Étiquette : Ehpad

  • Hôpitaux à nouveau ciblés par des cyberattaques

    Hôpitaux à nouveau ciblés par des cyberattaques

    Les attaques cybernétiques sont quotidiennes, mais certains ont pour objets des lieux plus sensibles que d’autres. L’hôpital de Vérone comme l’Éhpad « Les Hortensias » à Marigny-le-Lozon en France. En Italie c’est aussi la province de Pérouse qui se faisait attaquer. De nombreuses données sont ainsi en proie à une divulgation, ou une utilisation frauduleuse. L’attaque des hôpitaux a eu lieu durant la même nuit du 22 au 23 octobre 2023. La revendication côté italien n’est pas encore connue, en France c’est le ransomware Medusa.

    Lundi 23 octobre 2023, l’Éhpad de Marigny-le-Lozon a fait l’objet d’une attaque de type ransomware. Les opérateurs derrière Medusa revendiquent et affichent les preuves sur leur site de fuite. Une série de capture affiche des pièces d’identité, des listes de menus portées aux domiciles de personnes potentiellement fragiles (avec leurs adresses), des courriers personnels… jusqu’à son organigramme. Fort heureusement, les soins sont toujours prodigués relatent Numerama, l’Éhpad n’est pas non plus paralysé. Les cybercriminels laissent un peu de plus de six jours pour accéder à leur demande, une rançon de 100 000 dollars.

    Médusa affiche Native Counselling Services of Alberta, Beaver lake cree nation au Canada et demande respectivement 200 000 et 150 000 dollars. Ils se sont attaqués à EDB et à Symposia organizzazione congressi SRL (Ita), Global product sales (USA), Safpro (UK) du même montant de rançon que l’Éhpad. (Crédits : capture d’écran/Medusa)

    Comme préconisé par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSSI) l’établissement à porté plainte et ne paiera pas la rançon atteste France Inter. Ce ransomware est bien connu en France, il s’était attaqué au mois d’août à la commune de Sartrouville dérobant de nombreux documents personnels (CV, rib, CNI…), donnés financière… comme de l’école vétérinaire de Nantes, Oniris. Au Canada, cinq hôpitaux du sud-ouest de l’Ontario sont touchés.

    Hôpital de Vérone cyberattaqué

    Comme pour l’établissement français, l’hôpital italien subit une attaque, le lundi 23 octobre 2023 à l’aube a mis à mal le système de santé de la Vénétie, en particulier le site de l’Azienda Ospedaliera Universitaria Integrata (AOUI) de Vérone. Le président Luca Zaia a demandé à la population de se présenter aux urgences uniquement en cas de nécessité absolue. « N’y allez pas si vous n’avez pas d’urgences » : systèmes en panne !

    Le président indique que selon les premières analyses les données sensibles n’ont pas été dérobées et les procédures de sauvegarde périodiques ont eu lieu régulièrement avant l’attaque. Mais que les lignes téléphoniques et une partie du réseau sont encore inutilisables. (Crédits : capture d’écran/Luca Zaia/Facebook)

    Aucune conséquence fâcheuse n’est relevée actuellement. « Les structures informatiques régionales et les hauts responsables de la santé de la région ont été rapidement informés par le directeur général Callisto Bravi et suivent directement la situation en collaborant avec les structures de l’entreprise véronaise », a indiqué la région.

    La province de Pérouse bloque l’attaque

    Une tentative de chiffrage des données à, semble-t-il, échoué dans la province de Pérouse en Italie. Les professionnels ont réagi rapidement pour remédier à la situation. Mais c’est en amont que tout avait lieu. La province s’est fermement engagée en faveur de la cybersécurité et a mis en place un système de sécurité périphérique avec des pare-feu de la prochaine génération en juillet 2023. En septembre, l’Ente a également rejoint l’accord-cadre Consip « Cybersecurity 2 » avec un investissement important visant à créer un obstacle protecteur à la sécurité des données. Cet investissement a permis de bloquer l’attaque relate Umbraijournal.

    Huit jours avant, le 15 octobre 2023 c’est la province de Pérouse qui était attaquée. Des données internes auraient pu être exfiltrées, mais sans confirmation évoque le communiqué. « Étant donné qu’il n’est pas possible d’identifier toutes les parties intéressées afin de procéder à des communications individuelles et que l’on considère que les efforts déployés pour atteindre ces parties sont disproportionnés, la province de Pérouse communique les informations et les canaux de contact suivants aux parties intéressées qui n’ont pas encore été contactées par des communications personnelles. »

  • Cyberattaques des hôpitaux de Vittel et Neufchâteau

    Cyberattaques des hôpitaux de Vittel et Neufchâteau

    Une nouvelle cyberattaque a ciblé deux sites hospitaliers français. Le premier se situe à Vittel, le second à Neufchâteau. Samedi 7 octobre 2023, le Centre hospitalier de l’Ouest Vosgien communiquait sur sa page Facebook avoir été victime d’une cyberattaque. Les premières actions ont été le confinement des systèmes. Les soins ont pu se poursuivre par l’adaptation des personnels hospitaliers avec un retour des transcriptions papier. Les activités programmées, consultations, interventions chirurgicales sont suspendues jusqu’au mardi 10 octobre.

