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  • Les clients d’Orange Espagne privés d’accès à internet durant quelques heures

    Les clients d’Orange Espagne privés d’accès à internet durant quelques heures

    Le fournisseur d’accès à l’Internet Orange Espagne a souffert d’une cyberattaque mercredi 3 janvier 2024. Si l’opérateur mentionne que l’installation était pratiquement revenue à la normale le jour même, la secousse du dysfonctionnement a bien été ressentie. La personne, dont le pseudo est « Snow » à l’origine de cette intrusion explique que le mot de passe n’était pas approprié. Des bots auraient été utilisés, mais une compromission par un infostealer semble plus que probable, comme le célèbre Raccoon stealer.

    La société Orange en Espagne a subi mercredi 3 janvier 2024 dans l’après-midi une cyberattaque. La conséquence fut la chute de l’accès à l’Internet pour l’ensemble de ses clients ibériques. Ce que confirme la société de téléphonie mobile via le réseau social X (ex-Twitter) : « Le compte d’Orange au Centre de coordination du réseau IP (RIPE) a subi un accès non autorisé qui a affecté la navigation. » Snow déplore sur le niveau de sécurité, indiquant même que le mot de passe serait « ripeadmin » et le manque d’authentification à double facteur (2FA).

    Les équipes de vx-underground ont dévoilé une capture d’écran relayée sur X (ex-Twitter) de la compromission d’Orange. Celle-ci démontre que l’enquête d’Hudson Rock indique le même mot de passe mentionné par Snow.

    Des informations indiquent que la famille d’info stealer est de type Raccoon, que la détection remonte au 4 septembre 2023 peu après 15 h 30. Le fait de prendre le contrôle d’un compte d’administration d’un opérateur tel qu’Orange, permet d’administrer vers des routes nouvelles. Donc d’attribuer des possibilités vers de nouvelles plages d’adresses IP.

    (Crédits : Hudson Rock)

    Le RIPE NCC se définit par « Réseaux IP Européens – Network Coordination Centre », elle est une organisation à but non lucratif. Son but la distribution des ressources internet, telles que les adresses IPv4, IPv6, les numéros d’Autonomous System (ASN) utilisés pour le routage entre opérateurs (avec l’utilisation du protocole BGP). Le RIPE dessert l’Europe, le Moyen-Orient et une partie de l’Asie.

    Mais qu’est-ce que c’est que ça ?

    Internet est une toile, un réseau de réseaux. Deux ordinateurs connectés forment un réseau. Mais ils ont besoin de protocole pour échanger. C’est à ce moment qu’intervient l’AS. L’Autonomous System est un très grand réseau ou groupe de réseaux ayant une politique de routage interne cohérente. « Chaque AS se voit attribuer un ASN unique, qui est un numéro permettant d’identifier l’AS ».

    Chaque AS contrôle un certain nombre d’adresses IP. « En général, chaque AS est exploité par une seule grande organisation, par exemple un fournisseur d’accès à Internet, une grande entreprise technologique, une université ou une agence gouvernementale », explique Cloudflare.

    Le BGP (Border Gateway Protocol) est un protocole d’échange de route externe, issu de l’EGP (exterior gateway protocol), utilisé sur le réseau Internet. En 1966, aux États-Unis, le premier réseau à transfert de paquets de données est conçu par la DARPA (Defense advanced research Projects Agency). Il est connu comme l’ancêtre de notre Internet, le fameux réseau ARPAnet.

    (Crédits : RÜŞTÜ BOZKUŞ/Pixabay)

    Chaque AS utilise ce protocole pour indiquer les adresses IP de direction pour la distribution des paquets. L’Internet Protocol (IP) est utilisé pour le routage. Sans lui ils rebondissent sur l’internet sans trouver la destination. Le BGP est un élément fondateur de l’Internet. Boris Rogier écrit sur Kadiska que « comme elle doit être configurée manuellement, elle est sujette aux erreurs humaines ainsi qu’aux attaques de sécurité. Dans un contexte de services numériques mondiaux, la surveillance du comportement de BGP en termes de découverte de chemins, de surveillance des performances, ainsi que de changements de chemins, devient critique ! »

    Le voleur de mots de passe : Raccoon stealer

    Le mot de passe est partout. Par manque de culture « informatique », utopisme ou fainéantise, tout un chacun use du même : un vrai bonheur pour les cybercriminels. D’autant que depuis avril 2019, le plus populaire des infostealer est né : Raccoon. Le 14 août 2023, le raton laveur annonçait son retour. L’information était partagée sur le compte X (ex-twitter) de vx-underground.

    Mark Sokolovsky à la genèse du Raccoon infostealer est en prison depuis le mois d’octobre 2022. Sauf qu’à chaque fois qu’un individu, ou un groupe est arrêté, son code demeure. Dans l’acte d’accusation du FBI, plus de 50 millions d’identifiants (courriels, comptes bancaires, numéros de cartes de crédit, sites WEB…) avaient été volés via cet outil en 2022.

