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  • Une cyberattaque concerne potentiellement 43 millions de Français

    Une cyberattaque concerne potentiellement 43 millions de Français

    France Travail (ex Pôle Emploi) est victime d’une cyberattaque entre le 6 février et le 5 mars 2024. Ce mercredi 13 mars, l’organisme alerte sur le « risque de divulgation » de données personnelles. Elle touche « potentiellement » 43 millions de personnes. Les informations personnelles sont susceptibles d’être divulguées et d’être exploitées de manière illégale. Après Almerys et Viamedis, la cyberattaque contre les services du Premier ministre, deux jours avant la révélation de France Travail.

    Fin août 2023, Pôle Emploi explique que l’un de ses prestataires est « victime d’un acte de cybermalveillance ». La potentielle conséquence est la compromission de données relatives aux « demandeurs d’emploi inscrits en février 2022 et d’anciens usagers de Pôle emploi ». Ledit prestataire est l’entreprise Majorel, qui martelait être « pleinement, investis dans la poursuite des investigations et mets tout en œuvre pour les mener à bien dans les meilleurs délais ».

    43 millions d’usagers potentiellement concernés

    À la suite d’une intrusion non autorisée, il existe un risque de divulgation des données personnelles. Elles sont susceptibles d’être divulguées, exploitées de manière illégale. Après avoir déposer plainte, les investigations sont en cours.

    Les données exposées sont les suivantes : prénom et nom, date de naissance, numéro de sécurité sociale, identifiant France Travail, numéros de téléphone, adresses e-mail et postale.

    « Les mots de passe et les coordonnées bancaires ne sont pas concernés par cet acte de cybermalveillance. Il n’existe donc aucun risque sur l’indemnisation » continu France Travail.

    Le risque « zéro » n’existe pas.

    (Crédits : capture d’écran)


    L’opérateur public indique que la base de données contient les données personnelles d’identification des personnes actuellement inscrites depuis 20 ans. Ensuite, les personnes non inscrites sur la liste des demandeurs d’emploi, mais ayant un espace candidat. Un système de dépôt de plainte simplifié est mis en place.

    Quid des attaques contre les services du Premier ministre ?

    Comme l’écrit LeMagIT, « une cyberattaque d’une “intensité inédite” aux airs de tempête dans un verre d’eau » se déroule le 11 mars 2024. Le groupe Anonymous Sudan se targue des articles mentionnant leur cyberattaque. Le groupe fait parler de lui dès janvier 2023. Ils seraient un groupe d’hacktivistes pro-russe qui s’attaque à ceux qui soutiennent l’Ukraine.

    Lors d’une campagne en mars 2023, le groupe vise des installations médicales, universités et aéroports en France. « Ces attaques étaient motivées par un dessin représentant le prophète Mahomet et qui aurait fait référence aux caricatures controversées du magazine Charlie Hebdo. »

    « La principale tactique […] des attaques DDoS sur le Web à partir de serveurs publics en nuage, en dissimulant les sources d’attaque derrière et à travers des milliers de proxys HTTPS/SOCKS », explique Radware.

    Anonymous Sudan change son mode opératoire dans le second semestre 2023 explique LeMagIT. « Il s’appuie sur le botnet Skynet-Godzilla, partageant une promotion à 100 $ la journée, fin novembre dernier. »

    (Crédits : Capture d’écran/AS/Telegram)


    Les attaques visent Israël, l’Inde, la France, l’Australie en avril 2023. Puis revendique les perturbations contre Outlook, Teams, SharePoint Online, OneDrive for Business et de la plateforme cloud Azure. « Les attaques d’Anonymous Sudan se caractérisent par des attaques par DDoS Web associées à des vagues UDP et SYN floods. Les attaques proviennent de dizaines de milliers d’adresses IP uniques avec un trafic UDP pouvant atteindre 600 Gbps et des vagues de requêtes HTTPS jusqu’à plusieurs millions de requêtes par seconde. »

    Attaque versus communication

    Les attaques cybernétiques de type Déni de service (DDoS) sont légion. Avec un investissement réduit, vous disposez d’un maximum d’efficacité. En 2022, Microsoft subit 1435 attaques de type DDoS par jour. Le but est toujours de nuire. Pour un euro investi, c’est plusieurs centaines de milliers d’euros de dégâts.

    En 2023, chaque attaque coûte en moyenne 500 000 dollars aux entreprises. Les personnes dernières usées de défiguration de site et de DDoS

    La communication autour de l’attaque est importante. Une attaque DDoS peut être utilisée pour camoufler une autre offensive.

    Ce qui peut étonner, est la mise en avant ce ces attaques. La France est régulièrement attaquée. L’Assemblée nationale voit son site tomber en novembre 2023.

    (Crédits : Elchinator/Pixabay)


    Comme martèle LeMagIT, la publicité faite autour de ces attaques questionne. « Les incidents cyber au sujet dont l’État ne parle pas ne manquent pas. Choisir de communiquer sur ce DDoS, et saisir l’opportunité de se positionner en victime à coût nul, n’a rien d’innocent. »

  • Que sait-on de la fuite des données de 33 millions d’assurés Français ?

    Que sait-on de la fuite des données de 33 millions d’assurés Français ?