    Une fois de plus la sécurité des systèmes d’information des hôpitaux français est mise à rude épreuve. Vosges Matin explique que la cyberattaque se serait produite à 1 h 30 ce samedi 7 octobre 2023. Plus d’affichage sur les écrans, seul le noir subsiste. « C’est un service de soins qui nous a appelés, car son accès au dossier patient informatisé était perturbé », explique le directeur Dominique Cheveau à France Bleu. « C’est le black-out. On s’est cyberconfinés, c’est-à-dire que l’ensemble des systèmes d’information a été coupé. »

    L’attaque cybernétique contre le CHU de Rennes du 21 juin 2023 fut l’œuvre du ransomware Bianlian. Sur son site de fuite, il est indiqué que le volume d’information est de 300 Gb dans lequel se trouvent des documents techniques, des données personnelles, financières… (Crédits : capture d’écran/Bianlian)

    Aucune demande de rançon n’est encore apparue. Le directeur indiquait qu’une plainte allait être déposée. Le retour à la normale peut prendre des jours, des semaines et plusieurs mois en fonction de l’attaque. Le but des malfaiteurs est de générer de l’argent en vendant les informations volées. Les derniers cyberattaques en date en France, hormis l’une des plus connues comme Corbeil-Essonnes, sont le CHU de la Réunion, celui de Bourg-en-Bresse, de Rennes et celui de l’Ouest Vosgien.

  • Plus de trente établissements de la Fondation Saint-Vincent de Paul à Strasbourg touchés par une cyberattaque

    Plus de trente établissements de la Fondation Saint-Vincent de Paul à Strasbourg touchés par une cyberattaque

    Mercredi 6 septembre 2023 à 22 h, le système informatique du Groupe hospitalier Saint-Vincent subissait une cyberattaque. C’est à travers une note interne communiquée à l’ensemble de son personnel que la fondation Saint-Vincent-de-Paul précise sa décision « de déconnecter toutes les applications et de basculer dans un mode dégradé ». La prise en charge des patients est toujours d’actualité, les activités également. Les salariés ont recours aux dossiers papier pour le suivi des patients.

    L’attaque cybernétique a été découverte le mercredi 6 septembre 2023 à 22 h. Cécile Lelieur, chargée de communication de la Fondation précise que « c’est l’ensemble du groupe qui a été touché, et non seulement les cliniques strasbourgeoises ». Les cliniques Sainte-Barbe, de la Toussaint et Sainte-Anne à Strasbourg, la clinique Saint-Luc à Schirmeck, comme une quinzaine d’établissements du secteur enfant et de quinze Ehpad en Alsace et Lorraine sont au cœur de la cyberattaque.

    Cécile Lelieur explique que les équipes « ont dû arrêter l’ensemble des systèmes informatiques pour empêcher le pirate de s’introduire dans nos réseaux ». La charge de travail pour les équipes de soignants augmente sans l’aide des outils informatiques, mais les soins des patients sont assurés. (Crédits : Cor Gaasbeek/Pixabay)

    Suite à l’absence d’outils informatique, l’ensemble des personnels fait face. « Il faut partir de la dernière sauvegarde de données et tout imprimer. Les blocs opératoires continuent de fonctionner normalement », ponctue Cécile Lelieur. Selon la note consultée par Rue89 Strasbourg, il n’y aurait « aucune exfiltration de donnée ». Une cellule d’investigation est mise en place pour enquêter. La Fondation estime que les données de santé des patients ont été « a priori préservées de l’attaque », et qu’à ce stade aucune exfiltration n’a été affirmée.

  • Il y a cent ans… éclatait le scandale du Vésinet

    Il y a cent ans… éclatait le scandale du Vésinet

    Tandis qu’en 2022 surgit le scandale des EHPAD (Orpea), le 3 avril 1922, le quotidien Le Journal révélait que le directeur et le surveillant de l’asile de pupilles du Vésinet étaient suspendus de leurs fonctions. Durant le conseil municipal de la commune, MM. Michel Missoffe et Barthélemy Robaglia demandaient quelles avaient été les conclusions de l’enquête sur les faits d’une gravité sans nom qui s’étaient déroulés, il y a deux semaines. L’assemblée écoutait l’orateur rappeler les évènements de l’incurie du directeur, M. Martinet et de la violence du surveillant, M. Moreau.

