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  • Squid game fait des émules

    Squid game fait des émules

    C’est, au-delà de la série, le phénomène du moment qui fait grimper tous les statistiques, en France comme ailleurs. Pour confirmation, le fabricant des Vans en toile blanche que portent les joueurs se frotte les mains. Elles ont vu leurs ventes augmenter de 7 800 % depuis la diffusion sur Netflix. Les bénéfices engendrés par « The Squid Game » intéressent de nombreuses personnes, toutes ne sont pas forcément bien intentionnées. Les criminels ne reculent donc devant rien pour faire du profit.

    Le code « QR » fleurit ici, et là. Sa traduction en mode verbeux signifie « quick response code ou code à réponse rapide », est un type de code-barres à deux dimensions. Celui-ci est lisible par un terminal qu’il soit vu par écran interposé ou sur sa version imprimée sur papier. Ce dernier, que vous trouvez sur votre passe sanitaire est constituée de modules-carrés noirs disposés dans un carré à fond blanc. Attention à ne pas confondre le Flashcode (ou encore 2D-Doc) avec le code QR (à la Française). Au sein de la péninsule ibérique, il est désormais légion. Comme partout ailleurs, cet outil affiche des informations auxquelles on accède lorsqu’on les scanne avec un appareil photo, d’un téléphone portable. Ces habitudes se sont généralisées notamment pour afficher un menu de restaurant, montrer patte blanche au cinéma… Pour autant, tel le couteau peut être un instrument magnifique pour délivrer une tortue des Galapagos emprise dans un filet de pêche. Il est également à l’honneur dans 4 615 vols avec armes blanches, 626 contre les particuliers et 595 contre les institutions, commerces en 2019, en France.

    Méfiez-vous s’ils apparaissent seuls et suspendus dans des lieux publics

    Police nationale (@policia) 15 octobre 2021

    Comme une pièce de monnaie, il possède deux côtés. Le 15 octobre 2021, la police nationale espagnole alertait par un gazouillis d’un nouveau type d’escroquerie à Malaga. Les cybercriminels ont réussi à obtenir les données personnelles et bancaires des victimes, en exploitant les « codes QR ». Par conséquent, ils invitent chaque utilisateur à faire très attention lorsqu’ils en lisent un inconnu, soit à chaque instant. Précisément, les forces de l’ordre soulignent les risques liés au balayage des codes QR qui accompagnent les cartes, qui comportent un triangle, un cercle et un carré, lesquels reproduisent ceux qui apparaissent dans la série populaire et peuvent être trouvés seuls ou accrochés dans des lieux publics.

    Des milliers d’Américains vivant à New York et Miami ont vu émerger une étrange carte de visite sous leur porte. L’agence canadienne Wunder use de ces trois formes géométriques pour promouvoir les services de la société Relief. Cette dernière propose une application pour aider les Américains à solutionner leurs problèmes d’endettement. (Crédits : Relief)

    Dans « The Squid Game », ces cartes sont attribuées aux individus susceptibles de participer à la compétition de vie ou de mort qui est au centre de l’histoire de cette fiction. Au réel, toute personne qui scannérise la figure géométrique accompagnant les cartes frauduleuses avec son smartphone court le risque d’être contaminé, voire « piraté ». « Si nous scannons un code et que nous ne savons pas s’il est digne de confiance, il peut nous conduire vers des sites infectieux et mettre nos appareils en danger », martèle la police.

    QRishing et QRljacking

    Mais comment cela fonctionne-t-il ? C’est assez simple en soi ! Lorsqu’un quidam lambda scanne un « QR », au lieu d’accéder à une page web, de télécharger une application ou découvrir un menu… il se retrouve dans un espace où des lignes de codes dérobent vos données personnelles, comme bancaires. Par ailleurs, l’Institut national de cybersécurité ibérique (Incibe) souligne qu’il existe trois modèles d’attaques différentes profitant de ces codes. Deux attaques possibles, la première le Qrishing, puis le Qrljacking.

