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  • Cyberattaque : le torchon brûle entre l’Albanie et l’Iran

    Cyberattaque : le torchon brûle entre l’Albanie et l’Iran

    Ce vendredi 9 septembre 2022, les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions envers l’Iran. Plus précisément le ministère du Renseignement et de la Sécurité. L’Albanie accuse l’Iran d’avoir fomenté la cyberattaque qui a paralysé ses services publics en juillet. Des données auraient même été dérobées, d’après l’Agence nationale de la société de l’information (AKSHI). L’agence informait le 17 juillet 2022 qu’elle avait été contrainte de fermer les systèmes gouvernementaux jusqu’à la neutralisation des attaques ennemies.

    Le gouvernement albanais avait conféré, mercredi 7 septembre 2022, 24 heures au personnel de l’ambassade pour quitter le pays. La raison évoquée une importante cyberattaque que Tirana impute à Téhéran. C’est par le biais d’une allocution télévisée que Edi Rama, Premier ministre albanais annonçait que son pays rompait ses relations diplomatiques avec l’Iran.

    L’action diligentée par le pouvoir est choix réfléchi et obligé, selon Rama. Une enquête démontrerait par des « preuves irréfutables » que, le 15 juillet 2022, Téhéran « a engagé quatre groupes pour monter une attaque contre l’Albanie » affirma-t-il.

    Le 8 septembre 2022, des membres de l’unité spéciale de la police entraient dans l’ambassade de la République islamique d’Iran, à Tirana, en Albanie. Tandis qu’au même moment l’Albanie coupait ses liens avec l’Iran et ordonnait aux diplomates de partir suite à la cyberattaque. (Crédits : Florion Goga/Reuters)

    Les ultimes personnels auraient délaissé l’ambassade ce jeudi 8 septembre. Les deux dernières voitures, contenant une dizaine de passagers, ont quitté l’enceinte jeudi aux alentours de midi. « Une enquête approfondie nous a fourni les preuves indiscutables » que l’attaque a été « orchestrée et parrainée » par Téhéran, a soutenu le chef du gouvernement albanais. De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a démenti que l’Iran soit à l’origine de quelque cyberattaque que ce soit.

    L’OTAN a également exprimé son soutien total à l’Albanie et a condamné dans une déclaration « dans les termes les plus forts ces cyberactivités malveillantes conçues pour déstabiliser et porter atteinte à la sécurité d’un allié, et perturber la vie quotidienne des citoyens ». (Crédits : Florion Goga/Reuters)

    Les États-Unis ont annoncé vendredi 9 septembre 2022 des sanctions contre le ministère iranien du Renseignement et de la Sécurité et son directeur, Esmail Khatib. Ils les accusent d’avoir conduit des cyberattaques contre les États-Unis et leurs alliés. Un groupe est cité tout particulièrement. Il s’agit de « MuddyWater ». Il mènerait des cyberattaques depuis 2018, profitant de la vulnérabilité de systèmes informatiques étrangers pour accaparer des données sensibles. « La cyberattaque de l’Iran contre l’Albanie ignore les normes de comportement responsable des États en temps de paix dans le cyberespace, qui comprennent une règle selon laquelle il faut s’abstenir d’endommager les infrastructures critiques qui fournissent des services au public », a déclaré Brian E. Nelson, sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier.

  • Fuite de données massives en Albanie

    Fuite de données massives en Albanie

    Un watergate électronique comme le fut le scandale de Cambridge Analytica semble se profiler en Albanie, ou comme l’Affaire des écoutes illégales de l’Élysée sous François Mitterrand, en France. Deux bases de données circulent sur la toile. L’une contient des informations privées sur les salaires de citoyens albanais, et l’autre des renseignements confidentiels ainsi que des commentaires sur les préférences politiques qui a circulé en avril. Elles suscitent des inquiétudes quant à la sécurité publique dans le pays.

    C’est un camouflet politique, car il s’agit de la seconde fuite selon le journal luxembourgeois, L’Essentiel. En effet, juste avant les élections législatives, près d’un million de données d’Albanais avaient fuité. En avril 2021, les informations privées d’environ 910 000 électeurs de Tirana ont été divulguées aux médias. Personne suite à l’enquête n’a jusqu’à présent été mis en cause. La base constituée serait la propriété du parti socialiste albanais.

    Le 23 décembre 2021, le Premier ministre Edi Rama qualifiait cette fuite de « tentative de créer la confusion et de favoriser l’instabilité », laissant transparaître que les efforts de déstabilisation proviendraient de l’opposition divisée du pays. (Crédits : AFP)

    Les procureurs de Tirana ont entamé des vérifications quelques heures après qu’une violation massive d’informations contenant des infos privées de citoyens a amorcé une circulation en ligne, initialement via « Whatsapp ». Les données contiennent les salaires, les postes, les noms des employeurs et les numéros d’identification de quelque 630 000 citoyens, issus des secteurs public et privé. Le fichier Excel qui a fait l’objet de la fuite contenait les salaires des citoyens pour le mois de janvier, tandis qu’un autre qui a commencé à circuler jeudi 23 décembre 2021 contenait les salaires d’avril.

    Enri Hide, expert en sécurité et professeur à l’Université européenne de Tirana, qualifiait de « menace ouverte pour la sécurité nationale » ajoutant que « la réaction institutionnelle n’est pas du tout sérieuse et proportionnée au degré de risque ». « La cybersécurité doit être prise au sérieux. Nous avons besoin d’une stratégie basée non pas sur des lettres, mais sur un modus operandi. Nous avons besoin d’un protocole clair sur ce qui doit se passer si nous avons de telles fuites. Il n’y en a pas et c’est honteux », déclarait-il. Les employés des services secrets, des services de renseignement, des unités de renseignement militaire et des unités antiterroristes seraient particulièrement exposés, écrit Fjori Sinoruka dans Le Balkaninsight.