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  • Un vaccin contre… une gâterie

    Un vaccin contre… une gâterie

    Non, ce n’est pas une affabulation ni un jeu de mots ni voire une contrepèterie, ceci est la vraie campagne de publicité déguisée d’un club suisse, pour soi-disant inciter à la vaccination contre le SARS-CoV-2. L’offre suggérée avait cours jusqu’au 30 novembre 2021, le club en question octroyait cette prestation pour remercier les individus vaccinés de contribuer à la reprise d’une vie normale. Celui-là même qui avait défrayé la chronique en ouvrant aux hommes le concept d’un café-pipe.

    C’est une véritable information qui a de quoi surprendre, un doux euphémisme. La maison close, qui se définit comme « le plus grand club érotique de Genève », accordait aux hommes vaccinés une fellation gratuite. Il fallait, pour cela, avoir reçu la deuxième dose dans les trois derniers jours. La proposition était valable jusqu’au 30 novembre. « Pour remercier les personnes vaccinées de contribuer à la reprise d’une vie normale, le Delicious offre à chaque personne vaccinée de moins de 3 jours une pipe, sur présentation d’un justificatif », annonçait fièrement l’établissement.

    Sans doute le plus ancien métier du monde dit-on, car la prostitution était sacrée à Babylone, les jeunes filles y vendaient leurs charmes pour la déesse Ishtar. Le roi Josias abolissait cet acte, en 640 av. J.-C.. À Athènes les maisons closes se nomment des dictérions. Elles étaient sous la protection de Venus. (Crédits : ConstantLorelai/Pixabay)

    Pour mieux comprendre, un texte juridique fédéral autorise, ou tolère, le travail du sexe en Suisse. Afin d’encadrer ce métier peu commun, Genève s’est dotée en décembre 2009 d’une loi qui vise à garantir la liberté d’action des personnes qui se prostituent. En l’état qu’« elles ne sont pas victimes de la traite d’êtres humains, de menaces, de violences, de pressions ou d’usure ou que l’on ne profite pas de leur détresse ou dépendance pour les déterminer à se livrer à un acte sexuel ou d’ordre sexuel ». Mais également à assurer la mise en œuvre de mesures de prévention, de promotion de la santé et de réorientation professionnelle, sans oublier la limitation des troubles à l’ordre, et à la tranquillité publique. La Loi concerne :

    • La prostitution sur le domaine public
    • La prostitution de salon
    • La prostitution d’escorte

    Le club Delicious ne semble présenter des prestations qu’à destination des hommes, car dotés de pénis. Comme le rapporte Watson, l’établissement avait déjà fait parler de lui en 2018 en proposant le… « café pipe ». Pour 80 francs suisses, soit environ 76 euros, on vous sert un café à déguster en même temps qu’une hôtesse effectue une fellation. « Le café est un moment privilégié et rapide. Des études ont démontré que les hommes étaient plus performants au travail après avoir été satisfaits durant la matinée », assurait Bradley Charvet en 2016 au quotidien Le Matin. Le club n’érigeait aucune communication envers la gent féminine. Est-ce parce que les femmes, n’aimant pas le goût, évitent de boire du café, selon l’étude menée et publiée par la revue Food and Nutrition sciences. La Suisse est décidément un pays pas comme les autres.

  • La galette des Rois

    La galette des Rois

    Ce moment de partage et de gourmandise, qui surpasse les religions ou les croyances, subit bien des évolutions au fil des siècles. De l’époque romaine à nos jours en passant par la monarchie, les us et coutumes changèrent. Une tradition ancrée qui se partage au bureau comme à la maison, que ce soit en famille, entre collègues ou avec des amis. Quelques différences subsistent, que vous vous trouviez au nord ou au sud des Pyrénées, surtout la date. Bien que, concernant la gourmandise, elle semble n’avoir aucune frontière.

