Étiquette : Le Petit Parisien

  • Il y a cent ans… une manifestation contre l’impôt sur les salaires

    Il y a cent ans… une manifestation contre l’impôt sur les salaires

    Anecdotique, sur le fait, depuis que le prélèvement est perçu à la source. L’initiative de la campagne de l’Union des syndicats de la Seine était ardente contre cet impôt. Les adhérents renvoyaient en masse leur feuille d’imposition à leurs groupements respectifs. Cette manifestation du 29 mars 1922 avait également pour but de s’opposer à la circulaire du ministre des Finances, Charles de Lasteyrie du Saillant contre son recouvrement. La publication mentionne que les fonctionnaires ont les pouvoirs légaux de procéder.

    Un mouvement de foule entourait M. Julien Beaumont, raconte le quotidien Le Petit Parisien. Ce dernier, lithographe de profession, marié à une veuve de guerre, père d’un bébé de seize mois, ayant sa mère à charge, mutilé et pensionné de guerre à 40 %, n’a pas répondu aux sommations du percepteur. Les faits qui lui étaient reprochés, ne pas avoir liquidé ses impôts sur salaire de l’année 1919, soit 29,75 francs (4023.24 euros en 2021, selon l’INSEE). Il se vit signifier la saisie d’une armoire pour le solde de ses impôts.

    Las d’attendre, les lithographes organisèrent un meeting sur le terrain de manœuvres, avenue Gambetta. (Crédits : Le Petit Parisien/BnF Gallica)

    Forts des 1 300 membres du syndicat, ils faisaient cause commune, et décidèrent pour une durée de 24 heures de faire une grève générale des lithographes. Aussitôt dit, aussitôt fait, dès l’aube autobus, tramways, métros déversaient à la porte des Lilas un nombre grossissant à vue d’œil près du domicile de Julien Beaumont. Tandis que certains montaient la garde à l’intérieur du logement, d’autres s’installaient tout autour de la place des Tourelles dans les cafés, prêts à intervenir.

    L’union faisant la force, le ministre des Finances, Charles de Lasteyrie du Saillant et personnalités politiques attiraient l’attention sur le cas Beaumont. Le percepteur du s’enquérir de renseignements détaillés sur la situation exacte dudit contribuable. Le Conseil national de la fédération des fonctionnaires avait voté un ordre du jour contre l’impôt sur les traitements :

    • Abaissement du taux de la cédule sur les traitements et salaires à 4 %
    • Le relèvement de 2 000 Anciens francs des taux d’exonération à la base
    • Application de a cédule sur les traitements et salaires de tous les abattements pour situation et charges de famille
  • Il y a cent ans… eut lieu le crime de la gare Saint-Lazare

    Il y a cent ans… eut lieu le crime de la gare Saint-Lazare

    Les homicides volontaires de femme qualifiées de féminicides atteignent le nombre de 25, au 28 mars 2022. Malheureusement, ils faisaient déjà la une des journaux depuis plusieurs décennies, car ces assassinats existaient déjà… il y a cent ans. L’affaire du crime dit de la gare Saint-Lazare s’étalait sur la première page du quotidien Le Petit Parisien. Daniel-Alexandre Andrieux, 23 ans comparaissait devant les Assisses de la Seine sous l’inculpation de faux, usage de faux et assassinat de Leila Bausse âgée de 22 ans.

    L’affaire connue sous le crime de la gare Saint-Lazare, mis un terme à deux vies, celle de la victime Mlle Leila Bausse 22 ans et son meurtrier Daniel-Alexandre Andrieux 23 ans. Le fils d’un considérable minotier du Maroc, semblait selon le journal L’Humanité du 28 mars 1922, manquait d’un certain équilibre mental. Né en Russie, il appartenait à une famille des plus honorables. Son père dirigeait une importante minoterie au Maroc, alors que son grand-père était membre de la chambre de commerce de Casablanca. Mineur, il suivait ses parents du Maroc aux États-Unis que la presse surnommait les Amériques. Le jeune homme à tout juste 18 ans s’engagea. Après être démobilisé, il travailla comme dactylographe au sein de la société de constructions civiles et industrielles. Son employeur n’est autre que son oncle, M. Nicolas Perpignani, administrateur délégué de la compagnie, constituée le 24 juillet 1919.

    Compte tenu de l’érosion monétaire due à l’inflation, le pouvoir d’achat de 15 000 Anciens francs en 1922 correspond à 17 387,35 Euros aujourd’hui. (Crédits : Alexas Fotos/Pixabay)

    L’assassin, Daniel-Alexandre Andrieux, que les renseignements de police qualifiaient de violent et paresseux, était arrivé de Casablanca en novembre 1920. Il faisait connaissance de celle qui allait devenir sa petite-amie. L’homme possessif piquait des crises, si bien qu’au cours de l’une d’entre elles, il la frappa dans le bureau de son employeur. La jeune femme paya double, voire triplement la crise de jalousie de son amant. M. Perpignani mis les deux amants à la porte, mais versa régulièrement des sommes d’argent à son neveu. Éconduit, l’homme blessé se faisait de plus en plus pressant et présent, en harcelant la jeune femme. La compréhension, comme l’assimilation de la fin d’une relation semblait étrangère à Andrieux. Il usurpa la signature de son nouveau patron pour parapher un chèque de 6 400 francs pour fuir à l’étranger. Il la supplia, arguant avoir volé 100 000 francs et encourir une peine de 20 ans de travaux forcés, pour qu’elle le suivre… en vain.

    Profitant de l’affolement général provoqué par son geste criminel, il réussit à se frayer un passage parmi la foule nombreuse. Tout en tirant sur ses poursuivants, il gagna le souterrain du Métropolitain, qu’il traversa avant de ressortir rue du Havre. (Crédits : cocoparisienne/Pixabay)

    Depuis environ quinze jours, la jeune femme avait recouvré un emploi dans une minuscule boutique. Cette dernière installée cours du Havre sous le péristyle d’entrée d’accès à la salle des Pas-Perdus portait le nom de Teminus Dactyl. Le 28 avril 1921, il insista une nouvelle fois pour qu’elle s’enfuie avec lui, une fois de plus elle répondit négativement. Sur le seuil d’un magasin proche de la gare, il sortit un revolver et la tua. Fuyant la scène du crime, une chasse à l’homme commença. Il s’engouffra dans la bouche de métropolitain, éloigna ses deux poursuivants, l’agent Baco et un employé de la gare, M. Paul Enfer en faisant feu à deux reprises, sans les toucher. Il en ressortit par la rue du Havre, puis emprunta la rue de l’Isly, entra au numéro 7. Il se mêla à la foule des ouvriers sortant, pour ensuite grimper dans le Printania, avant de redescendre dans la cave d’une maison voisine. Il s’y cacha une bonne partie de la nuit. Rebroussant chemin et se croyant en sûreté, il chercha à s’enfuir vers 2 h. Le veilleur de nuit le vit et l’arrêta. Le procès d’Assises le condamna aux travaux forcés à perpétuité et 15 000 Anciens francs de dommages et intérêts.