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  • Des câbles de fibre optique sabotés

    Des câbles de fibre optique sabotés

    Un sabotage en bonne et due forme a eu lieu durant la nuit de mardi à mercredi 27 avril 2022. Des câbles internet « stratégiques » ont été coupés en région parisienne et dans l’est de la France. Les perturbations ont touché les connexions des particuliers ainsi que les liaisons interrégionales. Le sectionnement, et l’espacement entre chaque césure ne laissent que peu de doute, cependant l’enquête a été confiée à la DGSI, le renseignement intérieur, et à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

    Selon Le Parisien, « la fréquence des coupures nocturnes à 10 minutes d’intervalle avait de quoi interloquer ». Les connexions à l’Internet ont été fortement perturbées aujourd’hui, mercredi 27 avril 2022, dans plusieurs grandes villes de France à la suite de « coupures volontaires d’importants réseaux de fibre, notamment les infrastructures de SFR/Altice France qui irriguent l’Hexagone ».

    Toujours d’après Le Parisien, lesdits câbles souterrains ont été sectionnés dans les secteurs de Fresnes-en-Woëvre (Meuse), Meaux et entre Souppes-sur-Loing (Seine-et-Marne) et le secteur de Le Coudray-Montceaux (Essonne). Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire mercredi soir pour « détérioration de bien de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation », « entrave à un système de traitement automatisé de données » et « association de malfaiteurs ».

    Les câbles permettent de relier les grandes villes françaises entre elles, notamment pour des infrastructures critiques comme les centres de données.

    La Fédération Française des Télécoms a dénoncé « des actes de malveillance coordonnés et d’une ampleur sans précédent sur le réseau national ». « Nous coopérons avec les forces de police, de gendarmerie et de la justice pour poursuivre les auteurs de ces actes », précise l’association qui réunit les opérateurs. SFR a annoncé déposer plainte.

  • Le jackpotting sévit en France

    Le jackpotting sévit en France

    Il existe dans la mémoire collective des Français des réminiscences de braquages spectaculaires. Celui des 16 et 17 juillet 1976, qui après avoir creusé un tunnel de huit mètres de long, accédait à plus de 300 coffres de la Société Générale de Nice. Le gang des égoutiers dévalisait pour un montant de 46 millions de francs. En 1992, c’est la banque de France à Toulon qui se fait délester de 146 millions de francs (22 millions d’euros). La police ne parviendra qu’à arrêter la moitié des voleurs, ainsi qu’une toute petite partie du butin. Maintenant, ils font du « jackpotting ».

    Le braquage avec armes est celui le plus fantasmé au cinéma. Plusieurs noms d’œuvres du septième art surviennent, « Reservoir Dogs », « Inside Man », « Le Clan des Siciliens », « Point Break », « … et pour quelques dollars de plus », « Le Cerveau », sans oublier « La Casa de Papel ». Mais, selon le ministère de l’Intérieur les vols avec armes, c’est-à-dire armes à feu, armes blanches ou par destination, ont diminué sur le territoire, en 2018 et 2019 7 500 sont constatés, pour 6 900 en 2020. Mais l’image d’une personne portant un collant sur le visage, n’est plus. Désormais, celui qui arrache un distributeur de billets (DAB) à l’aide d’une voiture bélier est de l’histoire ancienne.

    Une photo du tunnel creusé pour accéder à la salle des coffres de la Société Générale à Nice par le gang des égoutiers, qui cambriola la banque, en juillet 1976, avec à leur tête Albert Spaggiari. Avant d’être un criminel, il s’engagea à 17 ans chez les parachutistes, et part pour l’Indochine française. Il y est blessé deux fois et décoré. (Crédits : STF/AFP)

    L’attaque par boîte noire d’un DAB, en anglais « ATM black box attack », est également appelée jackpotting. Cette opération consiste à percer un trou pour accéder à son infrastructure intérieure. Les malfaiteurs déconnectent ensuite le DAB et le relient à un équipement électronique externe, nommé boîte noire. Celle-ci utilise les commandes natives du DAB pour que la machine délivre des billets sans qu’une carte ou une autorisation de transaction soit nécessaire. C’est ce que le distributeur la Banque postale de Simorre, dans le Gers à subit. « Le 2 novembre dernier à 3 heures du matin, deux hommes filmés par la caméra qui surplombe le DAB ont découpé au chalumeau la façade de l’appareil avant d’en prendre le contrôle à distance. La gendarmerie la plus proche étant à une quinzaine de kilomètres et la route départementale traversant Simorre très peu fréquentée la nuit, les hommes cagoulés ont pris tout leur temps pour dévaliser le distributeur », relate Vincent Gautronneau dans Le Parisien. La commune gersoise n’est pas un cas isolé. Les Policiers et gendarmes en ont relevé pas moins de 34 au cours des six derniers mois. « Depuis le début de l’année, 21 enquêtes concernant des attaques par jackpotting ont été ouvertes », spécifie le parquet de Paris.

