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  • Après la cyberattaque contre EPS Sanitas, c’est Omegapro qui plonge les Colombiens dans la torpeur

    Après la cyberattaque contre EPS Sanitas, c’est Omegapro qui plonge les Colombiens dans la torpeur

    Face aux plaintes de ses investisseurs, Omegapro a publié une déclaration le 17 novembre 2022, dans laquelle elle affirme avoir été la cible d’une cyberattaque. Et pour cette raison, les utilisateurs ne peuvent pas retirer leur argent. La société d’investissement promet un rendement très élevé « +300 % en 16 mois », elle attire les investisseurs. Des milliers de personnes en Colombie ont investi leurs économies pour faire fructifier leurs capitaux. L’adresse de la firme est basée sur l’île Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

    Le simple fait d’avoir une adresse dans un paradis fiscal aurait pu soulever des questions. Juridiquement le doute profite à l’accusé, sauf qu’il n’y a pour le moment que des plaintes, même si elles sont nombreuses. « Après analyse des problèmes techniques rencontrés par Omegapro au cours des dernières semaines, il est clair que nous avons été la cible d’une cyberattaque soutenue et sophistiquée menée par un groupe criminel organisé inconnu », explique la compagnie.

    Omegapro a déclaré que le fait de ne pas autoriser les retraits protège l’ensemble des participants. Elle aurait engagé l’une des principales entreprises de cybersécurité au monde pour contrer la menace. « Pendant qu’ils tentent de mettre en œuvre des contre-mesures efficaces, la plateforme sera malheureusement indisponible jusqu’à ce que nous puissions assurer la sécurité de notre communauté », poursuit-elle dans le communiqué.

    Ningún producto financiero ofrece rentabilidades de 1% diario o de doblar la plata en un año

    Sebastián Toro/La Republica

    En Colombie le gendarme de la bourse est la Superfinanciera. « Les responsables et l’emplacement réel des plateformes sont inconnus […] il est impossible d’obtenir des rendements fixes, étant donné la volatilité de ce marché », assure l’organisme de contrôle dirigé par Jorge Castaño.

    Des pyramides en Colombie ?

    En Colombie, le « marketing de réseau » est réglementé par la loi 1700 de 2013. Cette dernière dispose que ce type d’activité est interdit lorsqu’il s’agit de services et de produits financiers ou du marché boursier. Sauf qu’une société inonde en novembre les réseaux sociaux de publicité vantant un intérêt faramineux. La société Goarbit promeut un retour sur investissement compris entre 0.5 et 1.5 % par jour.

    L’argent ne pousse sur les arbres. Le papier-monnaie ne se gagne pas par le simple fait d’y penser. (Crédits : Pasja1000/Pixabay)

    Comme toute entreprise elle doit se déclare auprès de la chambre de commerce, en Colombie le Registro Único Empresarial y Social (RUES). Elle n’existe nulle part. Ce type de plateformes peuvent être des systèmes pyramidaux, surtout lorsqu’elles promettent des rendements si davantage de personnes entrent dans le « business ». Le plus célèbre cas de pyramide dite de Fonzi est l’œuvre de Pierre Madoff.

    L’AMF et l’APCR inscrivent Omegapro sur la liste noire FOREX en 2020

    L’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) avaient placé Omegapro sur la liste noire FOREX dès le 6 août 2020. « La société Omega Pro Ltd, immatriculée à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, se présente comme une société de courtage enregistrée dans ce pays ; or l’autorité des services financiers locale, la Financial Services Authority, rappelle dans un avertissement du 3 février 2022 qu’elle ne délivre aucune licence de trading Forex ». Rappelez-vous que l’argent ne pousse pas dans les arbres. Une société qui gagne de l’argent sans rien vendre, mais en recrutant de nouveaux membres, c’est une pyramide de Ponzi. Quelques conduites ou réflexions à observer selon l’AMF et l’ACPR :

    • Ne cédez pas à l’urgence ou aux pressions de votre interlocuteur, prenez le temps de la réflexion
    • Attention aux publicités sur l’Internet, terrain de prédilection des escrocs pour hameçonner leurs futures victimes
    • Ne cédez pas à l’urgence ou aux pressions de votre interlocuteur, prenez le temps de la réflexion
    • Méfiez-vous des promesses de gains rapides sans contreparties ; il n’y a pas de rendement élevé sans risque élevé
    • Méfiez-vous des demandes de transfert d’argent vers des pays sans aucun rapport avec cet intermédiaire ni avec l’État dans lequel vous résidez
  • Deux citoyens estoniens arrêtés pour fraude aux cryptomonnaies et blanchiment d’argent à hauteur de 575 millions de dollars

    Deux citoyens estoniens arrêtés pour fraude aux cryptomonnaies et blanchiment d’argent à hauteur de 575 millions de dollars

    La somme est énorme, plus d’un demi-milliard de dollars. Deux citoyens estoniens ont été arrêtés hier à Tallinn, en Estonie. L’acte d’accusation comporte 18 chefs d’accusation pour leur implication présumée dans une fraude aux cryptomonnaies et un complot de blanchiment d’argent de 575 millions de dollars explique le gouvernement américain. Au total, les deux hommes auraient escroqué plusieurs centaines de milliers de victimes. S’ils sont reconnus coupables, les deux prévenus risquent chacun une peine maximale de 20 ans de prison.

