , la désactivation des logiciels de sécurisation… elle préconise de déconnecter le poste, sans l’éteindre, et surtout d’avertir les techniciens et le responsable des SSI (sécurité des systèmes d’information).

    Le 1er mars 2021, l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) publiait un document qui faisait état de la menace. « La tendance à la hausse des attaques par rançongiciel à l’encontre d’organisations publiques et privées, identifiée depuis 2018, s’est à nouveau confirmée en 2020, tant à l’échelle internationale que nationale », alerte-t-elle. En effet de 2019 à 2020, c’est une augmentation de 255 % des offensives stipule l’ouvrage. Aucune discipline d’activité ni zone géographique n’est épargnée, bien au contraire. L’observation démontre un accroissement des assauts contre des collectivités locales, du domaine de l’éducation, du secteur de la santé et d’entreprises de services numériques.

    Comme le jour de marché, les marchands disposent leurs étalages. Dessus s’affichent les produits, leurs noms avec l’étiquette des prix. (Crédits : capture d’écran)

    Qui plus est lorsque « la rentabilité des attaques par rançongiciel, est bien supérieure à leur coût de mise en œuvre, explique la prolifération des groupes d’attaquants et laisse présager une constance, si ce n’est une hausse, de la menace liée aux rançongiciels dans les années à venir. » Pour les cibles, les coûts et dégâts causés sont multiples et variés. Ils peuvent être des pertes financières, d’exploitation, une atteinte à l’image, perte de clients, de données… il arrive parfois que la somme soit payée pour diverses raisons.

    Big Game Hunting, RaaS et double extorsion

    Les moyens choisis sont pléthores quand il s’agit d’infecter un terminal, mais trois se détachent. Le triptyque offensif affiche le Big Game Hunting, le ransomware-as-a-service (RaaS) et la double extorsion.

    Le premier est littéralement la chasse au gros gibier. Elles portent références aux associations de malfaiteurs derrière les ransomwares qui ne recherchent que des cibles majeures. Telles que les réseaux d’entreprises, multinationales, plutôt que de s’en prendre aux petits. C’est une façon de gagner plus d’argent des compagnies victimes, ayant beaucoup plus à perdre que des simples données de particuliers. Ce type d’attaque s’est intensifié en 2019, la plupart visant des fournisseurs de services gérés, des écoles américaines, des gouvernements locaux américains et, plus récemment, des entreprises plus grandes en Europe.

    Les opérateurs derrière le ransomware GoldenEye demandaient 300 dollars américains pour chaque terminal infectés. En France Saint-Gobain avait reconnu l’être. Un mois après l’affaire WannaCry, et les nombreux dégâts occasionnés à l’internationale comme dans l’hexagone, par exemple chez Renault à Douai. (Crédits : DR)

    Le ransomware-as-a-service (RaaS) a évolué depuis sa première apparition. Classiquement, il est un code malveillant qui crypte presque instantanément les données à l’aide d’un chiffrement RSA (initiales des inventeurs : Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman). Moyennant le paiement d’une somme d’environ 300 dollars, la clé de déchiffrement vous était envoyé. Ces deux campagnes d’attaques font évoluer la sécurité des systèmes d’information des diverses sociétés. La première NotPetya, puis celle qui est considérée comme la plus grande attaque par ransomware de l’histoire de l’Internet, WannaCry.

    Histoire de WannaCry

    Le 12 mai 2017, une attaque par d’une ampleur encore inconnue affectait plus de 200 000 victimes à travers le monde. Il est un « crypto-ver ransomware », qui a ciblé les terminaux exécutant le système d’exploitation (OS) Microsoft Windows en chiffrant les données et en exigeant des paiements de rançon en Bitcoin. « Il est considéré comme un ver de réseau car il inclut également un mécanisme de transport pour se propager automatiquement. » À travers le code de distribution, il recherche les dispositifs vulnérables, puis utilise l’exploit EternalBlue pour y accéder et enfin l’outil DoublePulsar (Backdoor ou porte dérobée de la NSA) pour s’installer et exécuter une copie de lui-même. À l’origine, il s’agirait, sans aucune confirmation de la performance du groupe nord-coréen Lazarus. Quid des correctifs ? Microsoft avait publié, deux mois auparavant, un correctif de sécurité contre cette vulnérabilité. Nombreux individus et organisations ont payé pour apprendre. En ne mettant pas régulièrement à jour leurs systèmes, ils ont été exposés à l’attaque. Comme l’écrit la journaliste Samantha Schwartz sur « Cybersecurity Dive ».