    Au nom des associations d’anciens combattants, les deux hommes dénonçaient que l’asile national du Vésinet, où l’on élevait, sous le régime de l’internat primaire, cent cinquante et un pupilles de la Nation, était le théâtre de faits d’une incontestable gravité. L’assemblée était choquée et s’exprimait avec force hurlant qu’il était « inadmissible que des enfants confiés à la garde de la nation, soient si mal nourris, mal soignés, mal habillés et de plus, brutalement frappés ». L’administration ayant reconnu les faits qui lui avait été signalé, qu’elle devait être en mesure des prendre des sanctions et de « déférer le brutal surveillant à la justice en vertu de l’article 312 du Code pénal ». Il encourait de un à seize mois de prison, plus une amende. « Il faut, dit-il, une sanction sévère, seule sanction que le public comprendra », ajoutait-il. Le directeur des services administratifs de l’enseignement à la préfecture de la Seine, M. Martzloff, affirmait que les comportements révélés avaient été grossis, ajoutant que l’enquête était en cours.

    « On nous donnait des précisions singulièrement troublantes sur le pauvre menu de leurs repas. À midi un plat de légumes, et dessert quand on n’en prive pas ces pauvres enfants pour des périodes qui vont jusqu’à six mois. Le soir, pour le dîner une soupe poireaux et pommes de terre avec beaucoup d’eau, un plat de légumes et un dessert. » (Crédits : DR)

    Il était reproché à « M. Moreau, bachelier préparant sa licence de droit, de brutaliser les enfants confiés à sa garde, de les gifler, de les mettre au piquet pendant des heures, voire de leur administrer des fessées publiques, il aurait même, brisé une canne sur la tête d’un élève », racontaient certains témoignages. Par principe de précaution, les sieurs Martinet et Moreau étaient suspendus séance tenante de leurs fonctions par le préfet de la Seine. Mais un autre scandale sous-jacent sortait lors de la réunion. Des recommandations politiques avaient placé un fonctionnaire qui n’était nullement préparé à cette mission, désormais « la direction des asiles de pupilles ne pourra être confiée qu’à des fonctionnaires de l’enseignement ». L’enquête en resta-là pour ne pas ébruiter l’affaire.

    Les vêtements de ces enfants étaient, parait-il, déchirés et sales. Leurs chaussures étaient dans un état lamentable. Sans lacets, meurtries, les semelles trouées elles prenaient l’eau de toutes parts. Le gros grain des culottes, trop long, mettait en sang les mollets de ces enfants. Blessés par leurs bottines, deux enfants auraient eu des abcès au pied.

    M. Martzloff semblait penser qu’une réprimande sévère au directeur de l’orphelinat, M. Martinet, ancien chef du matériel au ministère de l’Intérieur, serait suffisante, sauf qu’il reprit ses mauvaises pratiques. M. Martzloff revint à l’improviste, le 20 avril 1922. Il constata que les mêmes fautes étaient commises et les sévices encore exercés, il « entra dans une violente colère » et rédigea un rapport en ce sens. La Préfecture de la Seine crut devoir adoucir la version première du communiqué, affirmant que « la nourriture était bonne », ce que contestaient les enfants et les témoignages de plusieurs voisins.

    Les faits incriminés étaient aussi parvenus à la connaissance de deux conseillers municipaux de Paris, MM. Barthélemy Robaglia et Michel Missoffe. Les deux élus de la capitale portèrent immédiatement, chacun de son côté, les faits qu’on leur avait signalés à la connaissance de M. Auguste Autrand, préfet de la Seine. Le Préfet leur répondit en mentionnant les visites effectuées à l’asile par M. Martzloff et en ajoutant qu’à la suite de ces visites une enquête avait été confiée au service du contrôle de la Préfecture.

    Le récit des actes de MM. Michel Missoffe et Barthélemy Robaglia provoquait l’émoi dans une salle tout ouïe au récit du conseiller municipal de Paris le 22 avril 1922. C’est à ce moment que la presse s’empara de l’affaire. (Crédits : DR)

    Les protagonistes furent traduits devant le conseil de discipline. Sur avis de celui-ci, le préfet, M. Autrand prononça quinze jours de retenue de salaire à M. Martinet, directeur régisseur de l’établissement, dix à MM. Moreau et Guenegan, surveillants et huit pour M. Dupotet, surveillant. De plus, le conseil émit le vœu que « dans l’intérêt du bon fonctionnement de l’Orphelinat du Vésinet, il soit procédé au remaniement du personnel de cet Établissement ». Les fonctionnaires furent déplacés. Il n’y eut pas de suite au pénal.