    Selon un sondage effectué entre le 2 et 3 janvier 2018 par l’Institut français d’opinion publique (IFOP) pour la fédération des entreprises de boulangerie (FEB), 94 % des personnes interrogées en consomment, dont certains plusieurs fois pour 64 % des gens. Près de la moitié des Français l’achète chez leur artisan, et plus d’un tiers en grande surface commerciale, les autres gourmands la confectionnent chez eux. « Les pâtissiers se régalent à la faire, les boulangers se régalent à la faire, nos clients se régalent à la consommer », salivait Thierry Marx dans l’histoire à la carte sur France info. Ce sont plus de neuf Français sur dix qui consomment de la galette au mois de janvier.

    Mais d’où vient-elle ?

    Il faut enfourcher la machine à explorer le temps, pour se retrouver dans la Rome antique. Lors des fêtes des Saturnales, une semaine avant le solstice d’hiver (du 17 au 23 décembre), les Romains célébraient le dieu Saturne. C’était l’occasion de réjouissances populaires. Durant cette période, l’ordre hiérarchique est aboli. Si bien que l’autorité des maîtres sur les esclaves est suspendue.

    Les Romains utilisaient une fève pour déterminer le « roi » d’un jour. Ainsi l’heureux élu a le pouvoir d’exercer tous ses désirs, quels qu’ils soient, avant d’être mis à mort, ou de retourner à sa vie servile.

    Dans « Recherches de la France » d’Étienne Pasquier, écrit en 1581, l’homme de loi explique la coutume, à laquelle il assiste dans le livre IV au chapitre IX. « Celle des Rois […] une infinité de débauches de bouche. Celui qui est le maître du banquet a un grand gâteau, dans lequel il y a une fève cachée, gâteau dis-je, que l’on coupe en autant de parts qu’il y a de gens conviez au festin. Cela fait on met un petit enfant sous la table, lequel le maître interroge sous le nom de Phébé […] À cet interrogatoire l’enfant répond d’un mot latin Domine, pour cela le maître l’adjure de dire à qui il distribuera la portion du gâteau qu’il tient dans la main. » Le convive recevant la part contenant la fève est désigné « Roi » de la compagnie. Les fêtes perdurent souvent jusqu’au 6 janvier.

    « L’Hiver ou Les Saturnales » d’Antoine-François Callet. (Crédits : Musée du Louvre)

    La date du 6 janvier évoque dans la religion catholique, l’Épiphanie. « La fête est venue d’Orient où elle a été fixée au 6 janvier : fête des lumières, fête de l’eau, elle est beaucoup plus la célébration de l’inauguration du ministère public du Christ, lors de son baptême au Jourdain, qu’une festivité des événements de l’enfance de Jésus », explique sur son site l’Église catholique de France. Dans la liturgie latine, là où ce jour n’est pas férié, la célébration de cette fête est fixée au dimanche le plus proche du 6 janvier, cette année, ce fut le 3 janvier 2021. Elle est surtout la fête des Mages ou des « Rois ».

    Au XVIe siècle, sous le règne de François 1er, la confection du gâteau des Rois est à l’origine d’une querelle entre boulanger et pâtissier. Le souverain, surnommé le « Roi Chevalier », trancha en faveur des pâtissiers. Les boulangers contournèrent cette faveur en confectionnant la galette des Rois, qu’ils offraient à leurs clients. Chaque année en France, c’est près de 30 millions de galettes qui sont mangées.

    (Crédits : Capture d’écran de Recherches de la France, Livre IV chapitre IX/Gallica/BNF)

    À l’origine, la visite des rois mages et le baptême de Jésus étaient regroupés au 6 janvier. Au IVe siècle, l’Église romaine a déplacé la nativité au 25 décembre afin de combattre les fêtes païennes, suivie par l’Église d’Orient au début du Ve siècle. Pour les orthodoxes en Russie, le 6 janvier est le jour de la veille de Noël, en Grèce, c’est le jour de la Théophanie, qui commémore la manifestation divine de la Trinité lors du baptême du Christ dans le Jourdain. Quand, en Espagne, le 6 janvier, les enfants reçoivent les cadeaux de « Noël », 12 jours après la naissance de l’Enfant Jésus, en dégustant le fameux et traditionnel Roscón de Reyes.