    La diffusion d’informations suite à une attaque par ransomware est de plus en plus fréquente, surtout quand les cibles n’acquittent pas la rançon. (Crédits : Capture d’écran)

    « La facilité avec laquelle une organisation criminelle peut franchir votre périmètre, quel qu’il soit, à notre époque, et accéder aux biens est bien plus simple que ce que même moi j’aurais pensé lorsque je travaillais dans la communauté des renseignements », déclarait Justin Fier directeur de la cyberintelligence et des analyses chez Darktrace. « Cela m’inquiète que nous soyons en 2021 et que ces mots sortent même de ma bouche pour vous », assurait-il face à Samantha Schwartz. Ils ne se contentent plus de chiffrés les informations, ils visent avant tout à les exfiltrer, les crypter (en laissant des preuves convaincantes de la présence de l’attaquant dans le réseau), puis vient l’extorsion. Enfin, lorsque les rançons demandées ne sont pas payées ou que la cible refuse, il y a publication des données volées sur l’Internet (Web, DeepWeb, DarkWeb…). Car le but premier des opérateurs est de gagner de l’argent, ce par n’importe quel moyen. Puis, les attaques dissimulent peut-être des opérations à finalités commerciales, d’espionnages, ou encore comme le NotPetya à finalité destructrice.

    À quand remonte le premier ransomware ?

    À peine un mois après la chute du Mur de Berlin, entre le 8 et le 12 décembre 1989, 20 000 disquettes 51/4 d’information sur le sida ont été envoyées depuis Londres en Europe, en Afrique, en Scandinavie, en Australie… Les destinataires sont des délégués d’un congrès mondial sur le virus du sida, qui s’est tenu à Stockholm en octobre 1988. La disquette contenait un questionnaire interactif sur ledit virus. À l’intérieur un programme pernicieux de type cheval de Troie, connu sous le nom de PC Cyborg. Il est conçu pour crypter des sections du répertoire racine du disque dur d’un terminal. Eddy Willems travaillait pour une compagnie d’assurance en Belgique, don patron lui demanda d’en vérifier la teneur. Il s’en saisit, l’insère dans le lecteur prévu à cet effet. Ce n’est que bien plus tard, qu’il remarque qu’« il y avait un message à l’écran me demandant de payer. Il me demandait d’envoyer 189 dollars à une boîte postale au Panama, sinon je ne pourrais plus utiliser mon ordinateur », raconte-t-il.

    L’information a été conté, le logiciel décortiqué, disséqué de fonds en comble par la revue Virus Bulletin de janvier 1990.
    Sur un document de vingt pages, les auteurs usent de l’ingénierie inverse ou rétro-ingénierie. (Crédits : Developpez.com)

    Il éteint l’ordinateur et emploie une disquette de démarrage pour le relancer. Il a constaté que ses répertoires étaient toujours là, mais qu’ils étaient cachés et que les dénominations des fichiers avaient été remplacés par des chaînes de caractères aléatoires. Heureusement, le contenu de ses fichiers n’était pas altéré, seules leurs appellations semblaient bizarres. « J’ai pensé : c’était du chiffrement. Mais c’était complètement ridicule. Le programme n’avait pas été créé par un vrai informaticien », dit-il. Le disque d’information contenait deux fichiers de programme, install.exe et aids.exe, écrits en QuickBASIC 3.0 et compilés de manière standard avec le compilateur fourni (v5.60) explique le rapport de 20 pages. Les forces de l’ordre remontaient vers le biologiste évolutionniste de Harvard, Docteur Joseph Popp. Arrêté pour avoir diffusé le virus informatique, et plusieurs chefs d’accusation de chantage, il avait été déclaré mentalement inapte à être jugé. Il meurt dans un accident de la voie publique le 27 juin 2006.