  • Quand santé rime avec…

    Quand santé rime avec…

    C’est en grande pompe que le ministre des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran annonçait le jeudi 3 février 2022 « Mon Espace Santé ». Il s’envisage comme son prédécesseur Bernard Kouchner l’instigateur d’une évolution des moyens numérique de la santé. Il y a 25 ans (avril 1998) naissait la carte vitale. Elle se voulait inviolable avec la seconde génération, en mars 2007… mais la méthode pour la « pirater » prenait de vitesse la sortie de cette fameuse carte verte française. Que penser de « Mon Espace Santé » ?

    Me direz-vous, il faut vivre avec son temps ! Après tout, tout un chacun possède un terminal de téléphonie, communément appelé « smartphone », mais que savez-vous de l’usage de vos données partagées, avec votre consentement éclairé ? Quelques secondes de réflexion… rien pour la plupart d’entre vous ? Cela est logique, car, pour user de l’application, ou du jeu à la mode, vous devez accepter les conditions générales d’utilisation (nous sommes nombreux à ne pas les lire). Pour vos données de santé, c’est quasiment du même acabit. « Mon espace santé est un service numérique individuel et personnalisable, pour tout usager du système de santé. Il permet à chacun de stocker et partager ses documents et ses données de santé en toute sécurité. Les données sont hébergées en France, sous la protection de l’État et de l’Assurance maladie », explique le site en question.

    Cash Investigation

    Il y a près d’une année, Élise Lucet et son équipe enquêtaient sur un (nouveau) scandale. Le 20 mai 2021, Cash révélait « comment vos téléphones vous espionnent et collectent des données très personnelles sur votre religion, votre moral ou votre grossesse sans votre consentement. […] lorsque vous vous connectez sur des sites de santé, vous transmettez des informations qui vont être envoyées à votre insu à des entreprises appelées des data brokers. […] Un marché colossal, estimé à 400 milliards d’euros en Europe. » Juste avant la future émission sur le scandale retentissant des Ehpad privés, gérées par Korian et Orpea, faisant écho au livre « Les Fossoyeurs » de Victor Castanet, Élise Lucet promet de nouvelles révélations.

    Selon l’étude, trois quarts des Français seraient intéressés. Or, d’après Médiamétrie, la France comptait 53,8 millions d’internautes en avril 2021, soit 85,2 % des Français de deux ans et plus. Au final seuls 64 % le sont véritablement. La cohorte est de 1510 Français de plus de 18 ans, dont 497 patients ayant répondu au questionnaire… en ligne. (Crédits : DR)

    De plus, cet espace numérique personnel, expliquent-ils, a pour vocation de devenir le futur carnet de santé des patients, accordant à demi-mots le fiasco du dossier médical partagé (DMP). Il contiendrait un coffre-fort « sécurisé » où seront classés tous les documents de santé, et serait alimenté de manière automatique par les médecins, laboratoires, cliniques, hôpitaux

    Est-il nécessaire de rappeler les différents attaques subies par les hôpitaux français, ou encore les données de 500 000 dossiers médicaux exfiltrées ? (Crédits : capture d’écran)

    L’aspect pratique, pour chacun, est l’utilisation et l’accès aux données par les professionnels de santé afin de mieux vous soigner. Ce qui vous évite d’avoir avec vous lesdits documents, alors très bien, soyons modernes et allons-y. Cela dit, est-ce que les systèmes d’information qu’utilisent les différents professionnels de santé sont véritablement sécurisés, et transmettent dans un tunnel chiffré vos données de santé ? Usent-ils des clés de chiffrement ?

    À l’insu de mon plein gré

    L’ouverture de chaque espace de santé sera automatique pour chacun des 68 millions d’assurés que compte l’hexagone, dont les enfants dans le courant de l’été. Les assurés recevront un code d’activation pour ouvrir leur espace par courrier ou courriel. « Vous pouvez vous opposer si vous ne souhaitez pas avoir d’espace santé. Sans action de votre part, votre espace santé sera automatiquement créé. Vous pourrez à tout moment changer d’avis », déclarait lors de la conférence de presse, le jeudi 3 février 2022, Thomas Fatôme, le directeur général de l’Assurance maladie. Pour vous y opposer, il faudra donc utiliser le code provisoire reçu, se connecter sur « Monespacesante.fr », ou appeler le 34 22. Six semaines après l’inscription, il sera toujours possible de clôturer son « espace santé », mais les données présentes resteront archivées dix ans par l’Assurance maladie. À vos claviers, prêts ?