    Selon les documents judiciaires, Sergei Potapenko et Ivan Turõgin, tous deux âgés de 37 ans, auraient incité les victimes à conclure des contrats frauduleux de location de matériel avec le service de minage de cryptomonnaies des défendeurs, appelé HashFlare. Pour ce faire, ils auraient substitué une vraie banque en créant virtuellement la Polybius Bank. La somme de 575 millions de dollars étant réellement arrivés sur leur banque virtuelle, Potapenko et Turõgin par des sociétés-écrans, auraient blanchi le produit de la fraude. Des achats de biens immobiliers et des voitures de luxe ont été effectués selon les documents de l’accusation.

    Potapenko et Turygin, grâce à leurs deux sociétés, ont signé des contrats en 2018 pour construire ce qui, selon eux, sera le plus grand centre de données haute performance d’Europe du Nord sur le site de la centrale électrique de Narva. (Crédits : iStock/eclipse_images)

    Les entrepreneurs Sergei Potapenko et Ivan Turygin, originaires du comté d’Ida-Viru, se sont d’abord fait connaître en 2020 avec la banque cryptographique Polybius, explique le journal Aripaev. » […] ils gagnent désormais de l’argent avec un centre de traitement des données installé sur le territoire de la centrale électrique de Narva. »

    Ils risquent 20 ans de prison chacun

    L’affaire « Madoff » date de 2008, pour autant, elle est restée dans les mémoires avec sa pyramide de Ponzi. FTX est en faillite depuis peu. Changpeng Zhao, dit CZ, patron de Binance était le principal concurrent de FTX. Il aurait d’après l’observation d’Amaury Betton, fondateur de la newsletter Lettres Ouvertes sur l’actu financière, joué un rôle non négligeable dans la chute de l’entreprise. Sur les réseaux des questions se posent : « Qu’en est-il de Sam de FTX. C’est la plus grosse chaîne de Ponzi de l’histoire. Qu’en est-il de Citadel ayant 62 milliards de dollars de titres vendus non encore achetés ? ». Le 6 novembre, CZ a effet décidé de vendre pour plus de 500 millions de dollars de FTT. L’annonce a fait chuter de 80 % le prix du FTT, en seulement trois jours, entraînant une crise de liquidité. CZ a prétendu vouloir ensuite racheter l’entreprise, avant de se rétracter après avoir jeté un œil aux comptes. Le reste est désormais connu.

    « Grâce aux nouvelles technologies, il est plus facile pour les personnes mal intentionnées de profiter d’innocentes victimes, tant aux États-Unis qu’à l’étranger, dans le cadre d’escroqueries de plus en plus complexes », a déclaré le procureur général adjoint Kenneth A. Polite, Jr. du ministère de la Justice. (Crédits : Pexels/Pixabay)

    D’une pyramide de Ponzi à une présumée, le FBI mène l’enquête : « Le département s’est engagé à empêcher le public de perdre davantage de son argent durement gagné à cause de ces escroqueries et ne permettra pas à ces accusés, ou à d’autres comme eux de conserver les fruits de leurs crimes. » Potapenko et Turõgin sont tous deux accusés de conspiration en vue de commettre une fraude électronique, de 16 chefs d’accusation de fraude électronique et d’un chef d’accusation de conspiration en vue de blanchiment d’argent.

    La conspiration de blanchiment d’argent aurait impliqué au moins 75 biens immobiliers, six véhicules de luxe, des portefeuilles de cryptomonnaies et des milliers de machines de minage de cryptomonnaies. Ils ont été arrêtés dans la ville de Tallinn, ci-dessus. (Crédits : poandpo)

    S’ils sont reconnus coupables, Potapenko et Turõgin risquent chacun une peine maximale de 20 ans de prison. Un juge de la cour fédérale de district déterminera la peine après avoir pris en compte les lignes directrices américaines en matière de condamnation et d’autres facteurs statutaires. Il est à rappeler que les deux hommes sont présumés innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit prouvée au-delà de tout doute raisonnable dans un tribunal.