    La police espagnole met en garde contre une escroquerie utilisant des cartes du « jeu de la pieuvre » pour vous voler, ou pire encore. (Crédits : Policía Nacional)

    La première est de type phishing. Combinée à l’ingénierie sociale, la victime fournit ses données et indications d’identification en scannant un code « QR » dans une page web, un e-mail ou un message. Somme toute classiquement, l’individu est redirigé vers un site qui usurpe l’identité d’une l’entreprise officielle et qui demande des informations confidentielles ou bancaires. La seconde Qrljacking, ou détournement de session se caractérise par l’utilisation de l’ingénierie sociale pour dévier le compte d’un service qui accepte la fonction « Login with QR code » (comme celle du service WhatsApp). Ils essaient d’inciter la victime à scanner un code QR modifié qui se fait passer pour l’original qui a été précédemment capturé par les cybercriminels. Lors du scannage de ce dernier, provenant bien sûr d’un site web non fiable, le terminal téléphonique est donc infecté par un code conçu pour en exploiter les vulnérabilités.

    Cascade de mauvaises nouvelles

    Par la suite viennent les téléchargements de logiciels (Drive by download) ou de l’injection de codes malveillants (via un exploit présent sur la page web vers laquelle le code QR redirige). Le site malveillant est conçu pour exploiter les vulnérabilités présentes dans votre smartphone au niveau du logiciel et peut réaliser de multiples actions malveillantes :

    • rejoindre un botnet (par exemple pour réaliser une attaque DDoS contre un site web légitime)
    • divulguer des informations sensibles
    • s’abonner à des services premium
    • afficher des publicités de manière silencieuse à l’insu de l’utilisateur
    • accéder à différents éléments de l’appareil (microphone, caméra…)
    • accéder aux données du navigateur
    • envoyer des e-mails
    • récupérer la liste de vos contacts afin de leur envoyer des messages (malveillants, bien entendu)
    • déclencher des appels téléphoniques vers des numéros surtaxés
    • envoyer des SMS malveillants
    • effectuer des paiements mobiles

    Toutes ces actions se déroulent, évidemment, en arrière-plan, de sorte que les usagers ne sont pas conscients de ces comportements. « France Num » affichait le 23 août 2021, le résultat d’une enquête de MobileIron éloquente quant à nos smartphones et de leurs utilisations vis-à-vis des codes QR :

    • 74 % des personnes interrogées estiment qu’ils leur facilitent la vie (mais 51 % déclarent ne pas avoir de logiciel de sécurité sur leur smartphone)
    • 47 % de ce même panel ont noté une augmentation de leur utilisation
    • Durant les 6 derniers mois, 38 % en ont scanné un dans un restaurant, un bar ou un café, et 37 % pour un commerce de détail
    • 53 % des individus souhaitent qu’ils soient davantage utilisés dans l’avenir
    • 66 % des interrogés avouent avoir des problèmes, dont plus de la moitié en sont conscients, mais les utilisent quand même
    • 51 % des personnes interrogées sont inquiètes quant à la confidentialité et à la sécurité des données concernant l’utilisation des QR codes
    L’image, ci-dessus est un exemple de code QR. Il représente l’URL (Uniform Resource Locator) du site Wikipedia.

    Vous y êtes ? Très bien, car un homme averti en vaut deux, l’adage fonctionne également avec une femme. Ces conseils de prudence valent également pour toutes réceptions de courriels, clefs USB trouvées au sol, SMS… quelques règles distillées par « France Num » :

    • Avant de scanner un QR code, s’assurer qu’il ne couvre pas un autre code
    • En cas de doute, ne pas le scanner
    • Vérifier l’URL proposée sur la notification avant de cliquer sur la redirection. Si elle est étrange ou très courte, quitter la notification
    • Il doit vous amener à une information souhaitée, si ce n’est pas le cas, fermez la page et effacer l’historique de son navigateur
    • S’il arrive vers une application de l’AppStore ou de Google Play, s’assurer que l’entreprise mentionnée sur cette page a bien développé l’application demandée
    • Ne pas installer d’applications de sécurité à partir d’un lien scanné. On cherche à installer sur votre smartphone ou tablette, un logiciel malveillant (malware)
    • Être méfiant sur les QR codes distribués sur des cartes, mentionnés sur des affiches lors d’évènements ou placés dans des lieux publics
  • L’université autonome de Barcelone ne répond plus

    L’université autonome de Barcelone ne répond plus

    Depuis ce lundi 11 octobre 2021, c’est le black-out total sur le campus de la capitale catalane. Une attaque par code malveillant donne un avant-goût de ce pourrait-être un monde sans informatique. « L’Universitat Autònoma de Barcelona a subi une attaque informatique d’origine inconnue », gazouille l’UAB. L’offensive a essentiellement touché le système de virtualisation hébergeant une grande partie des services. Il n’est plus possible de les utiliser, ni les applications.

