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  • Il y a cent ans… un septuple assassinat odieux à Belfast

    Il y a cent ans… un septuple assassinat odieux à Belfast

    Les massacres, assassinats ou tout autre crime effectué pour des questions de religions ou de non-tolérance ne datent pas d’hier. Il y a tout juste cent ans, dans la ville de Belfast en Irlande, la mort de sept personnes de la même famille faisait les gros titres de presse. Froidement abattus dans leur salon, d’une balle de revolver en pleine tête, car leur faute était d’être de confession catholique. Ainsi huit jours après la fête de la saint Patrick, un père et ses six fils décédaient fauchés, pas des meurtriers assoiffés de religion.

    Le petit journal relatait le 25 mars 1922 un crime odieux commis à l’aube du jour à Belfast. Il est 4 h 30 lorsque des bandits revêtus d’uniforme d’agents de Police enfonçaient la porte d’une maison habitée par la famille Owen Mac Mahon. Située à Kinnaird Terrace, près d’Antrim Road, la famille de dix personnes dormait paisiblement. Revolver à la main, les gangsters les réveillèrent et les obligèrent à descendre dans le salon. Mari et femme, suivi par les fils et filles se retrouvèrent au rez-de-chaussée, avant d’être séparés. Les hommes de la famille, soit le père et ses six fils furent alignés contre l’un des murs de la pièce. Les criminels les abattirent l’un après l’autre, à bout portant. Durant le massacre, Mme Mahon et ses deux filles étaient dans la pièce contiguë surveillées par un des membres dudit gang armé.

    Quand on évoque les drames sanglants en associant l’Irlande, il vient en tête la chanson, entre autres (John Lennon, dans Some Time in New York City/Stiff Little Fingers avec Bloody Sunday) de U2 « Sunday Bloody Sunday » faisant référence à une tuerie de 1972, malheureusement, 50 ans plus tôt, elles existaient déjà… (Crédits : Le Petit Journal/BNF Gallica)

    Le bruit généré par les détonations d’armes à feu alerta les voisins qui prévinrent le poste de police le plus proche. Le journal relate que « la mère et ses deux jeunes filles étaient agenouillées devant les cadavres […] » à l’arrivée des forces de l’ordre. Elles n’étaient pas en capacité de donner quelconque renseignements. « Les meurtriers ne peuvent même pas invoquer le prétexte de crime politique […] Son seul forfait, aux yeux des assassins, était d’appartenir au catholicisme. » Les catholiques de l’Ulster tenaient une réunion au cours de laquelle ils ont protesté énergiquement contre les meurtres commis avec préméditation dont sont quotidiennement victimes les familles catholiques. Les guerres de religion, les assassinats, la non tolérance parce vous êtes différents ne date pas d’hier.

  • Il court, il court, le furet (1re partie)

    Il court, il court, le furet (1re partie)

    Les comptines cachent souvent des histoires et légendes. Ces chers chérubins ne comprendront que bien plus tard, comme leurs parents, les messages sous-entendus ou dissimulés. Leurs faits se déroulent antérieurement au XXe. Il était un petit navire, dansons la capucine, le Bon Roi Dagobert, au clair de la lune, une souris verte, ne pleure pas Jeannette, ou encore c’est la Mère Michel… évoquent souvenirs pour différentes générations. Écrites au XVIIIe et XIXe siècle, connaissez-vous leurs significations ?

    Il s’agit de résister sans plier, il permet avec l’esprit du vaudeville de moquer le clergé, la cour du Roi, ou de témoigner d’une tranche de vie. « Dansons la capucine » s’inspire de la mélodie de la Carmagnole, qui n’est autre que le chant révolutionnaire fut composé en 1792 à la suite de la chute de Louis XVI. Cette ronde pour enfants vit le jour en 1868, puis revint en 1885. Elle raconte la différence entre les riches et pauvres. Ces derniers n’ont rien à perdre, car ils ne possèdent pas plus.

    Dansons la capucine
    Y'a du plaisir chez nous
    On pleur' chez la voisine
    On rit toujours chez nous
    Youh!

    Le dernier couplet, ci-dessus, évoquerait la maison de la voisine qui brûle. Le doute persiste sur la signification de la Capucine, et donc plusieurs hypothèses existent. Le gilet des ouvriers du Piémont, l’allusion à l’image des robes qui forment une capuche lorsqu’on s’accroupit à la fin de la ronde, ou encore l’anneau de métal qui relie le canon et le bois d’une arme à feu (Terme d’arquebusier), faisant référence aux canons de la Carmagnole.

    Le bon Roi Dagobert

    La chanson date de 1750. Elle évoque deux personnages historiques, Dagobert Ier, roi mérovingien, et Saint Éloi, son principal conseiller. Certaines paroles ridiculisent la royauté. « Le bon roi Dagobert a mis sa culotte à l’envers », est la plus connue.

    vitrail, scène, compte
    Comme dans « Les sucettes à l’anis », écris par Gainsbourg pour France Gall, ou « Moi… Lolita » interprétée par Alyzée, il n’est aucunement question de confiserie dans la première, mais de l’objet de convoitise de la même manière que dans la chanson écrite par Mylène Farmer. (Crédits : Dorothée Quennesson/Pixabay)

    Certaines paroles, datant de la période révolutionnaire, laissent à penser qu’ils cherchaient à moquer Louis XVI et Marie-Antoinette d’Autriche. La recette semble être parfaite que les royalistes reprirent la quinzième strophe au départ de Napoléon Ier à l’île d’Elbe.

    Au clair de la lune

    Tous connaissent l’ami Pierrot, et la légèreté de la plume. C’est bien là qu’il faut chercher, dans le double sens. Elle date du XVIIIe siècle. Un homme demande à Pierrot s’il a de la lumière, mais déjà au lit, il lui conseille d’aller voir la voisine. L’allégorie de la plume évoque la flamme, mais la plume et la chandelle sont deux symboles du sexe masculin. Quant à la métaphore du feu, elle évoque la passion et l’ardeur sexuelle.

    Lune, brouillard, image
    Le moyen de laisser entrevoir d’autre message au sein d’un texte est depuis tout temps légion. Dans le tube planétaire « One » du groupe U2, il ne s’agit pas à proprement parlé d’une ballade romantique. « C’est une chanson de rupture », expliquait Bono. (Crédits : DR)

    Ajouter « On bat le briquet » signifiant tirer un coup, et le « Lubin » qui n’est qu’un moine perverti, vous comprendrez aisément que la morale se devait de clore les débats avec « Mais je sais qu’la porte Sur eux se ferma… ». Dorénavant, le dernier couplet laisse votre imagination s’envoler.

    Il court, il court, le furet

    Au premier sens, il s’agit d’une contrepèterie. Inversez le « c » et le « f »… Vous y êtes ? À voir votre sourire et vos mimiques, oui ! Cela remonte aux années 1710-1720, durant l’épisode de la Régence. L’auteur marquait Dubois en deux mots, mais la chanson relie les syllabes.

    Il court, il court, le furet
    Le furet du bois, mesdames,
    Il court, il court, le furet
    Le furet du bois joli.

    Le pouvoir était exercé par Philippe d’Orléans, neveu de Louis XIV. Son principal conseiller était le cardinal Dubois, réputé pour son amour des Dames. Il s’agit d’une attaque contre la politique du régent et les méthodes de l’abbé Dubois auprès des dames de la cour pour se maintenir au pouvoir. D’autres comptines vous attendent.