  • Jour de rentrée… aussi pour les ransomwares

    Jour de rentrée… aussi pour les ransomwares

    Les vacances, même si l’été fut plus froid et humide qu’en 2014 a annoncé Météo France, sont belles et bien terminées. Les codes malveillants, ransomwares, phishing… eux ne sont pas véritablement restés en estivation. Les opérations d’attaque ont passablement épargné la France, à brûle-pourpoint. Le centre hospitalier d’Arles n’a quant à lui pas été ménagé par le groupe « Vice Society ». Dans le monde de « l’informatique », des petits nouveaux se montrent, certains affinent leur choix de cible, et d’autres sont prolifiques. Des fuites de données sont également légion.

    Le 27 août 2021, des informations concernant 700 000 personnes étaient disponibles sur Francetest. Ainsi noms, prénoms, dates de naissance, adresses, numéros de téléphone, de sécurité sociale et courriel, ainsi que leurs résultats aux tests étaient accessibles jusqu’à vendredi grâce à « un mot de passe trouvable, en clair, dans un dossier accessible à tous » sur le site de Francetest, relatait Mediapart. Les membres du site « Jassume », eux frémissent outre-Atlantique depuis la mi-août.

    Le site permet de faire des rencontres, mais d’échanger sur de nombreux sujets (sexualité, spiritualité, livres…). Le panel de coordonnées est alors plus qu’intéressant pour toutes personnes malintentionnées. (Crédits : capture d’écran)

    Au total 272, 9 Mo de données affichant près de 800 000 utilisatrices et utilisateurs sont jetés en pâture au premier venu. « Le pirate informatique “M”, nous l’appellerons ainsi, est une référence dans son milieu. Ce professionnel du piratage et de la vente de données exfiltrées vient d’annoncer avoir suffisamment vendu la base de données du site pour adultes “Jassume” pour maintenant la diffuser publiquement », écrit Damien Bancal sur Zataz. Ces personnes devront, si ce n’est pas déjà le cas changer tous leurs mots de passe, de tous les sites qu’ils fréquentent. Car leurs identité, mot de passe, emploi, webcam, date de naissance et courriel sont compromis à différents niveaux. « J’ai découvert que des pirates russes avaient analysé le fichier et en avaient déduit que plus de 85 % des paires email/mot de passe était uniques, c’est-à-dire qu’elles n’avaient pas jamais été trouvées précédemment dans aucune autre fuite », martèle-t-il. D’autant qu’avec ces multiples données, les hameçonnages devraient se multiplier, et pas seulement. Les usurpations d’identité, fraudes bancaires…

    Près de 800 000 identités ont été vendues de nombreuses fois avant d’être mises en libre accès. Elles sont les noms, prénoms, pseudos, adresses mail, professions, lieux de résidence, préférences spirituelles et sexuelles… (Crédits : capture d’écran)

    L’opérateur T-Mobile attaqué

    Le 17 août 2021, la société T-Mobile, filiale de Deutsche Telekom, avait confirmé être victime d’une cyberattaque qui a compromis les données de millions de clients. Selon la firme, les informations financières ne sont pas concernées. Seuls les noms, adresses, dates de naissance, permis de conduire, et cartes d’identité ont été ébranlés. « L’intention de cet individu était de s’introduire et de voler des données, et il a réussi, affirme Mike Sievert, PDG de T-Mobile. À ce jour, nous avons notifié à peu près tous les clients actuels de T-Mobile ou les titulaires de comptes principaux dont les données ont été compromises. »

    T-Mobile a indiqué que les informations de 7,8 millions de clients (qui dénombre plus de 100 millions de clients) ont été dérobées. (Crédits : capture d’écran)

    Bangkok Airways victime d’un vol

    Le 23 août 2021, la compagnie aérienne avait découvert une intrusion dans ses systèmes d’information. L’enquête confirme que de nombreuses données personnelles ont pu être consultées, voir télécharger à des fins délictuelles. Trois jours plus tard, Bangkok Airways liste dans un communiqué les renseignements ultra-sensibles.