    Le 16 novembre 2021, une tentative de jackpotting a eu lieu dans une succursale d’Argenta à Dessel (province d’Anvers). « Lors d’un jackpotting, des criminels tentent de manipuler l’ordinateur du distributeur automatique de billets pour qu’il libère tout l’argent », a précisé Christine Vermylen, porte-parole d’Argenta. (Crédits : Liese Demeulenaere/HLN)

    Déjà en juin 2014, les attaques de type « cash out » ou « jackpotting » survenaient. Europol expliquait que les premiers incidents reliés aux logiciels malveillants de guichet automatique bancaire (GAB) se signalaient en Europe occidentale. Selon les statistiques de l’EAST (Association européenne pour les transactions sécurisées), 51 évènements de ce type avaient été notifiés en 2014. D’après le rapport de European ATM Security, les attaques de boites noires augmentaient en 2016. Europol arrêtait en 2017, 27 individus liés à des attaques dites de boites noires de guichet automatique à travers toute l’Europe. Elles ont eu lieu en République tchèque, en Estonie, en France, aux Pays-Bas, en Roumanie, en Espagne et en Norvège. Les auteurs impliqués proviennent principalement de pays tels que la Roumanie, la Moldavie, la Russie et l’Ukraine.

    La mallette du parfait cambrioleur. L’opération conjointe des services de Police de Pologne, d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse, de République Tchèque, et Slovaquie ont permis l’arrestation de deux criminels en juillet 2021. (Crédits : Europol)

    En France, durant l’année 2020, après un mois de traque, la police judiciaire et la gendarmerie interpellaient simultanément à Colombes, Laval et Nice, plusieurs cybercambrioleurs originaires d’Europe de l’Est. Deux d’entre eux étaient mis en examen et placés en détention provisoire, attendant le procès. Conformément à l’enquête, une filière internationale procédant sur l’ensemble de l’Europe « ciblait des DAB qu’elle dégradait de nuit pour y connecter un dispositif numérique. Elle laissait à un hacker agissant depuis l’étranger la prise de contrôle du logiciel de distribution de billets », précisait le procureur de Paris, Rémy Heitz. Les attaques qui ont eu lieu en Allemagne ainsi que dans d’autres pays à travers l’Europe semblent être produites « par le biais d’un logiciel russe appelé Cutlet Maker », qui, selon Motherboard, peut être acheté pour 1000 dollars (USD). Aux États-Unis, un programme dénommé Ploutus. D serait plus populaire, explique Trust My Science. Une vidéo, réalisée par l’entreprise de sécurité informatique Kaspersky, montre comment s’effectue un jackpotting sur un DAB standard. La chaine You Tube « Tomorrow Unlockeb », by Kasperky propose un documentaire sur ce fléau, avec en vedette Barnaby Jack.

    À distance, grâce à des lignes de code, les criminels prennent le contrôle du DAB. Le reste de l’équipe attend devant que ce dernier s’ouvre, et déverse son contenu, sans se vider entièrement, pour ne pas déclencher l’alarme. Une capture d’écran du panneau de commande du logiciel Cutlet Maker. (Crédits : Cryptoinsane/Twitter)

    En plein été 2021, les autorités polonaises interpelaient deux individus qui commettaient des attaques de type « boîte noire » contre des DAB. Les malfaiteurs connectaient des appareils électroniques à un distributeur et le forçaient à distance à cracher tout son argent. Les deux suspects, tous deux de nationalité biélorusse, ont été arrêtés à Varsovie le 17 juillet. Les criminels ciblaient en général l’identique marque et le même modèle de DAB. Leurs méthodes étaient toujours la même. Ils accédaient aux fils du DAB en perçant des trous, ou en faisant fondre des parties de celui-ci. Cela leur permettait de connecter la machine à un ordinateur portable qui était ensuite utilisé pour envoyer des commandes de relais qui faisaient que la machine distribuait tout son argent. L’enquête a révélé des dizaines d’attaques dans au moins sept pays européens, pour un montant estimé à 230 000 euros en espèces.