    « Après la perte de notre coéquipier, nous avons pris la décision de ne pas abandonner notre projet et de continuer notre travail en son honneur. Raccoon Stealer 2.0 a été entièrement codé depuis le début. Nouveau back-end, nouveau front-end, absolument nouveau logiciel de vol », affirme le collectif.

    (Crédits : 3export)

    Ce logiciel se déploie classiquement. Une fois votre terminal compromis, le cybercriminel peut dérober les données d’environ 60 applications différentes. Le tableau de configuration du Raccoon v1 ci-dessus permet de nombreuses possibilités. « Notre équipe a travaillé sans relâche pour vous apporter nos derniers développements qui enrichiront votre expérience avec le stealer. Nous sommes fiers de vous présenter la mise à jour avec la version numéro 2.3.0. Les changements ont été implémentés sur la base du feedback et de l’analyse des besoins de nos clients et des tendances du marché. »

  • Des milliers de données du département de l’Ardèche dévoilées

    Des milliers de données du département de l’Ardèche dévoilées

    Il était à craindre que le chantage des cybercriminels usant du ransomware LockBit 2.0 soit mis à exécution. Le Département de l’Ardèche avait jusqu’à ce mardi pour verser une rançon à l’association d’opérateurs derrière le ransomware ayant revendiqué l’attaque informatique du Département de l’Ardèche. Le groupe menaçait de diffuser 40 000 fichiers subtilisés, le 12 avril 2022 à 23 h 59 ce fut chose faite. Ils sont ainsi exposés depuis le 13 avril sur leur site de fuite sur le Darknet.

    La finalité de telles offensives est l’argent. Damien Bancal l’expliquait sur France Bleu Drôme Ardèche. « […] je vous vole des infos, et si vous ne souhaitez pas que je les diffuse, payez-moi ! ». L’équation est simple à comprendre. Alors, d’innombrables données sont retransmises, une arborescence décomposée en un ou plusieurs dossiers. Ils contiennent de multiples informations telles des identités, des billets de train, des plaques d’immatriculation, mais également des courriels avec les prénoms et noms des agents…

    « Soyons honnêtes : le Département ne payera pas. Même si on est une entreprise ou un particulier, on ne paye pas. Parce qu’on a en face des criminels » déclarait Damien Bancal sur France Bleu Drôme Ardèche dans la journée du 12 avril 2022. (Crédits : capture d’écran)

    Les coordonnées dérobées vont servir à d’autres opérateurs malveillants pour atteindre de nouvelles cibles. Les numéros de téléphone peuvent recevoir des SMS piégés, le phishing s’effectue par le biais de courriel, comme de nombreuses fraudes. Les mails peuvent contenir des lignes de codes dissimulées dans des images, logos… L’inconscient collectif imagine que du fait que seule la menue monnaie les intéresse, ils ne prennent que les coordonnées ou les cartes bancaires. La triple authentification fut mise en place, au départ, dans cette optique. Les renseignements ne sont que des outils pour parvenir à la finalité, l’argent.

  • Renforcement de la vigilance Cyber en France

    Renforcement de la vigilance Cyber en France

    Les tensions internationales actuelles, notamment entre la Russie et l’Ukraine, peuvent parfois s’accompagner d’effets dans le cyberespace qui doivent être anticipés, alerte l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). De manière prudente, l’entité rappelle que si aucune menace visant les organisations françaises, elle surveille la toile comme le lait sur le feu. Dans ce contexte, la mise en œuvre des mesures de cybersécurité et le renforcement du niveau de vigilance sont plus que nécessaires pour garantir la protection au bon niveau des organisations.

    Pour preuve les opérateurs derrière le ransomware Conti assurent qu’« en réponse au bellicisme occidental et aux menaces américaines d’utiliser la cyberguerre contre les citoyens de la Fédération de Russie, l’équipe Conti annonce officiellement que nous utiliserons toutes nos capacités pour prendre des mesures de rétorsion au cas où les bellicistes occidentaux tenteraient de cibler des infrastructures critiques en Russie ou dans toute région russophone du monde. »

    Pour autant, l’organisation rappelle qu’elle n’est alliée à aucun gouvernement et « condamne la guerre en cours ». Elle prévient qu’elle n’hésitera pas à utiliser « nos ressources pour riposter si le bien-être et la sécurité de citoyens pacifiques sont en jeu en raison de la cyber-agression américaine ». Car selon eux l’Occident est connu pour mener ses guerres principalement en ciblant des civils.

    Plus aujourd’hui mais autant demain, l’ANSSI recommande de s’assurer de la bonne mise en place des mesures essentielles présentées dans le guide d’hygiène informatique. Ce dernier s’adresse aux entités publiques et privées dotées d’une direction des systèmes d’information (DSI) ou de professionnels dont la mission est de veiller à leur sécurité. Sans jugement, et comme les Sapeurs-Pompiers, l’agence rappelle que la majeure partie des attaques informatiques ayant requis une intervention de l’agence aurait pu être évitée, si les mesures qui y sont édictées avaient été appliquées. À bon entendeur…