    À savoir le prénom et nom du passager, sa nationalité, son sexe, son numéro de téléphone, son courriel, son adresse de domicile, les indications de son passeport, l’historique de ses voyages, sa carte de crédit et plus cocasse des informations sur ses repas spéciaux. La compagnie confirme toutefois que l’incident n’a pas affecté les systèmes de sécurité opérationnels ou aéronautiques de la multinationale. « La compagnie recommande vivement aux passagers de contacter leur banque ou leur fournisseur de carte de crédit, de suivre leurs conseils et de changer tout mot de passe compromis dès que possible. »

    En France, les entreprises Solware et Vivea basées respectivement à Dardilly et Paris ont été infectées par les opérateurs derrière le ransomware « CONTI/Ryuk ». Vivea spécialisé dans l’accompagnement de chefs d’entreprise agricole et leurs conjoints collaborateurs dans le développement de leurs compétences voit près de 97 GB de données ainsi exposées. Sans oublier la société Alispharm attaquée par le ransomware Everest.

    Les opérateurs derrière les ransomwares développent des outils pour s’adapter aux différentes contre-mesures mises en place par les établissements de sécurité. Il est plus que nécessaire de repenser nos habitudes envers nos procédés du quotidien. (Crédits : capture d’écran)

    L’entreprise Solware vit un enfer comme ses clients, car près de 900 GB de données sensibles sont en libre accès suite au non paiement de la rançon exigée par les attaquants. Elles sont pléthores et sensibles :

    • documentation financière (états financiers, documents comptables, fiches de paie contenant des données confidentielles, paiements)
    • les contrats avec les partenaires (contrats, accords, bases de clients)
    • données sur vos développements (code source, modifications, description)
    • les archives de la correspondance par courrier
    • la documentation de travail de l’entreprise (stratégie, plans)

    BlackMatter, AvosLocker, LOCKBIT2.0…

    De nouveaux groupes criminels affichent de nombreuses attaques de par le monde. « LockBit 2.0 » est l’un des plus prolifiques avec 75 entreprises au tableau de chasse telles que Brunsrealty (USA), Pro-Beam (ALL), Seiei-Ashd (JAP), Pridepak (AFS), Softvision (BRE), Bangkokair (THA), Hellmich-Partner (ALL), Ethiopianairlines (ETH), Lemonastere (CAN)… « BlackMatter » revendique des attaques contre Georgia Healthcare Alliance, The Brokerage Lanc Company, One Source, Tasteful Selections, Diamond Schmitt, Enreach UK Ltd… « AvosLocker » se lance tous azimuts. Il se revendique d’avoir attaqué On Logistics Services Algeciras en Espagne, Homme in Brussels en Belgique, Coghlin Electrical Contractors et Master Fluid Solutions aux USA, et Artaş Grubu en Turquie.

    « Marketo » infecte le second fabricant européen d’aérogénérateurs, Siemens Gamesa Renewable Ernergy en Espagne et l’entreprise française Giga Tribe. Cette dernière propose des solutions de stockages et d’échanges sécurisés de fichiers à plus de 1, 7 millions d’utilisateurs, et permet par exemple d’effectuer des échanges confidentiels, en particulier d’échanger de gros fichiers. Ne soyons pas dupes, les opérateurs ne tombent pas par hasard sur telle ou telle entreprise. Elles sont choisies par les ressources proposées et les données contenues, c’est un jeu de poupée russe où l’espionnage industriel se vit à une autre échelle, une autre dimension. L’ère des « Technobandit » est ouverte. Ils sont des personnes, comme des groupes qui volent des secrets technologiques (par exemple au gouvernement ou sur un lieu de travail) pour les vendre à des agents de gouvernements étrangers ou à des entreprises concurrentes. Des affaires comme Pegasus ou le passé d’individus tel Xavier Niel

  • Ransomware: Colosses aux pieds d’argile

    Ransomware: Colosses aux pieds d’argile

    C’est l’infection de plus d’un million de victimes, et jusqu’à 1500 entreprises, par le ransomware « REvil/Sodinokibi » qui fait la une des différentes presses, qu’elles soient en version papier, web, radiophonique ou télévisuelle. Pour autant, quand le tout numérique est le fer de lance des sociétés et des gouvernements de la planète, faut-il s’étonner ? Notre santé, nos comptes en banque, nos vies sur les réseaux « sociaux »… tout est data, donc tout est monnayable !