    Une personne malintentionnée a réussi à s’approprier les données plus que sensibles concernant le tiers payant. Le pourcentage de Français potentiellement touché par cette fuite est conséquent. Un assuré sur trois selon les estimations serait impacté. Les entreprises victimes d’une intrusion non autorisée sont les sociétés Viamedis et Almerys. Elles sont 84 au total. Quatre-vingt-quatre organismes de complémentaire santé sont impactés.

    Les données ainsi exposées sont l’état civil, prénom et nom, la date de naissance, le numéro de sécurité sociale, l’identité de l’assureur complémentaire ainsi que les détails de garantie de santé. Les deux entités ont subi une attaque cybernétique à cinq jours d’intervalle.

    Assurés et professionnels de santé touchés par les cyberattaques

    Cette fuite connaît une ampleur sans précédent, car elle touche des données de santé. Mais l’ampleur remémore celle qui concernait le réseau social Facebook en 2021. Une fuite de 500 millions d’utilisateurs dont 20 millions en France, avec une amende de 265 millions de dollars à la clé par la DPC (équivalent de la CNIL en Irlande). Les attaques ont été révélées le 29 janvier et le 3 février 2024.

    Le modus operandi est comparable pour les deux sociétés françaises spécialisées dans la gestion du tiers payant. Selon les informations de RTL, « les escrocs auraient usurpé l’identité de soignants pour entrer dans la plateforme de gestion du tiers payant de l’opérateur et accéder à de nombreuses informations personnelles avant la déconnexion du portail une fois l’intrusion découverte. »

    Viamedis a déposé une plainte auprès du Procureur de la République. Et comme le prévoit le règlement général sur la protection des données (RGPD), l’incident a été notifié à la CNIL et aux autorités compétentes.

    L’enquête est en cours pour déterminer les causes et conséquences, ainsi que le modus operandi du ou des cybercriminels.

    (Crédits : capture d’écran/Viamedis)

    Si les assurés voient leurs données s’épandre dans la nature et sur la toile, il n’est rien face aux fuites des professionnels. À savoir « la raison sociale, le prénom, le nom, l’adresse de courriel électronique, le login Viamedis.net, le numéro de téléphone, l’adresse postale, le RIB, le numéro Finess, le numéro Siret et l’appartenance éventuelle à un réseau de soins, pour les professionnels de santé », confie Valérian Ponsinet, le président de la commission convention et système d’information de la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques de France). Pour vérifier si votre mutuelle est concernée, le plus simple et plus rapide étant de la contacter.

    Usurpation d’identité, fraudes, phishing…

    Les craintes sont fondées pour des tentatives d’usurpations d’identités, du phishing… et toute autre possibilité de fraude grâce aux données exfiltrées. Comme le démantèlement, fin janvier 2024 d’un trafic de faux documents au niveau national. Trois hommes interpellés il y a deux semaines à Marseille, Grenoble et Rosny-sous-Bois en Seine–Saint-Denis. Ils sont poursuivis pour aide au séjour en bande organisée, fourniture et obtention indue de faux documents.

    Le marché connaît une hiérarchie comme tout commerce. Les numéros de sécurité sociale sont une véritable niche financière pour les escrocs. Ils peuvent être revendus sur le dark web.

    Ainsi utilisés pour usurper l’identité de leur propriétaire, sachant qu’avec les autres fuites régulières, connues ou non, les données sont croisées et complétées.

    Le seul inconvénient est de taille, il est impossible de changer de numéro de sécurité sociale. D’autant que la procédure dans le cas d’une usurpation d’identité est complexe et longue.

    (Crédits : Giesesamvitale/CNAMTS/GIE SESAM-Vitale)

    Il pourrait, hypothèse vraisemblable que des personnes mal intentionnées pourraient les utiliser pour du phishing. Par le biais de faux courriels se faisant passer pour leur mutuelle, les escrocs à travers des liens malveillants tenteraient de voler des informations bancaires.

    Les infostealers ont fait des ravages en 2023

    L’enquête toujours en cours ne livrera ses secrets que bien plus tard. Il existe une menace bien réelle : les infostealers. Ces petites bêtes ont collecté plus de 40 millions d’identifiants en 2023, explique LeMagIt. « L’année s’est achevée dans un déluge de divulgations, mais assez peu de détections », martèle le rédacteur en chef.

    Le total affiche 43, 638 millions d’identifiants compromis, seulement en France. De nombreux collaborateurs d’entreprises, dont des identifiants professionnels sont compromis explique HudsonRock.

    Le premier infostealer est apparu en 2006. Il est connu sou le nom de zeuS ou zbot. Son but collecter les informations puis disparaître. Le « Malware As A Service » (MAAS) est un logiciel qui peut être loué, les développeurs moyennent leur logiciel malveillant contre monnaie sonnante et trébuchante.

    Leur dangerosité tient en ce qu’il dérobe. Connu pour voler des justificatifs d’identité, il peut voler des tokens permettant de détourner l’authentification multifactorielle (MFA).

    (Crédits : Gerd Altmann/Pixabay)

    « Ce risque vaut particulièrement si des collaborateurs d’une organisation enregistrent, dans leur navigateur Web – sur une machine personnelle ou même de l’entreprise – des identifiants permettant l’accès à distance à des ressources du système d’information. » D’autant que l’attaque dont a été victime AnyDesk vient corrobore les craintes. Le CERT a publié un bulletin d’alerte sur la « prise de contrôle à distance par un acteur malveillant » le 5 février 2024.