  • 154 016 cartes bancaires françaises sur le darknet

    154 016 cartes bancaires françaises sur le darknet

    Les chercheurs en sécurité informatique de NordVPN ont découvert que plus de 4 millions de cartes bancaires sont en vente sur le dark web, le tout à des prix dérisoires. Si les États-Unis sont les plus touchés, la France n’est pas en reste avec plus de 150 000 unités concernées. Une fois n’est pas coutume, mais la population de l’hexagone ne tiendra rigueur de pas être les premiers. Les Françaises et Français ne sont pas les plus à plaindre, pour autant il est nécessaire de suivre les mouvements sur son compte bancaire.

    Malgré l’apparition des cartes « antifraudes » depuis 2018, et la mise en place de l’authentification forte en France depuis le 15 mai 2021, la revente de coordonnées bancaires ne tarit pas d’offres sur l’Internet. Habituellement, les opérateurs obtiennent les informations en attaquant de gigantesques bases de données issues d’e-commerce, ou par hameçonnage comme en septembre 2021, pour les clients le Crédit Agricole relatait Le Parisien. En 2020, « la fraude aux transactions scripturales atteint un montant global de 1,28 milliard d’euros pour près de 7,8 millions de transactions frauduleuses, ce qui représente une hausse sur un an de 8,4 % en valeur et de 4,2 % en volume. Cette progression des montants fraudés est portée principalement par le virement et dans une moindre mesure par les paiements par carte », stipule le rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement 2020.

    Sur le sol français, le nombre de cartes a évolué de 60, 6 à 72, 7 millions en moins de dix années. (Crédits : Pete Linforth/Pixabay)

    Les chercheurs en cybersécurité de NordVPN relatent que des pirates ont déniché un autre moyen de trouver des numéros de cartes bancaires, et sans avoir à pénétrer dans lesdites bases. Il s’avère que les individus malveillants procèdent à des attaques par force brute pour deviner les numéros des cartes bleues. Cette technique consiste à tester chaque combinaison possible d’un mot de passe, d’une clé, d’un identifiant ou ici des numéros d’une carte bleue, pour en prendre le contrôle. Ils y parviennent grâce à la norme de ces cartes. Les chiffres suivent un modèle prédéfini, facilement déductible. Par exemple, les deux premiers indiquent le fournisseur du service financier, tels que VISA ou Mastercard, tandis que le dernier chiffre est une somme de vérification.

    Les six premiers chiffres désignent l’émetteur de la carte. Cette suite commence par un 4 pour Visa, 5 pour Mastercard et 3 pour American Express. Les neuf suivants sont ceux identifiant la carte. Ils représentent jusqu’à 1 milliard de combinaisons. Le dernier chiffre est celui appelé « le code d’authenticité ». (Crédits : Kevin Phillips/Pixabay)

    Le dernier chiffre, et pas le moindre est « obtenu en appliquant une équation aux 15 premiers chiffres, et, il est uniquement utilisé pour déterminer si des erreurs ont été commises lors de la saisie du numéro de la carte bancaire », détaillent les chercheurs dans un schéma. Quand au code CCV, ou cryptogramme visuel, celui qui se trouve à l’arrière de votre carte bleue, il n’est composé que de trois chiffres. Les personnes les plus expérimentées sont capables de réduire drastiquement le nombre de chiffres qu’ils doivent deviner, puis vérifier pour trouver votre numéro. Des chercheurs de l’université de Newcastle précisent « qu’une attaque par force brute pourrait ne prendre que six secondes pour trouver la bonne combinaison ».

    Depuis près de six mois, pour régler ses achats en ligne, et la plupart du temps, vous êtes soumis à une authentification forte. (Crédits : Kredite/Pixabay)

    Les chercheurs ont découvert à minima 4 481 379 de cartes bancaires en vente sur le dark web, à un prix moyen de 17 dollars chacune. En analysant les données disponibles, NordVPN ajuste que sur les cartes volées, les États-Unis arrivent premier, avec 1 561 739 unités. Les anciens membres de l’Union européenne ne comptent que 134 607 cartes pour des résidents britanniques. Les Français ne sont pas en reste avec 154 016 cartes bancaires devinées proposées à la vente. Ces dernières sont pour 78 441 d’entre elles des Visa, 49 549 des Mastercard, et 2 353 des American Express. « Les utilisateurs ne peuvent pas faire grand-chose pour se protéger de cette menace, à moins de s’abstenir complètement d’utiliser leur carte », stipulent les chercheurs, qui suggèrent aux usages d’avoir l’œil sur les mouvements suspects dans leurs relevés.