    Le monde paye pour apprendre. Cette formule, souvent reprise dans les articles sportifs, illustre le futur. De nombreuses entreprises font les frais de cybercriminels. La différence se fait sur le point de vue. Ainsi, tapis dans l’ombre, ils traquent la faille, l’exploit…

    Kaseya atteint par un crochet au menton

    Ce lundi 5 juillet 2021, le monde se réveille groggy avec cette affaire, lorsque l’on regarde les journaux nationaux et internationaux. La firme revendique : « Avec Kaseya, proposez des services de gestion, de surveillance et de sécurité informatique de tout premier ordre. Rendez vos équipes plus productives sans augmenter vos ressources, grâce à des solutions de gestion informatiques évolutives, sécurisées et fiables. » Cela dit, la protection totale n’existe pas. Vous ne pouvez arrêter un individu voulant voler, il est primordial de prendre des dispositions. « Installer une porte blindée, de dernière génération, à l’entrée de votre domicile, ne vous dispense pas de fermer les fenêtres de derrière, restées ouvertes. »

    Cyrille Chausson, sur le site « LeMagIT », écrit un article en 2019 à ce sujet. « La société propose une plateforme unifiée qui permet de centraliser la gestion des composants clés d’une infrastructure pour les PME. De la gestion des accès et des identités jusqu’à celle des terminaux utilisateurs », explique-t-il. Les grandes entreprises ont pléthores de tâches journalières, et, comme tout un chacun, délègue. Kaseya s’est fixé comme mission d’offrir une plateforme unifiée multi-usage.

    La quantité des terminaux touchés peut effrayer, c’est l’effet domino observé depuis les infections des opérateurs derrière les différents ransomwares. Certains mettent la clé sous la porte, quand d’autres commencent, à l’instar de Lorenz, Hive, Grief, Prometheus ou Vice… (Crédits : capture d’écran)

    Sa cible, les établissements de taille moyenne ou intermédiaire, elles comptent de 1 à 4 000 salariés. Pour ces sociétés, le management de l’infrastructure IT n’est pas un sujet pour elles. Cette dernière a besoin d’être définie pour comprendre l’ampleur de l’infection par codes malveillants. « L’infrastructure de la technologie de l’information (IT) fait référence aux composants combinés nécessaires au fonctionnement et à la gestion des services et des environnements informatiques de l’entreprise. »

    Un retex (NDLR Retour d’expérience) sera effectué pas tant pour blâmer, mais pour en tirer les leçons indispensables.

    « Kaseya a été très coopératif. Dès qu’il a eu connaissance des vulnérabilités, nous avons été en contact et la coopération a été constante. […] Malheureusement, nous avons été battus par REvil dans le sprint final, car ils ont pu exploiter les failles avant que les clients ne puissent patcher leurs serveurs », indique Victor Gevers, membre du DIVD (NDLR Institut néerlandais pour la divulgation des vulnérabilités).

    (Crédits : DR)

    Kaseya, ransomware, cyberattaque

    L’entreprise Kaseya n’est pas une inconnue du Vieux Continent. La multinationale y réalise un tiers de son chiffre d’affaires. Le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les marchés les plus porteurs sur cette zone. La France est certes en retrait, mais avec l’Allemagne, il s’agit du pays qui connaît la plus forte croissance, assure encore le CEO (NDLR chief executive officer ou président-directeur général). La conformité avec le RGPD fait partie des préoccupations des entreprises hexagonales, attirées par Kaseya.