    Quatorze minutes sont passées de six heures ce matin quand un avis général est tweeté « La plupart des applications ne sont pas accessibles. » Cinq heures plus tard, c’est la suspension purement et simplement des cours. À 11 h la Faculté de sciences de la communication et l’université autonome de Barcelone d’un gazouillis commun annonce que « Le @FccUab de l’@UABBarcelone annule tous les cours, tant théoriques que pratiques, le lundi 11 octobre en raison de l’impossibilité de faire fonctionner le matériel et les logiciels, ce qui affecte l’enseignement. Nous sommes désolés pour le désagrément que cela cause à toute la communauté. » Les étudiants, les professeurs et le personnel administratif ont vu leur journée interrompue par une anomalie sur l’intranet de l’UAB. Plus personne n’avait accès à des outils essentiels tels que le Campus virtuel, le courrier électronique ou encore le réseau wifi de la faculté.

    L’agence de cybersécurité de l’État a été informée, une déconnexion complète des systèmes centraux a été effectuée pour isoler les machines affectées et des mesures préventives ont été appliquées pour éviter la propagation aux systèmes non affectés. (Crédits : Twitter)

    Une attaque ciblée a rendu les services informatiques de l’UAB inutilisable. Les services des systèmes ont détecté l’attaque dans la nuit de dimanche à lundi, et appliquaient le protocole à la lettre. Tous prirent la direction du centre névralgique du campus pour déconnecter complètement tous les services centraux préventivement. Dès aujourd’hui, lundi 11 octobre 2021, les différents portails de l’université ne fonctionnent plus, les classes virtuelles ont été suspendues, sur le campus ou comme hors de ce dernier. « L’UAB a suspendu toute activité avec un ordinateur personnel. Toute activité en face à face qui ne nécessite pas l’utilisation d’un ordinateur peut être réalisée », explique Jordi Hernandez, commissaire du recteur de l’université pour la technologie de l’information

    Le campus de l’UAB va désormais vivre pendant une semaine au minimum sans internet. (Crédits : DR)

    Des sources internes évoquent la possible attaque par ransomware, mais M Hernandez ne confirme pas cette indiscrétion, mais reconnaît que jamais une attaque de cette ampleur ne s’était déroulée à l’UAB. Un état d’urgence a été décrété sur tout le campus, une quarantaine numérique. Jusqu’à nouvel ordre, personne ne peut se connecter à internet depuis les installations de l’université, pas même depuis son ordinateur ou autre terminal. Les services informatiques de l’université ont activé le protocole de déconnexion totale, tout en soulignant que, heureusement, les bases de données des étudiants n’ont pas été affectées.


    Les explications comme les conduites à tenir de l’UAB doivent être appliquées à la lettre afin d’éviter la propagation de l’infection. (Crédits : Twitter)

    Le commissaire du recteur déclare que « les bases de données de l’UAB n’ont pas été compromises ». Comme il s’agit d’un jour ouvrable qui fait partie d’un long week-end et que demain est un jour férié (le 12 octobre est la fête nationale de l’Espagne), cela pourrait atténuer certains des problèmes que la panne informatique pourrait causer dans l’activité du campus. « Quand le problème sera-t-il résolu ? Ça prend trop de temps. ! !!!!!!!!!! », gazouille une docteure en droit, et professeure d’université à LaSalle.

    Chaque chose en son temps

    L’UAB a recommandé via ses réseaux sociaux à chaque utilisateur de déconnecter tous les services liés à son système, y compris ceux connectés au cloud, afin d’éviter la propagation de l’infection. Les services compétents signalent que « si l’un de ses utilisateurs a reçu un fichier appelé ” http:///readme.READ ” et d’autres se terminant par ” .uab ” téléchargés sur son bureau, il doit déconnecter son ordinateur et en informer le service informatique. »

    Le campus de l’université autonome de Barcelone sera une zone sans internet, ni cours virtuel, ni échanges de courriel, un retour à la communication verbale et réelle. (Crédits : DR)

    Le protocole établi a été suivi, d’une part, en isolant les machines infectées, et d’autre part, en appliquant des mesures préventives pour éviter la propagation aux systèmes non affectés. Une fois que les mécanismes de cette attaque auront été déterminés en détail, l’université procédera à la restauration du système de manière progressive, en garantissant l’intégrité des services en cours de récupération. « Pendant cette semaine, nous travaillerons sans l’utilisation d’ordinateurs connectés au réseau. Cela touchera tous les domaines d’activité : enseignement, recherche et administration. Ce ne sera pas une semaine normale à l’Université autonome ».