    Plus de 1500 cyberattaques au 1er juillet

    « Nous avions compté plus de 1 600 attaques avec ransomware en 2020. Au premier juillet, nous en étions à environ 1 500. Ce chiffre a été largement dépassé le lendemain, du fait des activités du gang REvil, avec le rançongiciel Sodinokibi », relate Valéry Marchive. La demande de rançon est de 70 millions de dollars en Bitcoins, ce qui représente 45 000 par société. Une baisse de 11 % de la somme est concédée par les opérateurs, après d’âpres discussions. Ou, comme l’écrivent les chercheurs de chez Sophos, l’oublie d’effacement des snapshots de Windows, les Volume Shadow Copies, ouvrant la voie à des restaurations simplifiées, pourraient être à l’origine de la ristourne.

    Avocat, ransomware, cyber

    « Certains facteurs se distinguent dans cette attaque par rapport aux autres. Premièrement, en raison de son déploiement massif, REvil ne fait aucun effort apparent pour exfiltrer des données. Les attaques ont été personnalisées dans une certaine mesure en fonction de la taille de l’organisation, ce qui signifie que les acteurs de REvil ont eu accès aux instances du serveur VSA et ont pu identifier les clients individuels des MSP comme étant différents des grandes organisations. Et il n’y avait aucun signe de suppression des Shadow Copies, un comportement courant chez les ransomwares qui déclenchent de nombreuses défenses contre les logiciels malveillants. »

    Le Cabinet est implanté à Paris, Bordeaux, Lille et Lyon, plaide dans toute la France. Il collabore avec de nombreuses associations de victimes de dommages corporels (l’UNAFTC, l’AVIACAAM…). Rémy LE BONNOIS est membre fondateur de l’association ANADAVI. (Crédits : Capture d’écran)

    Lors d’une audition à huis clos, début juin, par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale, Guillaume Poupard, directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), indiquait qu’« après avoir détecté 15 000 attaques possibles sur les serveurs de Microsoft Exchange, nous avons prévenu les quelques milliers de victimes potentielles que nous avons réussi à joindre, 3 % d’entre elles seulement nous ont répondu ». Cette situation met en exergue les disparités de statut et de fonctionnalité entre les gendarmes du genre. Une différence notable des pouvoirs de l’ANSSI de son homologue outre-Atlantique.

    « Je saisis cette occasion pour vous dire qu’il manque à l’ANSSI un pouvoir d’injonction. […] Il est inacceptable que des gens auxquels on dit : “Vous êtes assis sur une bombe”, ne traitent pas la question. Une disposition légale donnant à l’ANSSI un pouvoir d’injonction serait une étape supplémentaire […] dans une logique d’accompagnement de la montée en compétences, mais il en va de la cybersécurité nationale », martèle Guillaume Poupard.

    Aux États-Unis, ils peuvent utiliser un pouvoir d’injonction, récemment durci. Quand une faille du type de celle qui a affecté Microsoft Exchange est détectée, le Cybergendarme écrit à toutes les agences fédérales en leur prodiguant 48 heures pour les corriger, après quoi la sanction tombe. (Crédits : capture d’écran)

    Pas moins de 28 attaques ont été perpétrées en France pour le mois de juin. Conti se taille la part du lion avec au forum du bâtiment SAS, Brangeon Groupe, Cerfrance Côtes-d’Armor, Maître Prunille, Voltalia, groupe Traon Industrie Développement, Assu2000 (29/06). Everest cible les entreprises françaises. Ils diffusent 820 GB de données relatives au cabinet Rémy Le Bonnois, mais pas seulement. L’imprimerie Lamazière, Epsilon hydraulique, Always international, Assurances et Courtage lyonnais, Alltech France, Groupe Confiance Immobilier, Xefi. REvil s’est attaqué à Tendriade, le groupe LV à Demarne Frères, Xing à Aqualung Trading. Saint-Avold Synergie, Pont-Saint-Esprit, PRB, Camaïeu, Deux-Sèvres Habitat, Sepur, CCI Bordeaux-Gironde, ou encore la commune de Villepinte et Lenaja par Grief.